Ceci est mon corps de COLLECTIF

Ceci est mon corps
de COLLECTIF

Rageot / Causette,
2020, 160 p.

Première Publication : 2020


Pour l’acheter : Ceci est mon corps


6 autrices, 6 parties du corps, rassemblées par Causette et Rageot.


♣ ♣ ♣


Ceci est mon corps : puissant ou chétif, d’ébène ou d’albâtre, douloureux ou glorieux, sage ou effronté… Sans constituer ma seule religion, il est sacré et doit être respecté. Il est à moi. Il se métamorphose sans cesse… et je l’assume tel qu’il est !


Petit recueil de nouvelles très attendu ces derniers mois, Ceci est mon corps a été publié grâce à l’association des éditions Rageot et du magazine Causette. Il rassemble six courts textes rédigés par six autrices différentes. Toutes reviennent, sous forme de (auto)biographies sur une partie particulière de leur corps ; corps qu’elles ont souvent détesté enfant/adolescente mais ont réussi plus ou moins à apprivoiser et à respecter. Tel est le message de ce petit livre : vous n’avez qu’un corps, il ne ressemble à aucun autre, c’est le vôtre alors essayez de l’aimer tel qu’il est et d’en prendre soin.

Les cheveux crépus considérés comme trop sauvages et pas comme il faut, les seins qui poussent bizarrement et qui font tant parler d’eux, le sexe féminin finalement si peu connu, le poids qu’on juge toujours trop élevé selon la norme, la beauté imposée par le regard des autres et la société, les intestins qui font des siennes à la moindre anxiété ou encore la question du genre là aussi souvent inculqué dès le plus jeune âge par l’environnement ; tels sont les sujets que nous proposent les six autrices ici rassemblées.

J’ai aimé le texte de Anna Cuxac qui a recueilli les témoignages de Timothée, un jeune homme transgenre – né fille aux yeux de la société – et de sa mère, avec laquelle les relations et le dialogue n’ont pas toujours été simples. C’est plus de l’ordre du journalisme que de la nouvelle mais c’est un texte édifiant, plein de sensibilité, qui ne nous laisse pas indemne car nous apprend beaucoup.
De la même façon, j’ai beaucoup appris et apprécié les deux textes qui s’apparentent plus à du documentaire que de la fiction, proposés par Alizée Vincent et Louise Mey qui reviennent respectivement sur le sexe féminin et les seins. Les deux autrices les définissent, les appellent par tous les noms qui ont pu être imaginés pour les qualifier, les décortiquent, les tournent en dérision et surtout les désacralisent. Ce sont des parties du corps humain comme toutes les autres et ne devraient donc pas concentrer toute l’attention et parfois toute la honte (par complexe) de celles qui les arborent.
Des trois autres nouvelles qui prennent la forme d’un récit, c’est celle de Lauren Malka qui m’a davantage convaincue car à travers une histoire de science-fiction bien construite, l’autrice nous raconte la place que prend un intestin (et la bête qui y habite) dans la vie d’une adolescente. Moi qui suis très facilement sujette à l’intervention de mon ventre-deuxième cerveau quand je ne suis pas sereine, je me suis beaucoup retrouvée dans cette histoire à la fois émouvante, amusante et intelligente.
Ce sont finalement les deux autrices que j’attendais le plus – Ovidie et Faïza Guène – qui sont celles qui offrent les deux nouvelles les plus courtes du recueil et si j’ose dire, celles qui ont finalement le moins de relief et de consistance. Dommage, ça me déçoit un peu et participe à mon ressenti un peu mitigé alors que je tourne la dernière page.

L’initiative est louable, le message est important, les “témoignages” des six autrices ont toute leur place dans ce recueil… mais j’en ressors tout de même un brin déçue. Tout simplement parce que je m’attendais à plus.
Alors bien sûr, je donne un avis du haut des mes 33 ans, alors que j’ai déjà un peu d’expérience de vie et de lectrice ; ce sont donc forcément des impressions un peu biaisées, pas représentatives de ce que pourront ressentir de jeunes lectrices (et lecteurs !) qui commenceraient tout juste leur adolescence. J’imagine qu’à leur âge, à leur place, alors que j’étais naïve et toute “neuve”, j’aurais aimé recevoir ces nouvelles qui m’auraient sans doute permis de remettre en cause le regard que j’avais sur mon corps et qui m’auraient sans doute aidé à être un peu plus en paix avec mon enveloppe.

De ce fait, si l’adulte en moi est plus ou moins convaincue, l’ancienne adolescente ne peut que saluer l’initiative et encourager tous les jeunes lecteurs à se plonger dans ce recueil !


2 réflexions sur “Ceci est mon corps de COLLECTIF

  • 20 septembre 2020 à 23 h 02 min
    Permalien

    J’ai quand même envie de le découvrir. Merci pour cette critique !
    Passe une excellente semaine !

    Répondre
  • 20 septembre 2020 à 9 h 02 min
    Permalien

    J’ai parfois du mal avec les nouvelles (même féministes ;-)) et comme j’ai le nez dans le dernier Faïza Guène dont j’avais adoré “Kiff kiff demain, c’est vrai que j’aurais attendu comme toi avec impatience de lire son texte. Mais je suis quand même convaincue. Les textes ont vraiment l’air intéressant. Je prends ! 🙂

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

error

Vous avez aimé ? Dites-le !

RSS
Follow by Email
YouTube
Instagram