Les Contes de la rue Broca de Pierre GRIPARI

 

Les Contes de la rue Broca
de Pierre GRIPARI

France Loisirs,
2017, 229 p.

Première publication : 1967

Pour l’acheter : Les Contes de la rue Broca

Pierre Gripari, né à Paris le et mort dans cette ville le , est un écrivain français. (Wikipédia)

 

  

 

Il était une fois la ville de Paris. Il était une fois un café kabyle. Il était une fois un monsieur Pierre. Il était une fois un petit garçon nommé Bachir. Il était une fois une petite fille, une sorcière du placard aux balais, un géant aux chaussettes rouges, une paire de chaussures amoureuses, une poupée voyageuse, une fée du robinet… La rue Broca n’est assurément pas une rue comme les autres.


Parmi tous les titres appartenant à la littérature jeunesse, Les Contes de la rue Broca font partie des textes les plus lus depuis des décennies. Je n’avais pas un souvenir clair de ma découverte lorsque j’avais 8 ou 9 ans ; c’est donc avec un œil neuf (bien qu’adulte) que j’ai pu me plonger dans cette relecture… assez idéale pour la saison !

Initialement publié à la fin des années 60, le recueil proposé par Pierre Gripari contient 13 contes. Tous ne se déroulent pas dans la rue Broca mais y sont au moins racontés par Monsieur Pierre, le narrateur qui est évidemment une incarnation fictive de l’auteur. On retrouve également à plusieurs reprises la boutique de Papa Saïd ainsi que ses deux enfants : Nadia et Bachir, héros plus ou moins principaux de certaines aventures.
Elle est où cette rue Broca ? Eh bien c’est une petite artère qui existe vraiment… à Paris ! Pour les besoins du recueil, Pierre Gripari lui prête une atmosphère un peu magique mais il est vrai que son emplacement réel possède un petit quelque chose d’étrange, dans la capitale historique.

Ces 13 courtes histoires ne m’ont pas toutes convaincue – il y en a certaines que j’ai déjà un peu oubliées ces dernières semaines – mais la grande majorité m’a fait passer un bon moment, et m’a souvent fait sourire. C’est du merveilleux dans le quotidien parisien, c’est imagé, espiègle, drôle et typique du schéma traditionnel du conte (bien que certains soient des parodies de nos classiques).
A noter tout de même un côté un peu dépassé en terme de religion chrétienne (sorte de parabole dans une ou deux histoires) et de statut des femmes (qui ne semblent devoir exister qu’à travers le mariage, plus ou moins contraint à chaque fois…). Bon, ces contes ont maintenant plus de 50 ans, les mœurs et représentations évoluent, heureusement !

Je retiens surtout 5 histoires, celles qui m’ont davantage marquée, qui m’ont fait sourire ou m’ont émue :

  • La Sorcière de la rue Mouffetard. La sorcière veut redevenir jeune et pour cela, elle doit manger une petite fille… elle jette son dévolu sur la petite Nadia. Malgré ses nombreuses tentatives, jamais elle ne parvient à attraper l’enfant jusqu’au jour où… Pierre Gripari propose ici une thématique et un schéma très classique, un peu sur le modèle du conte de randonnée. Rien d’extraordinaire mais une sorcière, des enfants et des éléments magiques ; il n’en faut pas plus pour que ça fonctionne !
  • La Paire de chaussures. Les deux chaussures sont amoureuses et c’est un amour fou. Elles coulent des jours heureux, oubliées de tous jusqu’au jour où, une femme les trouve et… les portent ! Oui mais voilà, alors qu’elle marche, qu’elle met un pied devant l’autre, la chaussure droite est séparée de la gauche et vice versa. L’une après l’autre, les chaussures tentent de rejoindre l’autre, occasionnant des chutes spectaculaires à la nouvelle propriétaire. Tant et si bien que celle-ci finit par aller voir un médecin, complètement incompétent. J’aime beaucoup cette histoire qui, encore une fois fait apparaître de la magie dans notre quotidien (des chaussures douées de sentiments), me fait beaucoup rire par son comique de situations et m’émeut également beaucoup (ben oui, des chaussures séparées parce qu’elles sont portées… c’est beau et triste à la fois, non?).
  • Histoire de Lustucru. Un conte qui sort un peu du schéma classique à mon sens et qui fait même intervenir des faits historiques réels. Pour les expliquer, Pierre Gripari introduit un personnage du nom de Lustucru, jeune homme qui s’est constamment fait spolié ses réussites à cause du ridicule de son nom jusqu’au jour où… il rencontre une certaine Mère Michel ! Vous l’avez ?
  • La Fée du robinet. On repart du côté des contes traditionnels de notre enfance puisque cette histoire est clairement une parodie des Fées de Charles Perrault. Deux sœurs (l’une considérée comme « bonne », l’autre comme « mauvaise ») gagnent un don de la part d’une fée. Dès qu’elles ouvrent la bouche, l’une créé des pierres précieuses, l’autre crache des serpents… mais évidemment, rien ne se passe comme dans le conte classique !
  • La Sorcière du placard aux balais. Je crois que c’était le seul des contes qui m’avait laissé un souvenir d’enfance, notamment la petite ritournelle connue de beaucoup de lecteurs : « Sorcière, sorcière, prends garde à ton derrière ! ». Monsieur Pierre achète ici une maison pour une bouchée de pain. Si elle est si peu onéreuse c’est parce qu’elle est hantée par une sorcière dans le placard aux balais. Celle-ci n’apparaît la nuit que si on l’invoque grâce à la comptine. Le narrateur tient le coup pendant de longues semaines mais, petit à petit, la tentation est trop forte, il chante chaque fois une petite syllabe supplémentaire jusqu’au moment fatidique où la sorcière se retrouve devant lui. Mais elle lui laisse la possibilité de se sauver s’il réussit à lui demander une chose impossible. Il n’a que 3 chances…

On rencontre également un petit diable qui veut aller au paradis, un géant, une poupée visionnaire, un prince et une sirène, un petit cochon insupportable, une pomme de terre et une guitare savantes… bref, une sacrée ménagerie du quotidien (ou presque).

Même si certains aspects ont un peu vieilli, nul doute qu’en en découvrant ces 13 Contes de la rue Broca, les enfants de 2020 souriront autant que ceux de 1967. Un classique indétrônable !

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