A l’irlandaise de Joseph O’CONNOR

A l’irlandaise
de Joseph O’CONNOR

Robert Laffont (Pavillons Poche),
2007, 597 p.

Première publication (vo) : 1998

 

Pour l’acheter : A l’irlandaise

 

Joseph O’Connor, né le à Dublin, est un écrivain irlandais. Il est le frère aîné de la chanteuse Sinéad O’Connor. (Wikipédia)


« Ma tendre chérie ».
C’est ainsi que Billy Sweeney s’adresse à sa fille violée dans une station-service et depuis lors plongée dans le coma. Dans une longue lettre passionnée et mélancolique, il lui raconte son histoire et comment il a cherché à se venger de son agresseur. Billy se souvient de l’insupportable culot qui émanait de Donal Quinn le premier jour du procès. Il se souvient que c’est à ce moment-là qu’il a décidé de tuer le jeune homme.
Quand, le deuxième jour du procès, il apprend que Quinn s’est enfui, Billy se transforme en chasseur. Nuit après nuit, il traque le voyou évadé dans les bas-fonds de Dublin. Bientôt, le père meurtri et sa proie se retrouvent face à face dans une volière désaffectée. S’ensuit une confrontation entre deux hommes qui n’ont plus rien à perdre et rivalisent de cruauté.


A l’irlandaise était le titre choisi pour le Book Club de février organisé par Charlotte Parlotte.
Je l’ai lu en mars à l’occasion de The Irish Readathon et je n’en parle ici qu’à la fin du mois de juin. Normal.

Toute remplie de préjugés en tournant la première page, j’étais persuadée que Joseph O’Connor avait un style difficile et que la lecture serait ardue. En plus, c’est quand même un petit pavé… Mais quelle fausse idée j’avais là !

Billy assiste au procès des agresseurs de sa fille aujourd’hui dans le coma. L’un d’eux – Quinn – parvient à s’enfuir et la police semble incapable de le rattraper et de le juger pour ses actes. Alors Billy le fera. Il traque le jeune homme et l’accule. Mais la confrontation entre les deux hommes n’est pas si évidente, les rôles se renversent, aucun des deux ne recule, chacun fait preuve d’une immense cruauté envers l’autre.

C’est une lecture violente, percutante.
La souffrance de ce père impuissant au tribunal m’a happée dès les premières pages. J’ai ensuite été particulièrement émue par les souvenirs qu’il invoque, heureux – ou pas – alors qu’il écrit cette très longue lettre (ce roman) à sa fille inconsciente. Il dit la rencontre avec celle qui devient la mère de ses enfants, sa découverte de la paternité, la descente dans les affres de l’alcool… Passé et présent s’entremêlent dans son récit.
Arrive ensuite la seconde partie de l’histoire, totalement différente de la précédente. Et c’est là que certains lecteurs peuvent décrocher ou être particulièrement mal à l’aise. Parce que c’est dérangeant, puissant. On sent vraiment le passage à autre chose. De victime passive, l’homme devient bourreau.

A l’irlandaise c’est un roman hyper réaliste dans lequel Joseph O’Connor aborde évidemment le thème de la paternité à travers le portrait de cet irlandais fou amoureux de sa femme, perdu ensuite dans la boisson ; mais aussi celui du pardon, celui d’un père endeuillé qui fait face à l’agresseur de son enfant adoré. Billy pardonnera-t-il à Quinn ? Et se pardonnera-t-il à lui même pour les choix qu’il a pu faire ?

Je ne sais pas si mon esprit est perturbé par les thrillers et les faits divers que je peux lire/écouter mais je n’ai pas tellement eu envie d’accepter la fin de ce roman, de cette confrontation, au premier degré. Pour moi, Billy nous raconte ce que son esprit pense être la réalité (la réapparition et le rôle de Sheehan à la fin) mais celle-ci est en fait bien différente (bien que le résultat soit le même)… Mais j’extrapole peut-être. Si vous avez lu A l’irlandaise, dites-moi ce que vous en pensez !

Malgré les très nombreuses semaines qui séparent ma lecture de la rédaction de cette chronique, j’ai toujours en tête des scènes et émotions marquantes ce qui est, pour moi, gage d’histoire forte et percutante. Bref, une lecture qui compte.

 

Une réflexion sur “A l’irlandaise de Joseph O’CONNOR

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