Jusque dans la terre de Sue RAINSFORD

 

Jusque dans la terre
de Sue RAINSFORD

Aux forges de Vulcain,
2022, 213 p.

Première Publication (vo) : 2018


Pour l’acheter : Jusque dans la terre

 

 

Sue Rainsford est une romancière et critique d’art irlandaise. Son premier roman, Jusque dans la terre, est encensé par le New York Times, The Guardian et The Irish Times, et obtient de nombreux prix dont le Kate O’Brien Award. (Aux forges de Vulcain)


Ada vit avec son père dans une clairière, en bordure d’une forêt, non loin de la ville. Ils passent leur temps à soigner les habitants qui leur confient leurs maux et leurs corps, malgré la frayeur que ces deux êtres sauvages leur inspirent parfois. Un jour, Ada s’éprend de Samson, un de ces habitants. Cette passion, bien vite, suscite le dépit voire la colère du père de la jeune fille et de certains villageois. L’adolescente se retrouve déchirée par un conflit de loyauté entre son héritage vénéneux et cet élan destructeur qui l’emmène loin de tout ce qu’elle a connu.


Quel titre étonnant que ce premier roman offert par l’irlandaise Sue Rainsford. Si étrange que je ne sais ni le classer dans un genre (sans doute un mélange de fantastique et presque de conte ?) ni si je l’ai aimé ou non… ?
J’ai préféré attendre quelques jours après l’avoir refermé pour prendre le temps de le digérer et mettre mes idées en place. Mauvaise idée car mes idées ne sont pas plus en place qu’au moment de ma lecture et pire, j’ai déjà quasi oublié ce que j’ai lu ! Et pourtant, Jusque dans la terre possède ce je-ne-sais-quoi qui ne laisse pas indifférent…

Le lecteur fait la rencontre d’un père et de sa fille – Ada -, deux êtres qui ont forme humaine (ou presque) mais qui possèdent des dons de guérisseurs. Les habitants des alentours viennent les visiter lorsqu’ils souffrent de maux physiques et les deux créatures se chargent d’eux : Ada fouille dans leur ventre à la recherche de l’intrus à éliminer, le père se charge d’enterrer dans le jardin les malades qui auraient besoin d’un traitement plus costaud. Ils semblent sans âge tous les deux, sortis tout droit de la terre que lui a su plus ou moins canaliser au fil du temps, sorte de golems immortels.

Les jours, les mois, les années passent. Le temps glisse sur le père et sa fille mais la routine bien huilée connaît ses premiers soubresauts alors qu’Ada découvre les premiers émois amoureux. Il s’appelle Samson. Ils se retrouvent en cachette et batifolent dans l’herbe, au bord de l’eau.
Mais le père sent l’entourloupe et tente de faire cesser l’amourette. En vain. La sœur de Samson, enceinte jusqu’aux dents, aimerait également retrouver son jeune frère et se place donc ainsi sur la route des amoureux.
C’est le conflit entre loyauté à ce père qui est tout pour elle, à cette terre nourricière et à ce nouveau désir puissant d’émancipation.

L’intrigue en elle-même ne m’a pas totalement convaincue car pas particulièrement surprise. En revanche, les images qui se révèlent grâce aux mots choisis par Sue Rainsford sont particulièrement fortes et efficaces. On est dans la clairière et on sent la terre sous nos pieds, entre nos doigts.
Il y a quelque chose de très organique qui se dégage de ce livre ; j’avais très clairement un parfum d’humus en tête pendant que je le parcourais. Les sens du lecteur sont mis à contribution et c’est, il me semble, ce qui fait de cette lecture une expérience assez surprenante. Étrange. Et glauque.

Mais malheureusement, je ne sais pas quoi retirer de ce livre. J’ai l’impression que je passe à côté d’un message, d’une métaphore que je n’ai pas su déchiffrer ; et ça m’ennuie. Alors non, je ne peux pas vraiment le conseiller et en même temps, son caractère atypique vaut tout de même la curiosité…
Cela dit, je pense que Sue Rainsford est un imaginaire à suivre et je serais curieuse de lire ses prochaines créations !






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