Comtesse Bathory de Patrick MCSPARE

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Comtesse Bathory
de Patrick MCSPARE
Panini Books (Eclipse),
2013, p. 377

 

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Comtesse Bathory

 

Patrick McSpare (de son vrai nom Patrice Lesparre), né le à Bordeaux, est un romancier, également scénariste et dessinateur de bande dessinée, qui vit dans le Sud-Ouest de la France. (Wikipedia)

Les Haut Conteurs, Tome 1 

 

♣ ♣ ♣

 

Archiduché d’Autriche, octobre 1604. Issue d’une glorieuse lignée princière, Erzébeth Bathory, la belle veuve du comte Nadasdy régit d’une main de fer ses domaines. Après des années de silence, Cadevrius Lecorpus réapparaît. Il ramène avec lui Anna, une fascinante sorcière dont Erzébeth tombe follement amoureuse. La magie démoniaque de l’Obscurité s’abat bientôt sur la région et, jusqu’à la Cour de Vienne, on s’émeut de la disparition de nombreuses jeunes filles. Tandis que la comtesse s’abandonne aux terribles délices des rituels régénérateurs, cinq mercenaires d’élite sont chargés de confondre celle que l’on suspecte d’activités sataniques.

 

Acheté aux Imaginales en 2014, c’est une lecture commune en compagnie de Bookover qui m’a permis de sortir la Comtesse Bathory de ma Pile à Lire. Patrick McSpare avait terriblement bien vendu son titre, plus adulte et mature que ses autres sagas (Les Héritiers de l’Aube ou Les Haut Conteurs à quatre mains avec Olivier Peru), j’avais alors été curieuse de me plonger dans cette réécriture de l’histoire de la célèbre Erzébeth Bathory.
Aujourd’hui, deux ans plus tard, ce côté fantastique et vampirique ne correspond plus vraiment à ce que je recherche dans mes lectures, lui privilégiant la féerie ; je n’étais donc peut-être pas dans la meilleure phase pour apprécier ce roman. Toujours est-il que je lui ai trouvé, objectivement, beaucoup de qualités et à part un petit bémol sur les personnages trop nombreux et trop peu développés, le reste tient parfaitement la route et saura certainement convaincre les curieux et les fans de cette Comtesse sanglante !

Avec ce one-shot (premier point positif !), Patrick McSpare nous offre sa vision, son interprétation de la vie de la Comtesse Bathory, figure historique certifiée. D’elle, je ne connaissais que la légende l’entourant : elle aurait tué des dizaines de jeunes filles pour se baigner dans leur sang prétendument régénérant. L’auteur utilise ici des faits réels – on sent la documentation derrière et la maîtrise générale du sujet – qu’il relie entre eux par de la fiction. C’est assez bien fait pour qu’on y croit et qu’on se demande régulièrement où s’arrête le réel et où commence l’imaginaire
Les passionnés d’histoire moderne européenne (la Hongrie à l’aube du XVIIe siècle, dans la tourmente des religions) trouveront très certainement beaucoup de charme à cette lecture puisque, comme je le disais plus haut, Patrick McSpare s’est documenté et ça se sent. Les lecteurs de fantastique ne seront pas en reste puisqu’évidemment, à l’origine d’une légende vampirique, la vie de la Comtesse Bathory ne pouvait pas être traitée sans son lot d’éléments surnaturels. Quoique… et c’est bien là un autre intérêt de ce roman qui, jusqu’au bout, laisse le lecteur dans le doute. Le surnaturel était-il vraiment de la partie avec la présence, notamment, de Satan et de ses sbires ? Ou la Comtesse et son entourage ont-ils juste été les victimes de drogues, d’hallucinations collectives, de folie, de la force mystérieuse de l’esprit ? Chacun fera son choix comme lors de la lecture des romans fantastiques dans la plus pure tradition du XIXe siècle (Maupassant, Mérimée…) et ça, ça me plaît.

