Le Journal intime de Cléopâtre Wellington, Tome 1 : Mémoires d’une jeune guenon dérangée de Maureen WINGROVE (alias DIGLEE)

Le Journal intime de Cléopâtre Wellington,
Tome 1 : Mémoires d’une jeune guenon dérangée
de Maureen WINGROVE
(alias DIGLEE)

Michel Lafon,
2017, 235 p.

Première Publication : 2017


Pour l’acheter : Mémoires d’une jeune guenon dérangée


Maureen Wingrove alias Diglee, née le à Lyon est une illustratrice, autrice de bande dessinée et romancière française. (Wikipédia)


  


Cléopâtre a 13 ans, trois chats, des parents divorcés, une petite sœur givrée fan de phoques, une pilosité plus proche de celle du singe que de l’être humain, et doit supporter quotidiennement maintes humiliations et insultes assénées par Clément, le plus sadique mais néanmoins plus beau mec du collège. Heureusement, elle peut compter sur sa BFF Chloé pour lui faire oublier ses drames existentiels à grand renfort de missions d’espionnage nocturnes et de tournage de film d’horreur amateur. Mais cette année, deux nouveaux font leur apparition en classe de quatrième… Et il se peut qu’ils changent considérablement le quotidien de Cléo.


C’est grâce à Ninon (Mlle Opalyne) que j’ai découvert l’existence de cette petite série destinée aux jeunes adolescents et signée Maureen Wingrove – alias Diglee. J’ai largement dépassé l’âge du public ciblé et pourtant, j’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans ce premier tome. Comme un petit air de nostalgie.

Cléopâtre – elle préfère Cléo – a 13 ans. Elle vit la plupart du temps avec sa mère, sa petite sœur un peu dingue et trois chats indisciplinés. Son quotidien ressemble à celui de toutes les adolescentes ou presque : le collège, les garçons, les amies et surtout sa BFF (Best Friend Forever) : Chloé. Cléo et Chloé, un duo de choc. Les deux filles passent leur temps ensemble, à espionner les voisins, à parler de garçons ou à parfaire leurs chorégraphies sur les chansons de Lady Gaga.
Cléo nous raconte avec précision ses journées, dans son journal intime. Elle y consigne ses expériences, ses joies, ses peines, ses doutes… et ses réflexions ! Parce que la jeune fille est à ce moment de la vie où le corps change et nous joue des tours. Elle découvre des poils dans des endroits incongrus (sur ses seins !), se demande si elle est normale et surtout, se rend compte des différences de traitement entre les garçons et les filles, notamment au sujet du physique. Ce sont donc de nombreuses réflexions féministes qui sont éparpillées là-dedans. Rien de trop intrusif ou matraqué, juste ce qu’il faut pour planter une petite graine dans l’esprit des lecteurs. Cléo est en construction, son journal est l’occasion de découvrir son évolution…

Au sujet des relations amoureuses, entre autres. Et là je salue Maureen Wingrove qui ne tombe pas dans l’écueil habituel des amourettes adolescentes – quand l’héroïne ne vit plus que pour son “crush” – mais qui n’en fait pas non plus une adolescente pleine de raison ; il faut tout de même que Cléopâtre reste un personnage crédible. Et oui, à 13 ans, les amourettes sont un énorme sujet d’intérêt et de conversation qui peut parfois faire perdre une grande partie de notre sens commun. Et pas qu’à 13 ans d’ailleurs et pas que chez les filles.
Je modère tout de même un peu mon enthousiasme en apportant un petit bémol (le seul) : je ne suis pas sûre qu’une adolescente de 13 ans soit capable de tant de réparties, d’humour et de recul sur sa propre vie. En tout cas moi, à 13 ans, je n’en étais très certainement pas capable. On sent donc que derrière cette série et derrière cette héroïne, c’est une jeune femme qui a déjà vécu qui nous parle. Oui, c’est largement inspiré par la propre adolescence de Maureen Wingrove, il y a donc un côté très authentique dans les évènements relatés et émotions ressenties, mais est-ce vraiment fidèle au discours qu’aurait pu tenir l’autrice lorsqu’elle avait elle-même 13 ans ? J’ai un doute sur la forme.

Cela dit, ça n’enlève en rien le plaisir de la lecture et les éclats de rire qu’elle entraîne ! Cléopâtre est une adolescente pleine de vie, intelligente, attachante et terriblement drôle. Je garderai très longtemps en tête l’apparition des 5 copines déguisées pour la soirée-boom d’Halloween. Morticia, Gomez, Mercredi, Fétide… et La Chose = Cléo en main géante !
Les références empruntées à la pop-culture sont peut-être un peu “datées” pour les lecteurs de 2020 (?) mais elles ont largement raisonné en moi, ayant grandi dans les années 90.

Maureen Wingrove nous propose un journal plein de fraîcheur et une héroïne décalée mais l’ensemble n’oublie pas d’être intelligent – au contraire ! – en abordant des thématiques universelles telles que les complexes ou le harcèlement scolaire. Finalement, adolescents des années 90 ou de 2020, y a-t-il une grande différence ?


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