Le Marché aux elfes de Christina ROSSETTI

 

Le Marché aux elfes
de Christina ROSSETTI

Les belles lettres,
2021, 117 p.

Première publication (vo) : 1859

Pour l’acheter : Le Marché aux elfes

 

Mystique, mélancolique et visionnaire, Christina Georgina Rossetti (1830-1894) fut, à l’époque victorienne, l’auteur d’une œuvre de premier plan. À l’occasion de son centenaire, Virginia Woolf lui rendra hommage dans l’essai dont nous donnons, en préface de ce volume, la traduction : Je suis Christina Rossetti.
Le Marché aux elfes (The Goblin Market), poème composé en avril 1859 puis publié dans le recueil éponyme en 1862, valut à Rossetti la célébrité et fit l’objet de diverses interprétations. Patrick Reumaux qui en signe la traduction, nous livre la sienne dans sa postface.
Aux aquarelles ésotériques et magiques du baron Casimiro Piccolo qui ornent le poème répondent, dans la postface, les portraits préraphaélites des protagonistes peints par Dante Gabriel Rossetti, frère de Christina.


S’il y a bien un mouvement artistique qui me fascine c’est le préraphaélisme. Ces cercles de peintres, critiques, poètes, penseurs de la deuxième moitié du XIXe siècle avaient des considérations auxquelles je suis sensible mais les ouvrages en français sur le sujet ne sont pas très nombreux.
J’étais donc plus que curieuse de découvrir la poésie de Christina Rossetti ainsi qu’une mise en contexte la concernant… mais force est de constater que je referme ce petit livre en étant particulièrement déçue.

Pourquoi ? Parce que je n’ai pas trouvé ce que je cherchais dans cet ouvrage.
Derrière ce titre (Le Marché aux elfes) et le nom de son autrice sur la couverture, je m’attendais à lire le poème de Christina Rossetti certes, mais aussi d’autres de ses écrits et/ou quelques pages biographiques.
Malheureusement, à part la préface qui lui est dédiée (écrite par Virginia Woolf au début du XXe siècle), la grande majorité des pages est consacrée aux portraits de celles et ceux qui ont gravité autour d’elle : Dante Gabriel Rossetti son frère (évidemment…) et les trois muses de celui-ci : Elizabeth Siddal, Jane Morris et Fanny Cornforth. C’est tout de même un peu court, moi qui pensais me plonger dans la vie et les créations poétiques de Christina. Finalement, elle est à nouveau écrasée par son frère imposant et les conquêtes de ce dernier. Mouais.

Malgré tout, j’aurais pu me contenter des autres portraits proposés et j’aurais même dû m’en régaler (comme j’ai pu le faire avec la fiction grâce à des romans comme Autumn de Philippe Delerm ou La Muse de Rita Cameron…) car encore une fois, pénétrer dans ce mouvement préraphaélite est un plaisir… Enfin, d’ordinaire.
C’est Patrick Reumaux qui se charge de dépeindre la vie et l’œuvre de ces personnalités sans doute loin d’être parfaites (je pense même que Dante Gabriel Rossetti était véritablement un sale type doublé d’un fainéant et qu’il a bien profité des charmes de ses muses… qui ne sont pas toutes blanches non plus !) mais il ressort un tel mépris des paragraphes qu’il nous offre que j’en ai été plus que mal à l’aise. Selon lui Siddal feint une indolence étudiée, Rossetti a la démarche et l’aspect d’un rat d’égout et n’a absolument aucun talent de peintre, Cornforth est d’une vulgarité sans nom, Morris une sainte nitouche… ce n’est même pas de la moquerie teintée de tendresse. Non. C’est du mépris. Du mépris pur et simple.
Mais pourquoi écrire sur un sujet et des personnalités qu’on ne supporte pas ?

Je ne souhaitais pas lire des portraits romantiques qui embellissent et travestissent la réalité ni même un discours journalistique neutre sans émotions ; je ne suis pas contre le fait de pointer du doigt les défauts des artistes décrits et j’apprécie généralement le second degré… mais je n’ai malheureusement ressenti que du dédain dans le texte de Patrick Reumaux.
Heureusement que plusieurs photos et illustrations – en couleur – parsèment le texte, c’est toujours agréable d’avoir un appui visuel (de bonne qualité en plus !) pour enrichir la lecture.

Si je me concentre uniquement sur le poème – Le Marché aux elfes – qui donne son titre à ce petit ouvrage, oui j’ai apprécié ma découverte et je suis heureuse d’avoir lu un tout petit quelque chose de la plume de Christina Rossetti. Pour le reste, ce n’est que déception : trop peu de la poétesse dans ces pages finalement consacrées à d’autres qu’elle (comme si même après sa mort, son frère et son entourage lui piquaient encore la vedette !)… et le ton méprisant utilisé par le « spécialiste » m’a clairement laissée sans voix.

 

Une réflexion sur “Le Marché aux elfes de Christina ROSSETTI

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