Là où chantent les écrevisses de Delia OWENS

Là où chantent les écrevisses
de Delia OWENS

Seuil,
2020, 478 p.

Première publication (vo) : 2018

Pour l’acheter : Là où chantent les écrevisses

 

 

Delia Owens est née en 1949 en Géorgie, aux Etats-Unis. Diplômée en zoologie et biologie, elle a vécu plus de vingt ans en Afrique et a publié trois ouvrages consacrés à la nature et aux animaux, tous best-sellers aux USA. Là où chantent les écrevisses est son premier roman. Phénomène d’édition, ce livre a déjà conquis des millions de lecteurs et poursuit son incroyable destinée dans le monde entier. Une adaptation au cinéma est également en cours. (Seuil)

 

♣ ♣ ♣

 

Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur ” la Fille des marais ” de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. A l’âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l’abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…


Malgré le succès et la publicité déjà rencontrés par ce livre, ce n’est qu’en acceptant la proposition de lecture de Babelio que je l’ai découvert. Mue par une impulsion, j’ai eu envie de me lancer… et quelle bonne intuition j’ai eu là ! Quel merveilleux et émouvant moment de lecture en compagnie de la jeune Kya et des créatures du marais !

Une petite orpheline de 10 ans au cœur du marais

Le prologue donne le ton. Au matin du 30 octobre 1969, le corps sans vie de Chase Andrews est retrouvé au cœur du marais, au pied de la tour de guet.
Deux pages plus loin, alors que le premier chapitre s’ouvre, l’action remonte le temps et s’arrête en 1952. La petite Kya, sept ans, assiste au départ de sa mère qui remonte le chemin, sa valise à la main, ses jolies chaussures aux pieds. Elle ne se retourne pas et finit par disparaître à l’horizon. Les jours passent, elle ne revient pas. Les frères et sœurs aînés se sont déjà enfuis depuis longtemps, décidant de tenter leur chance loin de Barkley Cove et surtout loin d’une famille dysfonctionnelle. Il ne reste plus que le père, Jodie l’adolescent et sa petite sœur Kya qu’il adore.
Malheureusement, malgré tout l’amour qu’il lui porte, Jodie décide lui aussi de partir, laissant Kya aux mains d’un père alcoolique irresponsable. L’enfant qui a déjà vu partir les trois quarts de sa famille, tente de se raccrocher à cette figure paternelle, la seule qui lui reste. Haute comme trois pommes, elle apprend à tenir la cabane et à se nourrir avec les quelques pièces que daignent lui donner son père de temps en temps. Elle crapahute pieds nus dans le marais, connaît chaque recoin et animaux qui y vivent. Elle va se ravitailler en « ville », auprès de Jumping et de sa femme, couple de couleur, les deux seuls habitants du coin qui tentent de lui faciliter la vie. Pour tous les autres, elle est la petite sauvageonne, sale et analphabète, la vermine, la fille du marais.
Le père semble lâcher petit à petit la bouteille et le duo vit quelques mois de répit et de relatif bonheur familial… jusqu’à l’arrivée d’une lettre qui remet tout en question. Retombant plus violemment dans ses travers, l’alcoolique finit par abandonner définitivement son dernier enfant. Kya a alors 10 ans et a vu tous les membres de sa famille partir sur le chemin sans se retourner, la laissant en arrière, quantité négligeable. Elle a 10 ans et se retrouve complètement orpheline dans une cabane au milieu du marais, sans famille, sans argent, sans soutien. 10 ans.

Delia OWENS, portrait trouvé sur Babelio.
La solitude et la nature pour seule famille

Mais du haut de ses 10 ans, Kya connaît déjà les secrets de son environnement et les ressources qu’il peut lui procurer. Elle pêche et revend ce qu’elle parvient à attraper. Elle marchande, elle devient la reine de la débrouille et surtout une grande connaisseuse du marais. Elle apprend à vivre en harmonie avec la nature qui l’entoure et qui devient sa seule et unique véritable famille. Son quotidien prend un nouveau tournant lorsqu’elle se lie un peu plus d’amitié avec Tate, un garçon de quelques années son aîné qui la prend sous son aile, lui apprend à lire et lui transmet son amour de la poésie et de la biologie. La solitude s’enfuit, Kya trouve un nouveau sens à ses journées jusqu’à…

De 1952 à 1969…

Quel rapport avec la mort de Chase Andrews 17 ans plus tard allez-vous me dire ? Eh bien le lien se tisse petit à petit. Les chapitres s’alternent, entre l’enfance/adolescence de Kya et l’enquête menée autour du meurtre (puisqu’il s’agit bien de ça) de 1969.
On comprend très vite que les deux intrigues vont finir par se réunir à un moment ou à un autre et que Kya en est la pièce maîtresse puisque bien vite, tous les yeux se tournent vers elle. La fille du marais, différente des autres, sauvage et solitaire, toujours à fureter sur sa barque, est la coupable idéale. Mais comment en est-on arrivé là ? Qui est ce Chase Andrews ?

Une immersion réussie, une émotion intense

J’ai été transportée dans ce marais (fictif) de Caroline du Nord dès les premières lignes et je ne l’ai plus quitté. J’ai navigué sur ses eaux en compagnie de Kya, j’ai rencontré les oiseaux, les lucioles et les écrevisses grâce à elle, j’ai pris le temps d’observer le mouvement des marées sur la plage, j’ai senti le parfum des plats cuisinés sur le vieux fourneau de la mère partie, j’ai entendu le bruit des bateaux à moteur fendant les eaux calmes des lieux… et j’ai ressenti tant d’émotions en découvrant la vie de cette fillette, adolescente puis femme si débrouillarde, si courageuse, si forte ! Jamais de pathos là-dedans, non. De l’émotion pure et tant d’envie d’être cette personne qui aurait pu se retourner sur le chemin pour lui faire un signe.

J’ai aimé cette histoire, intensément. J’ai versé une petite larme sur le chemin et j’ai adoré le dénouement. Doux-amer, tendre et en même temps violent comme peut l’être la vie. Vrai, poignant, marquant.
En attendant l’adaptation cinématographique apparemment en cours, je vous invite vous aussi à entrer dans le marais et à apprendre à l’aimer grâce à sa fille la plus émouvante.

 

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3 pensées sur “Là où chantent les écrevisses de Delia OWENS

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