Et le désert disparaîtra de Marie PAVLENKO

Et le désert disparaîtra
de Marie PAVLENKO

Flammarion,
2020, 233 p.

Première Publication : 2020

 

Pour l’acheter : Et le désert disparaîtra

 

Marie Pavlenko est née à Lille au XXe siècle. Elle a obtenu un D.E.A. de lettres modernes à la Sorbonne Nouvelle, a vécu un an en Jordanie, puis a été journaliste de presse écrite. Depuis 2010, elle a écrit des scénarios (télé, cinéma, BD), des romans pour jeunes adultes : Un si petit oiseau et Je suis ton soleil (Flammarion jeunesse), qui ont remporté de nombreux prix, La Fille-sortilège (Folio SF), la trilogie Le livre de Saskia (Scrineo jeunesse), mais aussi des romans pour enfants : Zombies zarbis (co-écrits avec Carole Trébor – Flammarion jeunesse), Awinita (Little Urban), ou de littérature générale : La Mort est une femme comme les autres (J’ai Lu). Marie Pavlenko vit à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, elle se consacre désormais à l’écriture de ses romans, pour petits et grands, étudie l’ornithologie, et marche en montagne dès qu’elle le peut. (Flammarion Jeunesse)

 

  

 

Samaa vit dans un monde qui pourrait être le nôtre bientôt. La vie a presque entièrement disparu de la surface de la Terre. Le sable a tout dévoré. Son peuple, nomade, traque les derniers arbres et vend leur bois pour survivre. Samaa aimerait être chasseuse, elle aussi, mais c’est une charge d’homme. Un jour, elle désobéit et suit les chasseurs. Mais le désert a mille visages. Samaa se perd, et fera une rencontre qui changera le destin de sa tribu à jamais.


Marie Pavlenko est une autrice (principalement) jeunesse aujourd’hui bien installée dans le paysage éditorial français mais que je n’avais, pour ma part, encore jamais eu l’occasion de lire. L’erreur est réparée avec ce magnifique Et le désert disparaîtra qui m’a convaincue d’un bout à l’autre !

Dans ce futur qui pourrait être le nôtre, l’eau a disparu et avec elle évidemment, la faune et la flore. La Terre est recouverte de déserts brûlants dans lesquels subsistent quelques rares oasis et les tous derniers arbres centenaires que les hommes abattent et vont revendre pour pouvoir s’acheter des matières premières : eau gélifiée, bouteilles d’oxygène et nourriture. Ces arbres rares sont les dernières richesses de la planète. Les humains survivants l’ont bien compris, mais pas pour les bonnes raisons.
L’ancêtre de la tribu – vivant en marge et considérée comme une vieille folle par notre jeune héroïne – ne cesse de clamer (mais n’arrive pas à se faire entendre des nouvelles générations) que coupés, les arbres comblent des besoins immédiats (en procurant un semblant de richesse : de l’argent) mais que, protégés et multipliés, sur le long terme, ils produisent tout ce qui est nécessaire à la survie des êtres humains… et de la planète entière !

Marie PAVLENKO, portrait de Astrid di Crollalanza trouvé sur Flammarion Jeunesse.

C’est évidemment un discours très écologique que nous propose ici Marie Pavlenko et un discours qui raisonne plus que jamais avec notre actualité et nos problématiques quotidiennes. C’est un court titre qui s’adresse aux lecteurs adolescents, cette nouvelle génération qui, comme l’héroïne du roman, ouvrira peut-être les yeux sur l’évidence et s’élèvera peut-être contre le système établi pour changer le fonctionnement de celui-ci, pour changer sa façon de consommer… une nouvelle génération qui, comme Greta Thunberg, verra peut-être plus loin que l’enrichissement immédiat et permettra, on l’espère, de sauvegarder la planète.

En tant qu’adulte, on pourrait peut-être reprocher un manque de subtilité au propos ; mais je pense sincèrement que pour un lectorat plus jeune, ce court titre pourrait faire non pas l’effet d’un électrochoc, mais plutôt planter une petite graine : celle de la prise de conscience.
Parce que Samaa, la jeune héroïne qui prend vie sous la plume de Marie Pavlenko, pourrait certainement être n’importe quelle adolescente lambda. Alors découvrir ce monde futuriste à travers ses yeux, vivre son expérience et surtout, ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure, voir plus loin et réfléchir aux conséquences de ses gestes c’est, il me semble, une expérience que chaque adolescent de 2020 pourrait – et devrait – accomplir.

Le texte est relativement court, la police et la mise en page sont extrêmement aérées. Alors le témoignage de Samaa se dévore, un peu comme un récit de vie, comme ces expériences que nous relatent des explorateurs qui changent de vie après avoir connu une expérience et une prise de conscience fortes. Oui, il s’agit ici de science-fiction mais la voix de la jeune fille est si prégnante et crédible qu’elle donne l’illusion de réalisme. De ce fait, l’aspect contemplatif du texte – plus de la moitié du récit voit s’étirer quelques dizaines de jours dans à peine quelques mètres cubes – ne m’a pas dérangée, bien au contraire ! L’intérêt principal du texte est bien l’évolution de la pensée de notre héroïne ; si elle passait d’une idée à l’autre sans développement, toute la crédibilité et tout le réalisme seraient perdus.

Et le désert disparaîtra est un sans faute qui a fait mouche chez moi. Et je suis persuadée qu’il aurait été un déclic important dans mon évolution si je l’avais lu lorsque j’étais plus jeune, en “construction”. J’espère qu’il le sera pour les lecteurs adolescents qui le découvrent aujourd’hui, en 2020 !

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