Le Journal de Bridget Jones, Tome 2 : L’Age de raison de Helen FIELDING

bridget jones 2 âge de raison
Le Journal de Bridget Jones,
Tome 2 : L’Age de raison
de Helen FIELDING
J’ai lu,
2002, p. 405

Première Publication : 1999

Pour l’acheter : Bridget Jones, Tome 2

Helen Fielding est journaliste et vit à Londres. Elle a travaillé plusieurs années pour la BBC. Son Journal de Bridget Jones s’est vendu à plus de trois millions d’exemplaires dans trente pays.

Orgueil et préjugés (1995)

« Hourra ! Finies, les années de solitude. Depuis quatre semaines et cinq jours, entretiens relation fonctionnelle avec adulte mâle, prouvant par conséquent que je ne suis pas paria de l’amour comme craint précédemment. »
Voici la suite tant attendue de l’irrésistible journal de Bridget Jones, la célibataire la plus drôle de la planète. Où elle découvre à quel point l’important n’est pas de trouver un prince charmant, mais surtout de le garder !
Nous retrouvons les tribus de copines, les Célibattantes et les Mariées-Fières-de-l’Être, les parents à côté de la plaque… et ses éternelles bonnes résolutions (perdre au moins cinq kilos, arrêter de fumer et de boire du chardonnay), qui font de cette aventurière des temps désespérément modernes notre névrosée préférée.

Le Journal de Bridget Jones, fortement inspiré (le premier tome uniquement puisqu’il réécrit l’histoire de façon moderne!) d’Orgueil et préjugés de Jane Austen, fait plusieurs fois références à l’œuvre d’origine ou, comme dans ce deuxième opus, à Colin Firth qui a incarné Mr Darcy dans l’adaptation de 1995. Le fait d’appeler son héros Darcy et de choisir cet acteur en particulier pour incarner le personnage dans les adaptations, ne sont pas des décisions anodines d’Helen Fielding… Tout est lié ! 😉

J’ai commencé cette lecture, désireuse de tomber sur une histoire légère pour terminer mes vacances dans les meilleures conditions. Bridget Jones est une histoire que j’apprécie à l’écran (notamment le premier film) et je me souviens avoir plutôt apprécié ma découverte du premier tome… j’étais donc pleine d’optimisme en ouvrant les premières pages, et j’ai vite déchanté.
Voilà une grosse déception que ce deuxième tome. L’héroïne, qu’on pourrait croire grandie vu le sous-titre L’Age de raison… – n’est plus une gaffeuse amusante mais une idiote irresponsable qui vit des aventures complètement abracadabrantes, sans queue ni tête et qui sont interminables… Franchement, contentez-vous des films et/ou du premier tome !

L’intérêt, il me semble, de ce journal, c’est de suivre une héroïne pour laquelle on éprouve de la sympathie et même à laquelle on peut s’identifier en tant que jeune femme plus ou moins trentenaire connaissant les déboires – amoureux ou non – de la vie au début du XXIe siècle… Le problème c’est que là où j’étais censée trouver une jeune femme pétillante, moderne, maladroite mais attachante, gaffeuse mais amusante… je suis tombée sur une trentenaire défraichie, débile légère qui ne peut pas ouvrir la bouche sans prononcer une énormité et qui semble chercher les ennuis quotidiennement (elle réfléchirait deux minutes, ferait un minimum d’efforts d’organisation et de maturité… et les trois quarts de ses ennuis s’évanouiraient !). Bridget ne m’a absolument pas fait rire. Non. Elle m’a fait pitié. JAMAIS je ne pourrai m’identifier à une nana pareille. Et si un jour je commence à lui ressembler (il y a vraiment peu de chance !), s’il vous plaît, finissez-en au plus vite ! Autant j’apprécie la Bridget des films, incarnée par Renée Zellweger, qui atteint un juste milieu et me fait vraiment rire, autant la Bridget originale (du moins dans ce deuxième tome), me sort par les yeux ! En plus elle rate la seule occasion miraculeuse qu’elle a obtenue d’interviewer Colin Firth… un bide absolu. Tellement « too much » que les quatre ou cinq pages pendant lesquelles, obsédée par la chemise de Monsieur Darcy dans la version Orgueil et préjugés de 1995, elle ne cesse de revenir à cette fameuse scène du lac, m’ont semblé lourdes et interminables… et j’avais honte pour elle.

