L’Histoire de Chicago May de Nuala O’FAOLAIN

L’Histoire de Chicago May
de Nuala O’FAOLAIN

10/18
2008, p. 392

Première Publication (vo) : 2005

 

Pour l’acheter : L’Histoire de Chicago May

 

Nuala O’Faolain, née le  à Dublin en Irlande et morte le  à Dublin est une écrivaine irlandaise. (Wikipedia)

 

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Nuala O’Faolain s’empare du destin d’une jeune Irlandaise pauvre qui, en 1890, s’est enfuie de chez elle pour devenir une criminelle célèbre en Amérique sous le nom de « Chicago May ». 
L’amour, le crime et un destin exceptionnel de femme au tournant du XXe siècle : tous les ingrédients du romanesque sont réunis. Tour à tour braqueuse, prostituée, arnaqueuse, voleuse et danseuse de revue musicale, May avait une beauté magnétique qui tournait la tête des hommes. Ses aventures la conduisirent du Nebraska – où elle côtoya les frères Dalton – à Philadelphie, où elle mourut en 1929, en passant par Chicago, New York, Le Caire, Londres et Paris, où elle fut jugée pour le braquage de l’agence American Express. Elle vécut sur un grand pied, fit de la prison, et écrivit même, dans le genre convenu des mémoires de criminels, l’aventure de sa vie.


Nuala O’Faolain, voilà un nom irlandais, sans nul doute. C’est une auteure contemporaine que j’avais envie de découvrir depuis un bon moment alors lorsque j’ai trouvé d’occasion sa biographie de Chicago May – récompensée par le prix Femina étranger -, je n’ai pas hésité.
La quatrième de couverture présentait l’histoire tourmentée d’une jeune irlandaise fuyant son pays pour les Etats-Unis, devenant rapidement une prostituée et une criminelle hautement recherchée. Voilà qui promettait sinon de l’émotion, au moins de la passion et de l’intensité… ce qui n’a finalement pas été le cas et j’en ressors assez déçue. Dommage.

Nuala O’FAOLAIN, portrait trouvé sur l’Irish America Magazine.

Chicago May est le “nom de scène” de May Duignan, une jeune irlandaise née dans le dernier quart du XIXe siècle. Il s’agit d’une femme ayant réellement existé, elle n’est pas née de l’imagination de Nuala O’Faolain. Alors que sa mère accouche de son cinquième enfant, consciente qu’elle n’a aucun avenir dans cette Irlande rurale ravagée par la famine, elle s’enfuit en volant toutes les économies de sa famille, direction l’Amérique du Nord où elle compte bien prendre son destin en main.
Rapidement, elle se fait une place partout où elle passe, arnaquant les hommes qu’elle séduit grâce à son charme. La prostitution devient également son lot quotidien. Quelques années sur les planches en tant que danseuse, elle finit pourtant par abandonner la scène, préférant la rue, la ruse et le vol. C’est en suivant, à plusieurs reprises, les casses de ses amants, qu’elle est rattrapée par la justice et finit par croupir en prison. Les années de captivité ne semblent pas avoir vraiment de prise sur elle, car forte, têtue et déterminée, elle sait rebondir et se sortir de toutes les situations.

Ayant croisé la route de plusieurs personnalités du début du XXe siècle, aussi bien aux Etats-Unis (les frères Dalton) qu’en Europe (la comtesse Constance Markievicz), Chicago May a constamment marché auprès des plus grands criminels et révolutionnaires de son temps. Tantôt buvant du champagne dans les soirées mondaines, tantôt dans la rue à la recherche d’un nouveau client, c’est une figure assez insaisissable que cette irlandaise.
Finalement, jamais de véritables attaches matérielles ou sentimentales, mais une vie trépidante, au jour le jour, faite de débrouille, de ruse et de charme dans une société pourtant très fermée, surtout pour la gent féminine. Chicago May s’est affranchie de toutes les règles, vivant sa vie à sa façon, sans regarder en arrière (ou presque).

Chicago May, portrait réalisé en prison ?

Racontée ainsi, vous vous dites certainement que cette histoire a dû être absolument passionnante à parcourir, non ? Eh bien en fait non. Et cela, je pense, à cause de la forme adoptée par Nuala O’Faolain. J’ai envie de faire le même reproche à cette lecture que celui fait l’année dernière lors de ma découverte de Into the Wild de Jon Krakauer : un fond qui avait tout pour me plaire mais une forme trop journalistique, qui instaure beaucoup trop de distance.
Nuala O’Faolain justifie son choix dans son prologue : elle refusait d’écrire une biographie trop romancée – se contentant de remplir les blancs dans l’histoire de Chicago May avec le minimum de situations inventées – et d’utiliser la première personne du singulier. Je comprends mais je trouve qu’à trop vouloir “respecter” le “héros” de la biographie, on en perd en émotions, en ressentis. Je suis restée complètement extérieure à sa vie – comme j’avais pu le faire avec Into the Wild – et vraiment, je le regrette !

J’ai, malgré tout, beaucoup aimé voyager auprès de Chicago May à travers les Etats-Unis et l’Europe ; j’ai aimé découvrir les règles prévalant dans les milieux qu’elle fréquentait et j’ai aimé que Nuala O’Faolain garde l’idée des origines irlandaises en toile de fond, comme si le pays ne les avait – Chicago May et elle – jamais quittées, malgré les milliers de kilomètres parcourus. L’Irlande a eu un impact sur elles, un impact qui n’a jamais cessé malgré la fuite. C’est une idée qui me séduit beaucoup et qui, j’ai l’impression, est assez courante dans la littérature irlandaise.

Finalement, même si je n’ai pas été émue par la vie de Chicago May, son histoire aura tout de même eu un léger impact sur ma propre vie puisqu’elle aura très certainement participé à mon envie de partir moi aussi en solo. Certes seulement pour une petite semaine et dans un cadre estival mais tout de même, tout comme elle, seule, déterminée et “courageuse”, je l’espère.

 

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