Et si j’ai si facilement voyagé au cœur de l’ancien royaume de Hongrie, c’est aussi et surtout grâce à la plume de l’auteur, rythmée et entraînante. C’est bien simple, tout au long de ma lecture et surtout au moment des scènes d’action, j’ai eu l’impression de me retrouver face à un film d’aventures, un film de capes et d’épées.
Les descriptions sont efficaces et imagées, les dialogues en nombre suffisant pour syncoper le récit… peut-être ai-je eu un peu plus de mal avec les passages d’introspection de la Comtesse mais ce n’est pas une question de forme, plutôt une question de fond. D’ailleurs je remercie Patrick McSpare d’avoir choisi le point de vue multiple qui permet de passer d’un personnage à l’autre avec l’alternance des chapitres. Ainsi, on ne s’ennuie jamais, toujours curieux de découvrir la suite des aventures de tels ou tels groupes de personnages, évoluant dans des situations souvent très différentes.
Attention par contre, l’auteur ne nous épargne pas beaucoup de détails. C’est une histoire violente où les scènes sanglantes et éminemment sexuelles ne sont pas passées à la trappe. Si Patrick McSpare nous a habitué à de la littérature jeunesse, ce n’est définitivement pas le cas ici ; attention donc, pour public avertis uniquement !

Patrick MCSPARE, portrait trouvé sur Babelio.
Patrick MCSPARE, portrait trouvé sur Babelio.

Malgré tout, et c’est sans doute le pendant négatif, le grand nombre de figures principales et secondaires fait qu’on s’y perd un peu. On parvient bien à les différencier les uns des autres, mais difficiles d’accorder son attention à tous et surtout, de s’attacher à l’un d’entre eux.
La Comtesse est évidemment le personnage le plus développé, celui que l’on suit le plus intimement, mais elle n’a pas su m’émouvoir. J’ai aimé le postulat de départ : une femme forte et moderne dans un contexte patriarcal qui aurait dû la rendre soumise et obéissante. Erzébeth tient tête aux hommes, gère son domaine seule et d’une main de fer depuis qu’elle est veuve et vit ses amours avec passion (elle se meurt d’amour pour Anna, la disciple de Lecorpus). Evidemment, une figure féminine forte qui réussit à s’en sortir malgré les difficultés du contexte dans lequel elle vit, ça me parle… mais d’autres choses m’ont gênée chez cette femme. Oui, j’ai compris ses phases de doutes car, très pieuse, une part d’elle déteste ce qu’elle fait subir aux autres ; mais finalement, jamais je n’ai réussi à avoir de la compassion pour elle. Je l’ai souvent trouvée capricieuse et cet aveuglement amoureux… difficile pour moi de le concevoir.
Quant à tous les personnages qui gravitent autour de cette Comtesse, je les ai trouvés assez caricaturaux, globalement. Il faut dire que présenter autant de figures en un seul tome et donc en si peu de pages, ce n’est pas évident. Patrick McSpare a donc dépeint chacun d’entre eux avec quelques caractéristiques précises mais ils ne semblent se caractériser qu’avec celles-ci et ne pas avoir bien plus de profondeur, ce qui est très dommage au vu de leur potentiel ! Mais encore une fois, c’est assez pertinent avec l’image que je me fais des films d’aventures et de capes et d’épées qui sont là pour le divertissement et nous proposent des héros très marqués, ce n’est donc pas vraiment un défaut. Juste une préférence de ma part car j’aime les personnalités complexes et très riches.

Je crois que si j’avais lu ce titre quelques années en arrière, alors que le thème me plaisait alors énormément, ma lecture aurait été d’autant plus agréable. Aujourd’hui, elle a été plutôt divertissante, mais manquant de passion car ce que je lisais n’avait que peu de prises sur moi. Si vous portez un intérêt à l’histoire de la Comtesse sanglante et si vous n’avez pas peur de plonger dans la noirceur humaine… tentez cette aventure dans laquelle on ne s’ennuie pas !

 

3 pensées sur “Comtesse Bathory de Patrick MCSPARE

  • 8 juin 2016 à 14 h 15 min
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    J’avais noté ce titre mais je crois que comme toi, aujourd’hui, j’ai moins d’enthousiasme pour ces univers, même si cette comtesse m’intrigue toujours beaucoup (^-^)

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  • 6 juin 2016 à 19 h 35 min
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    Hummm, ça doit être enrichissant, néanmoins les histoires de vampires ce n’est pas ce que je recherche actuellement 😉

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  • 6 juin 2016 à 12 h 43 min
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    Oui, je vais tenter !
    A quand le F.A.Q ?
    Ondine

    Répondre

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