Et si seulement les autres personnages redressaient la barre… mais non ! Pas un pour rattraper l’autre. Ils sont tous cinglés dans cette histoire et ont sérieusement besoin d’aller consulter. Et comme pour Bridget, là où les frasques de la mère et des amis font rire dans les films, ici c’est juste lourd, insupportable et vraiment pathétique. Avec un entourage pareil, sûr qu’elle n’est pas aidée la Bridget…
Quant au fameux Mark Darcy, a priori l’homme parfait… je n’aurais jamais cru qu’en fait, c’était un gros beauf qui ne pensait qu’au foot… et n’avait quasiment aucune conversation ! Heureusement qu’il la sauve plus d’une fois de situations ridicules, car sinon, je me demande bien ce qu’on pourrait lui trouver. A côté de ça, à l’écran nous avons un Colin Firth plutôt en forme, incarnant le rôle d’un homme plutôt distingué et même amusant dans sa réserve… absolument rien à voir entre les deux supports (et comme vous vous en doutez, je préfère mille fois le Darcy à l’écran !!!).

bridget jones 2 prison thailandeJe vous ai parlé des personnages – et notamment de l’héroïne – assez insupportables et ridicules… mais que peut-il bien leur arriver dans ces 400 pages ? Eh bien nous suivons la vie « passionnante » de Bridget sur une année complète. Il lui faut gérer sa vie professionnelle, sa mère envahissante, ses amis tout aussi envahissants (le téléphone ne coûte pas cher…), ses amours difficiles et des travaux dans son appartement. D’ailleurs, qui à part Bridget Jones, pourrait attendre six mois en hiver avec un trou énorme dans un de ses murs (risquant cambriolage et autres désagréments) – n’ayant plus de nouvelles de l’artisan qui s’est barré avec quelques milliers de livres -, avant de se bouger les fesses ? Cette fille est un cas désespéré, je vous le dis. Et plus les pages défilent, plus les situations complètement abracadabrantes se multiplient et moins j’avais envie de rire
Le quotidien d’une trentenaire qui se veut « normale » et qui devrait donc toucher la majorité des lectrices… je dois être particulièrement anormale pour ma part et ma vie est certes relativement ennuyeuse à côté, mais au moins, je sais placer l’Allemagne sur une carte (je vous rappelle que Bridget est anglaise) et lorsque je pars en voyage à l’autre bout du monde (bon, ça ne m’est encore jamais arrivée, l’Irlande c’est le plus loin que je suis allée !), j’évite de me mettre à préparer ma valise cinq minutes avant l’arrivée du taxi (surtout si je n’ai aucune idée d’où est mon passeport). Cela dit, je suis plus du genre Monica Geller/Bree van de Kamp ; ma valise, je commence à la préparer une semaine à l’avance (et j’oublie quand même des trucs… aheum). Bridget fait partie d’une espèce féminine que je ne comprends pas… ça ne pouvait donc pas marcher entre nous.

