Fingus Malister, Tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais de Ariel HOLZL

Fingus Malister, Tome 1 :
Feux follets, mandragore et cadavre frais
de Ariel HOLZL

Rageot,
2019, 192 p.

Première Publication : 2019

 

Pour l’acheter : Fingus Malister, T. 1

 

Après avoir travaillé dans le jeu vidéo et le cinéma, Ariel Holzl se consacre davantage à l’écriture et publie une nouvelle chez Les Indés de l’Imaginaire, dans l’anthologie Un tremplin pour l’Utopie (collection Hélios), avant de faire la rencontre des Éditions Mnémos. C’est grâce à cette maison spécialisée dans la littérature de genre qu’il publiera Les Sœurs Carmines (collection Naos), son premier roman jeunesse. L’urban fantasy lui trotte dans la tête depuis qu’il a habité à Paris, Tokyo et Dublin. Son univers est né d’une volonté de croiser les genres, de créer des rencontres inattendues entre ses sources d’inspiration : Tim Burton, Terry Pratchett, Neil Gaiman, Edgar Alan Poe, HP Lovecraft, Stephen King, Jane Austen, Italo Calvino, Alexandre Dumas, Émile Zola, Franz Kakfa et bien d’autres… (son site)

 Les Sœurs Carmines, Tome 1 Tome 2

 

♣ ♣ ♣

 

« Préparez une soupe de mandragore avec 120 g de sève de mandragore et 80 g d’or des fous. Mélangez les ingrédients dans un bocal à élixir et faites mijoter une journée à feu follet. Une fois la soupe terminée, il suffit de la répandre sur tout cadavre frais pour qu’il revienne à la vie en quelques minutes. Et le rituel de zombification est accompli ! »
Apprenti seigneur maléfique, Fingus Malister sait comment il va éblouir les jurés de sa future académie de magie. Mais il a besoin de l’aide d’une sorcière plus têtue que lui…


Peut-être avez-vous lu et aimé la trilogie des Sœurs Carmines ? Si oui, vous retrouverez ici avec plaisir, le cynisme, l’humour et l’imagination débordante d’Ariel Holzl.
En revanche, si les aventures des trois sœurs s’adressaient plutôt à un public adolescent, jeune adulte voire adulte ; la quête de Fingus Malister est pensée pour les plus jeunes lecteurs. Ce qui entraîne quelques facilités scénaristiques et un schéma assez classique mais permet à l’auteur d’oser laisser libre cours à son imaginaire.

Fingus Malister, le héros, est un enfant d’une dizaine d’années à la recherche d’ingrédients précis. L’apprenti nécromancien souhaite effectivement présenter un sort bien particulier lors de la sélection pour entrer dans la grande école de magie et pour cela, il faut suivre la recette à la lettre ! Mais les éléments sont bien particuliers et ne se laisseront pas trouver si facilement, il va falloir réfléchir et ruser ce qui n’est pas toujours le fort du jeune Fingus.
C’est un jeune héros débordant d’imagination et qui n’hésite pas à mettre au point des inventions au quotidien mais il fait également preuve de naïveté et n’est pas toujours très débrouillard. Enfin, et c’est certainement ce qui m’a parfois un peu fait grogner, Fingus Malister est un personnage assez détestable (présenté comme tel par Ariel Holzl, c’est parfaitement assumé) mais heureusement, sa meilleure amie Polly Parsley – une petite sorcière rouquine – fait preuve de raison et de beaucoup plus de jugeote que lui. J’ai retrouvé un mélange de Hermione Granger et de Ron Weasley en elle, ce qui n’a pas été pour me déplaire. D’aucun irait même jusqu’à dire que c’est elle, la véritable héroïne de l’histoire.

Côté intrigue, le fil rouge est clairement visible et balisé, c’est un premier tome assez classique dans la forme : chaque ingrédient entraîne sa recherche dans un nouveau chapitre. Cette quête met l’amitié de Fingus et Polly à l’épreuve et les (mauvaises) rencontres sont nombreuses car, comme tout bon héros de littérature l’exige, il faut un ennemi pour mettre des bâtons dans les roues à ses pérégrinations.
Mais, comme je le disais plus haut, c’est la plume d’Ariel Holzl qui offre toute son originalité au texte. Les dialogues sont piquants, rythmés et drôles. Les descriptions sont imagées et efficaces. Rien à dire, l’auteur a une patte bien à lui.

Si je devais apporter un bémol à ma lecture c’est plutôt dans la relation qui unit Fingus et Polly. Assez rapidement (dès les premières pages), on assiste à quelques paroles assez blessantes. Le garçon se moque ouvertement du poids de son amie (présentée comme ronde) et elle ne se défend que mollement, un peu plus loin. Le héros est certes présenté comme un enfant détestable – c’est donc cohérent avec son caractère – mais je n’ai pas réussi à voir un message de l’auteur qui dénoncerait explicitement (ou subtilement mais tout de même que les lecteurs le perçoivent) l’attitude de Fingus.
Peut-être ai-je trop pris les choses au premier degré mais si ça a été mon cas, ce sera peut-être également celui des enfants – public cible du livre – et je trouve dommage qu’on mette en scène une petite fille ronde pour lui lancer des remarques sur son physique. Alors oui, hormis ces moqueries, Polly est présentée très positivement (et tant mieux, c’est une héroïnes très chouette !) mais j’aurais aimé qu’Ariel Holzl insiste plus sur le fait que non, ce n’est ni bien ni normal de traiter son amie de la sorte. Mais peut-être suis-je la seule à avoir relevé ce point, passé inaperçu auprès des autres lecteurs et lectrices ?

Premier tome d’une duologie conseillée aux lecteurs de 9 à 12 ans, Ariel Holzl élargit son lectorat tout en conservant sa plume assez inimitable. C’est assez classique dans le schéma mais c’est haut en couleurs – et en bons mots – drôle et surtout… parfait pour la période automnale !

 

 

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