L’Ecoféminisme en questions de Pascale D’ERM et Anna Maria RICCOBONO

L’Ecoféminisme en questions
Un nouveau regard sur le monde
de Pascale D’ERM,
illustré par Anna Maria RICCOBONO

Editions La Plage,
2021, 176 p.

Première Publication : 2021


Pour l’acheter : L’Ecoféminisme en questions

 

 

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Qu’avons–nous en commun de plus précieux à préserver si ce n’est la vie et l’habitabilité de cette planète ?
La pensée écoféministe dénonce la double oppression faite aux femmes et à la nature en pointant une origine commune : le patriarcat capitaliste. Inédit sur le plan de l’analyse, en tant que « nouveau récit du monde », l’écoféminisme l’est aussi sur la forme, par ses manifestations dansées, joyeuses et profondément pacifistes.
Pourquoi l’écoféminisme rencontre-t-il un tel écho aujourd’hui ? Quelles sont ses luttes emblématiques, ses valeurs, ses rôles modèles, ses modes d’action, ses lieux-culte ? À travers cet ouvrage, magnifiquement illustré par Anna Maria Riccobono, Pascale d’Erm présente les « fondamentaux » de l’écoféminisme, ou plutôt des écoféminismes, car il semble que nous soyons nombreux·ses à être écoféministes sans le savoir… Et c’est tant mieux, car l’écoféminisme n’est pas seulement « un autre récit possible » de notre capacité à habiter la Terre, c’est la plus belle façon de se réinventer un destin commun sur notre Terre/monde/maison.


Dès les années 70, des femmes se mobilisent contre des pollutions, la déforestation, l’élevage intensif… Elles dénoncent un modèle de société : le capitalisme. Elles mettent en parallèle les agissements des hommes qui dominent et asservissent la nature… autant que les femmes ! Les femmes se réunissent et se mobilisent à travers le monde et les décennies pour manifester contre toutes les formes de violence et d’oppression envers leurs semblables et envers la nature. Le mouvement écoféministe est né.

Pascale d’Erm tente d’apporter des réponses aux 26 questions soulevées dans cet ouvrage.
Chaque point abordé permet de présenter des grandes figures du mouvement (Françoise d’Eaubonne, Vandana Shiva, Starhawk…), des valeurs-clefs portées par celles-ci (le “care” = prendre soin, le “reclaim” = se réapproprier, l’interconnexion avec la nature…) ainsi que les plus grandes manifestations ayant eu lieu à travers le monde.
C’est ainsi que j’ai découvert le Chipko Andolan en Inde (dans les années 70, des paysannes entourent les arbres de leurs bras pour empêcher la déforestation), le camp de Greenham Common au Royaume-Uni (des femmes occupent pacifiquement dès 1981, une base de l’armée pour lutter contre le nucléaire) ou encore la Women’s Pentagon Action aux États-Unis (dans les années 80, les militantes encerclent le Pentagone en dansant pour lutter, entre autres, contre l’armement).

L’ouvrage est joliment habillé par Anna Maria Riccobono qui nous offre de nombreuses illustrations rondes et colorées ; la mise en page générale est également très agréable à l’œil. Visuellement, c’est un sans faute.
Quant au texte brut visant à offrir les bases du concept écoféministe, je l’ai certes trouvé intéressant mais aussi assez fourre-tout. Comme si on avait absolument besoin de trouver un terme pour englober tout un tas de choses pour que tout soit bien rangé dans sa case…
Se côtoient alors des théories sociétales quasi philosophiques et des concepts beaucoup plus mystiques voire religieux. Je n’ai rien contre Starhawk qui est une personnalité que je trouve, personnellement, très inspirante mais derrière ce terme d’écoféminisme qui vise à dénoncer le patriarcat capitaliste, je ne m’attendais pas à trouver un versant aussi spirituel. J’imaginais plus des discours et théories à ranger du côté des sciences humaines plutôt que du développement personnel mystique à base de rituels et de concepts tel que celui de “Déesse mère”.

Alors bien sûr, comme les causes à défendre sont aussi nombreuses et différentes que les militantes qui manifestent et que le mouvement écoféministe n’a ni couleur politique, ni chemin religieux défini ; chacune (et chacun) vient comme il est… ce qui donne cette impression de foisonnement et finalement, ce joyeux bazar.
La finalité étant la lutte contre le patriarcat capitaliste ; c’est ce que je choisis d’en retenir.

Si le but de ce livre était de montrer que, partout sur la planète, des femmes se mobilisent pour dénoncer, protéger, se rassembler et manifester quelles que soient leurs origines et leurs croyances alors oui, mission accomplie. Par contre, cette heureuse diversité de manifestants et de manifestations entraîne un écrit fourre-tout un peu brouillon dans lequel on peut parfois avoir un peu de mal à se retrouver.


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