La Communauté du Sud, Tome 11 : Mort de peur de Charlaine HARRIS

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La Communauté du Sud,
Tome 11 : Mort de peur
de Charlaine HARRIS
J’ai lu,
2012, p. 349

Première Publication : 2011

Pour l’acheter : La Communauté du Sud, Tome 11

Charlaine Harris (née le 25 novembre 1951) est une romancière américaine. Elle écrit des romans policiers et des romans d’amour paranormaux. Le premier tome de sa série La Communauté du Sud a fait l’objet d’une adaptation en série télévisée en 2008 sous le titre de True Blood.

La série décrit une coexistence entre vampires et humains au cœur d’une petite ville de Louisiane. Au cœur de cette coexistence se trouve le «True Blood», une boisson à base de sang de synthèse qui permet aux vampires de se nourrir. Si certains essaient de s’intégrer, d’autres au contraire, refusent ce sang synthétique et continuent à se nourrir de sang humain. Quant aux humains, la peur de l’inconnu les envahit et le racisme anti-vampires augmente au fur et à mesure que les meurtres se succèdent. Au coeur de ce conflit, l’amour entre Sookie, serveuse au Merlotte’s, et Bill, un vampire.

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♣ ♣ ♣

Avec son habitude de toujours être dans les mauvais plans, Sookie est témoin d’une attaque à la bombe du Merlotte, le bar où elle travaille. Maintenant que Sam Merlotte est maintenant connu comme métamorphe, les soupçons se tournent immédiatement vers les « anti » locaux.
Mais Sookie suspecte quelque chose d’autre, elle et Sam travaillent ensemble pour découvrir qui est le coupable et les motivations de cette attaque.
Mais son attention est perturbée. En effet, même si elle ne peut pas lire dans les pensées des vampires, Sookie connait bien Eric, son amour et Pam, la « fille » de celui-ci, et elle réalise qu’ils se préparent à assassiner le vampire qui est maintenant leur maître.
Progressivement, elle se retrouve embarquée dans ce complot – qui se trouve être plus complèxe qu’elle ne le croit – et rattrapée par les enjeux politiques du monde des vampires Sookie apprendra qu’elle est plus qu’un pion dans ce jeu, contrairement à chaque humain ordinaire…

/! Spoilers sur les tomes précédents ! /!

La Communauté du Sud est une des premières sagas de « bit-lit » à avoir eu un succès important en France (Anita Blake excepté). J’ai enchaîné les premiers tomes (quasiment les 10) très rapidement, motivée par la diffusion en parallèle de la série télévisée adaptée, True Blood. J’ai fini par me lasser des deux supports (je me suis arrêtée à la saison 4 de la série) ; j’ai grandi, je suis passée à autre chose et j’ai des envies de lectures et des attentes différentes aujourd’hui. Malgré tout, il m’est difficile d’abandonner une saga alors que je l’ai déjà bien entamée (10 tomes lus sur 13) ; il serait dommage de s’arrêter là et de ne pas avoir le fin mot de l’aventure de cette chère Sookie. Alors hop, me voilà lancée dans ce onzième opus, finalement assez contente de retrouver l’héroïne, un peu comme si je renouais avec une vieille amie perdue de vue depuis plusieurs années.

Ce onzième tome m’a divertie et finalement, je n’en attendais pas beaucoup plus. Il est évident qu’une nouvelle fois, Charlaine Harris ne nous propose pas de la grande littérature et je suis d’accord avec la majorité des lecteurs : ce n’est pas un tome extraordinaire et encore moins un indispensable. A vrai dire, il n’y a pas grand chose à retenir et peu d’avancées vraiment majeures pour l’intrigue (à part côté vampires). Et pourtant, il s’en passe des choses à Bon Temps… mais ça semble trop secondaire, trop anecdotique et se résout finalement bien trop vite.
Sookie continue à travailler comme serveuse au Merlotte mais depuis que Sam a fait son coming-out (il a révélé qu’il était un métamorphe), les lieux se désemplissent… et le cocktail Molotov balancé par une des fenêtres ne va pas arranger les affaires ! Crime « racial » en réponse à la révélation sur la nature du patron ou un nouvel ennemi pour Sookie ? La demoiselle a déjà fort affaire chez elle avec les deux faes qu’elle héberge gracieusement. Entre son cousin Claude et son grand oncle Dermot qui se croient tout permis et empiètent largement sur la vie privée de notre héroïne, le quotidien n’est pas de tout repos. Et elle ne peut même pas compter sur son mari-vampire – Erik – qui semble avoir la tête ailleurs et manigance un gros truc avec Pam. Mais quoi ?! Cela a-t-il un rapport avec Victor, leur nouveau maître, et les boîtes branchées – mais douteuses – qu’il a ouvertes aux alentours de Bon Temps ?

