Le Trône de Fer, Intégrale 1 de George R. R. MARTIN

Le Trône de Fer, Intégrale 1
de George R. R. MARTIN

France Loisirs,
2012, 836 p.

Première publication (vo) : 1996


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George R. R. Martin, né le à Bayonne (New Jersey), est un écrivain américain de science-fiction et de fantasy, également scénariste et producteur de télévision. Son œuvre la plus connue est la série romanesque du Trône de fer, adaptée sous forme de série télévisée par HBO sous le titre Game of Thrones. Il a été récompensé par de nombreux prix littéraires et a été sélectionné par le magazine Time comme l’une des personnes les plus influentes du monde en 2011. Il est aujourd’hui considéré comme le « Tolkien américain ». (Wikipédia)



Après avoir tué le monarque dément Aerys II Targaryen, Robert Baratheon est devenu le nouveau souverain du royaume des Sept Couronnes. Tandis qu’en son domaine de Winterfell, son fidèle ami le Duc Edward Stark rend paisiblement la justice. Mais un jour, le roi Robert lui rend visite, porteur de sombres nouvelles : le trône est en péril. Stark, qui s’est toujours tenu éloigné des affaires du pouvoir, doit alors abandonner les terres du Nord pour rejoindre la cour et ses intrigues. L’heure est grave, d’autant qu’au-delà du mur qui protège le royaume depuis des siècles, d’étranges créatures rôdent…


Qui n’a jamais entendu parler du Trône de Fer (ou Game of Thrones pour les plus anglophones) ? Depuis son adaptation en série télé, l’histoire créée par George R. R. Martin a su séduire un très large public. Et pourtant, cette intrigue définitivement fantasy n’est pas franchement facile à appréhender… c’est le moins que l’on puisse dire.
D’ailleurs, je suis finalement heureuse d’avoir commencé par regarder la série HBO qui m’a permis de me familiariser avec les nombreux personnages et leurs objectifs ; sans elle, je pense que ma lecture de cette première intégrale aurait été beaucoup plus chaotique.

Car des personnages, il y en a. George R. R. Martin s’est fait plaisir et a créé de multiples familles à la généalogie parfois un poil compliquée (et mystérieuse). Outre les deux familles principales : les Stark et les Lannister, vous rencontrerez également les maisons Targaryen, Tully, Arryn, Barathéon, Greyjoy, Tyrell, Martell…
Alors oui, ça fait du monde et il est parfois difficile de s’y retrouver mais, l’auteur ne s’attarde évidemment pas en détails sur tous les personnages qui habitent son univers alors rassurez-vous, vous finirez par savoir qui est Jon, Arya, Cersei et Tyrion.

Martin change de point de vue dès qu’il entame un nouveau chapitre. Le choix du roman chorale permet à la fois une qualité de narration incomparable mais possède également des inconvénients qui peuvent décourager.
En tant que lecteur, suivre une grosse poignée de personnages c’est la certitude d’en trouver au moins un ou deux auxquels s’accrocher (quand vous n’avez qu’un narrateur que vous ne supportez pas, la lecture peut se transformer en épreuve de force) et c’est surtout la sensation de tout savoir sur tout (ou presque), d’avoir une vue d’ensemble de tout ce qui se passe dans le monde mis en place par l’auteur. On passe des Stark aux Lannister, du désert traversé par Daenerys au Mur qui protège le Nord… la caméra zoome alternativement à des endroits différents (à chaque changement de chapitre) et c’est une richesse indéniable.
En revanche, le revers de la médaille c’est comme je le disais plus haut, le risque de se noyer au milieu de tous ces personnages et également qu’il faut parfois attendre un temps fou pour retrouver un personnage qu’on apprécie (parfois 100 pages !) alors qu’on doit subir des chapitres dédiés à des héros qu’on n’aime beaucoup moins… Pour ma part, j’ai eu un immense plaisir à suivre les aventures de Jon, Arya, Daenerys et Tyrion ; par contre, les chapitres consacrés à Bran et Catelyn (pour ne citer que ces deux-là) m’ont paru assez interminables (mais c’était déjà deux personnages pour lesquels je n’avais pas d’atomes crochus dans la série !).

En m’attaquant à ce monstre sacré, j’avais un peu peur de plonger dans une œuvre exigeante, notamment d’un point de vue du style. J’ai vite été rassurée. Oui les descriptions sont nombreuses et oui l’auteur emploie un certain vocabulaire mais je n’ai pas trouvé que c’était compliqué.
En revanche, je possède une édition avec l’ancienne traduction française, a priori assez décriée et je comprends pourquoi. La syntaxe est parfois assez étrange et bancale et certains choix du traducteur laissent plus qu’à désirer (les “loups-garous” à la place des “Direwolf” qui n’ont absolument rien à voir avec ce qu’on peut imaginer quand on pense à un loup-garou, pour ne citer que cet exemple).

L’autre bémol que j’aimerais souligner réside dans la relation qu’entretiennent Daenerys et son nouveau mari Khal Drogo. L’auteur romantise très vite cette relation – c’est également le cas dans la série télé – alors que la jeune fille n’a pas 14 ans, qu’elle subit un mariage forcé et un viol quotidien. C’est particulièrement malsain.
D’ailleurs, tous les personnages ont gagné quelques années en passant à l’écran car dans cette première intégrale écrite par George R. R. Martin, je vous rappelle que Sansa a 11 ans, Arya 9, Jon 14, Joffrey 12… et leurs parents une petite trentaine d’années ! Ce qui leur arrive est encore plus choquant mais en lisant, j’avais les visages des acteurs de la série en tête donc leur ai moi aussi automatiquement offert quelques années supplémentaires.

Malgré quelques longueurs liés à des personnages que j’affectionne moins, cette première intégrale présente les objectifs des personnages et met déjà en place plusieurs enjeux, notamment politiques. On sent la tension et l’épée au dessus de la tête de la famille Stark pendant des centaines de pages et même si on connaît le dénouement de la saison 1, on espère un peu pouvoir échapper aux scènes finales.
On sent très vite que certains personnages sont très prometteurs : Jon, Arya, Daenerys (pour toujours citer les mêmes) et d’autres nous horripilent dès notre rencontre : Joffrey (évidemment), Lysa Arryn et son fils capricieux Robert (encore plus insupportables à l’écrit que sur écran).

Si la lecture de cette première intégrale n’a pas été une totale réussite, notamment à cause d’un rythme inégal (certains personnages et intrigues ne me passionnaient pas), je reconnais bien volontiers que l’univers créé par George R. R. Martin est d’une grande richesse, très immersif et que certains de ses héros sont particulièrement attachants. Alors, même si j’ai une idée des intrigues futures grâce à la série télé, j’ai tout de même envie de retrouver les Stark, les Lannister et les Targaryen dans les intégrales suivantes…






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