Enfin, comme il s’agit d’un journal, le texte est présenté comme tel, à savoir : des entrées successives datées (souvent introduites par une sorte de mini-chapeau, j’y reviendrai !), le tout rédigé dans un style très oralisant, parfois entrecoupé et évidemment, à la première personne du singulier.
Si dans l’ensemble, je trouve le style de la narratrice plutôt fluide et agréable à parcourir, j’ai tiqué plusieurs fois par l’emploi d’expressions qui, à mon sens, ne vont pas avec le reste. Bridget est une gourde au QI d’huître, mais elle s’exprime tout de même pas trop mal dans son journal… à part quelques termes qui dénotent vraiment (je pense à « baiser » qui revient relativement souvent et à un ou deux autres). Si l’ensemble du texte était sur le même registre, je ne serais pas gênée mais là, je trouve qu’il y a un décalage. Est-ce une erreur de la traduction ou une accentuation voulue par l’auteure ? J’chais pas. Mais pour moi ça coince.
Quant aux mini-introductions quasi systématiques, résumant la journée de Bridget en chiffres et pensées hautement philosophiques ; elles nous apprennent que l’héroïne est une alcoolique qui fume comme un pompier, qui avale 5000 calories par jour et qui, comble de l’horreur, pèse 57 ou 58 kilos, selon le bon vouloir de sa balance. Et alors là mesdemoiselles et mesdames, ne montez plus sur votre balance car selon Bridget (et donc Helen Fielding, j’imagine), peser 57 ou 58 kgs revient à être considérée comme un tonneau plein de bourrelets et de graisse (qu’est-ce que je devrais dire… heureusement, je n’ai pas de balance chez moi !). Trouver ce genre de réflexions dans un best-seller, moi, ça me gêne. Considérant une taille moyenne de la population féminine d’1m65, je ne trouve pas que ce poids soit une infamie et que celles qui le dépassent doivent rester calfeutrées chez elles, ou se priver de tout. Se voir répéter à chaque page (ou presque), que 57/58kgs c’est gros, c’est immonde et tout ce que vous voulez, ça m’agace. Je sais qu’il faut moins que ça pour influencer certaines jeunes filles/jeunes femmes et sans utiliser des gros mots comme « anorexie », si on arrêtait de balancer des conneries pareilles dans des livres aussi lus, ça ne pourrait pas faire de mal. Alors je sais, Le Journal de Bridget Jones c’est du second degré (d’ailleurs, Bridget n’arrive jamais à mincir et finit quand même par être heureuse) et croyez-moi, mes 60kgs et moi ne nous feront jamais de bile à cause de l’histoire d’Helen Fielding… mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

Une héroïne qui m’exaspère plus qu’elle ne me fait sourire, son entourage qui ne relève absolument pas le niveau et des situations abracadabrantes ridicules… le tout sur 400 pages interminables. J’efface ce deuxième tome de ma mémoire et garde plutôt en tête les films (le deuxième volet n’a d’ailleurs rien à voir avec le texte qu’il est censé mettre en images…)… et je vous conseille de faire de même !

24 pensées sur “Le Journal de Bridget Jones, Tome 2 : L’Age de raison de Helen FIELDING

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  • 7 septembre 2013 à 20 h 53 min
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    Aie aie aie dans ma face de fan de Bridget Jones 🙂

    Bridget est maladroite, gaffeuse, pas adaptée en société, dotée d’une estime de soi proche de zéro (pour ça qu’elle se croit trop grosse alors qu’elle est normale, c’est sa perception à elle qui est faussée), douée pour se fourrer dans des situations pas possibles, immature et paumée. Mais je ne pense pas qu’elle soit stupide de façon générale, elle l’est parfois (comme nous toutes dans certaines situations), comme avec Daniel où elle m’agace beaucoup. Je pense aussi qu’on peut facilement s’identifier à elle parce que c’est une fille sympa et attachante qui ne se prend pas au sérieux et qui ne se la raconte pas, bourrée de défauts et de névroses et qui ne se prétend pas parfaite, une fille dans laquelle on peut se reconnaître par certains côtés. Elle fait rire mais au fond elle n’est pas si risible que ça…

    Sinon pour le films, autant le premier est génial et culte, autant le second est une cata 🙂

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  • 7 septembre 2013 à 20 h 46 min
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    Je me rappelle l’avoir lu à sa sortie car j »avais beaucoup aimé le premier et ne pas l’avoir trouvé terrible, tout comme le 2e film d’ailleurs. Mais je n’en ai plus aucun souvenir !