Ce onzième opus semble, comme les précédents, fourmiller de mini-intrigues qui partent dans tous les sens et qui impliquent de nombreux personnages plus ou moins secondaires. Malgré tout, la sensation de longueurs et de « désintérêt » est bien présente car on a comme une impression de remplissage. Bien sûr, c’est toujours agréable d’avoir des nouvelles de telle ou telle figure et c’est encore mieux quand l’auteure décide de régler définitivement certaines choses… mais je reste mitigée et suis arrivée au bout de la dernière page avec un sentiment de trop peu.
Finalement, seules les révélations concernant les aïeux de Sookie ont un réel intérêt pour la suite et pour l’intrigue générale (ou en tout cas ce sont les seuls éléments qui m’ont vraiment intéressée, moi). La présence de Claude et Dermot dans le quotidien de notre héroïne apporte quelques éclaircissements, notamment sur le passé de sa défunte grand-mère, qui avait fricoté la première avec des faes. Des mystères trouvent des réponses et les pièces du puzzle s’emboîtent plutôt bien. C’est plutôt pas mal trouvé, dans l’ensemble.
Les problèmes de vampires m’ont en revanche assez peu passionnée, je l’avoue. Pourtant, tout le côté de la manipulation politique n’est pas sans intérêt, mais je n’ai pas été vraiment accrochée. Peut-être que cette petite intrigue arrive trop tardivement dans le texte et reste un peu brouillonne ? Je n’ai pas tout compris en ce qui concerne la prise de pouvoirs de Victor, sa façon de « régner » et pourquoi il souhaiterait éliminer telle ou telle personne. Peut-être aurait-il fallu que je relise les tomes précédents pour avoir tous les éléments bien en main ? Il m’a sans doute manqué quelques clefs de compréhension pour pouvoir profiter de cette intrigue secondaire, intrigue bouclée dans la dernière partie. D’ailleurs, si je n’ai pas tout compris des agissements des méchants vampires, j’ai en revanche bien aimé le combat final, rythmé et explosif. Pas sûre d’avoir su bien tout visualiser des scènes décrites, mais ça bouge et donne un peu de peps à l’ensemble de ce tome qui manquait cruellement de tonus jusque là.
Quant à ce qui se passe au Merlotte – et nous le comprenons ensuite, tout ce qui a trait à une ancienne ennemie de Sookie -, j’ai trouvé ça carrément superflu et vite expédié. Juste histoire de mettre de nouveaux bâtons dans les roues à notre héroïne, juste histoire de corser un peu les choses. Mais concrètement, vu le dénouement expéditif, ça ne sert à rien. Cela dit, on a un dénouement clair et net pour cette histoire et ça, au moins, c’est appréciable.

Je n’ai pas adoré tout ce qui se passe dans ce Mort de peur, je me suis parfois ennuyée mais par contre, je ne suis pas complètement d’accord avec ceux qui reprochent à Charlaine Harris de nous décrire des moments où Sookie prend sa douche et fait le ménage. Alors ok, dit comme ça, ça a l’air « booooooring » et c’est vrai que ce n’est pas forcément captivant.
Mais je pense que ces passages sont là pour nous prouver que malgré son entrée dans un monde fantastique depuis plus de dix opus, malgré sa nature un peu particulière, Sookie est quelqu’un de foncièrement humain et de très sensible à ce qui se trame autour d’elle. Et, quand on est touché – voire choqué – par certaines choses (je pense que si on vivait le quart de ce qu’elle endure, on le serait aussi), la meilleure façon d’encaisser c’est de se plonger dans des tâches du quotidien rassurantes. Parce que oui, faire le ménage, ça vide la tête. Alors oui, c’est un peu chiant de lire plusieurs fois les séances de nettoyage de notre héroïne mais je préfère prendre ces paragraphes pour un retour dans le quotidien d’une personne « normale » et « humaine ».

Personnellement, moi je l’aime bien la petite Sookie. Ok, elle a ce côté énervant qui ne la quitte pas depuis la première ligne du premier tome mais en même temps, je trouve que c’est une nana assez forte, qui a su s’adapter et s’en sortir malgré tous les problèmes rencontrés (et elle en a eu un paquet de m****s) et qui a évolué positivement. Ce n’est pas une héroïne que j’adore mais une figure touchante que j’ai eu plaisir à retrouver après plusieurs années sans la côtoyer (littérairement parlant, s’entend).
En revanche, côté héros masculins, là c’est beaucoup moins glorieux. Si j’aimais beaucoup le côté décalé d’Erik le vampire Viking dans les premiers tomes – un vrai méchant marrant -, il est devenu carrément fade et chiant. Et ce onzième tome ne remonte pas la donne, malheureusement. Il n’est plus drôle, il n’est même plus cynique et il n’est même plus méchant pour être méchant. Il est là sans y être et il déçoit. Et si j’aimais bien sa relation avec Sookie, au début, là ça ne va plus du tout. D’ailleurs, même si les romances en bit-lit ne me plaisent généralement pas, je ne dis pas non à quelques pages d’amooooour… mais là, rien, zéro, nada. Snif.
Je n’ai jamais pu encadrer Bill. Il fait ici une réapparition pour venir en aide à Sookie et m’a juste paru très arriviste-opportuniste. J’ose espérer que Charlaine Harris ne va pas nous remettre le couvert avec le triangle amoureux parce que… non.
J’en viens même à espérer une fin terriblement humaine et banale pour notre jeune héroïne, sans vampires, sans loups-garous, sans métamorphes, sans faes… juste un humain sympa et une vie calme. Les deux prochains tomes me l’apprendront certainement.

Finalement, ce onzième opus fait avancer les choses très lentement sur certains points et en expédient d’autres (des intrigues secondaires) de façon expéditive. Il ne reste plus que deux tomes pour tout boucler, mais en même temps, que reste-t-il vraiment à raconter ? Toutes les créatures non-humaines ont fait leur coming-out (à part les faes qui semblent tramer un truc dans leur club bizarre…), on connaît maintenant le passé de Sookie et le pourquoi de ses dons, reste plus qu’à régler le coup de son futur, notamment amoureux. Erik ou Bill ou Alcide (qui d’ailleurs, fait une mini-apparition complètement inutile ici) ou quelqu’un d’autre ? Je me demande vraiment de quoi sont faits les deux derniers volets de cette série !

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