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  • 7 septembre 2013 à 18 h 18 min
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    Mouff… je ne garde pas un mauvais souvenir de la série des Bridget Jones; il me semble que j’avais préféré le tome 2, qui m’avait paru plus abouti: les premières pages du tome 1 m’avaient paru sommaires à force de ressembler à des notations de journal. Enfin bon, je suis passé à autre chose depuis.

    Je me souviens d’avoir attendu la sortie du tome 2 en poche: le tome 1 m’avait accroché, mais pas au point de m’offrir la première édition, grand format, à vingt euros…

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  • 7 septembre 2013 à 16 h 07 min
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    Je crois que pour les 57/58 kilos -qui m’avait fait tiquer aussi à la lecture- il faut le considérer uniquement du point de vue du personnage : c’est Bridget qui se trouve grosse. Ca ne veut pas dire qu’elle l’est vraiment. Mais ce tome est nettement inférieur au premier et je partage, pour le reste, la totalité de ton point de vue. C’est dommage… Cela dit, le 2e film est aussi, je trouve, nettement moins bien que le premier…C’est tout de même ce livre qui a donné naissance à la grande héroine « littéraire » (sic) du XXIe siècle : à savoir une cruche maladroite un peu conne. C’est devenu un stéréotype depuis et je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle pour les femmes et la littérature… On est quand même à des années lumière de l’héroïne de Jane Austen.

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    • 7 septembre 2013 à 16 h 16 min
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      Quand on y réfléchit, c’est quand même hallucinant que les lectrices adorent la chick-lit alors que dans ce genre, la femme est représentée comme une neuneu qui ne sait rien faire de ses dix doigts… -_-
      Tu as raison, à des années lumière d’une Elizabeth Bennet et d’une Jane Austen qui avait une vision assez en avance pour son époque…
      Quant au poids, oui, je pense que le problème vient de l’héroïne (de toute façon, elle a toutes les tares cette nana !) mais je n’aime pas trop le genre de message envoyé. Après je fais peut-être une montagne de rien, mais vivant actuellement l’anorexie (puisqu’il faut mettre des mots sur les choses) dans mon entourage, je sais qu’il faut bien moins que ça pour mettre dans la tête d’une jeune fille qu’un poids n’est pas « normal ».

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  • 7 septembre 2013 à 16 h 04 min
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    Il me semble que ce second tome attire les foudres… Pour ma part, je me contenterai des films que j’aime beaucoup 😛

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  • 7 septembre 2013 à 15 h 58 min
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    En ce qui concerne le vocabulaire, et plus particulièrement l’emploi du verbe « baiser » : le terme original était « to shag », qui revenait effectivement à de nombreuses reprises dans le texte, mais qui me semble toutefois beaucoup moins choquant dans la bouche d’une jeune femme que sa traduction française. Cela reste un terme d’argot un peu vulgaire, mais je trouve que cela passe beaucoup mieux en VO !

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    • 7 septembre 2013 à 16 h 12 min
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      Donc c’est bien dans la traduction française que ça cloche un peu… cela dit, on n’a pas cinquante mots en français et j’imagine que « baiser » était plus proche du texte original que « faire l’amour ».

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  • 7 septembre 2013 à 15 h 50 min
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    Ah, tiens, moi aussi, je suis très Monica Geller ! 😉 Je ne pense pas être plus « normale » que toi, dans la mesure où la plupart des héroïnes de chick-lit m’exaspèrent et me laissent perplexe la plupart du temps. Bon, ceci dit, et pour en revenir à Bridget, je n’avais pas tellement aimé le deuxième film non plus (le premier était bien meilleur à mon goût).

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    • 7 septembre 2013 à 16 h 11 min
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      ça me rassure ! je ne me retrouve pas du tout dans la chick-lit non plus… je n’ai souvent, absolument rien à voir avec les héroïnes…
      Le premier film est effectivement bien meilleur que le deuxième… mais quitte à choisir entre le deuxième film et le deuxième tome écrit, je préfère encore le film (au moins il y a Colin Firth !). ^^

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