Mers mortes de Aurélie WELLENSTEIN

Mers mortes
de Aurélie WELLENSTEIN

Scrineo,
2019, 368 p.

Première Publication : 2019

 

Pour l’acheter : Mers mortes

 

Aurélie Wellenstein, née en 1980 à Paris, est une écrivaine française, principalement de récits de fantasy. Elle écrit également des romans destinés à un public d’enfance et de jeunesse. Marquée par la lecture de Croc-Blanc et de L’Appel de la forêt de Jack London, c’est dès l’enfance que lui vient l’envie d’être écrivain. Les animaux occupent une grande place dans ses romans : animal réel ou bien totémique, devenir-animaux, réflexion sur notre relation avec notre soi sauvage. (Wikipédia)

Le Roi des fauves
Le Dieu Oiseau

 

♣ ♣ ♣

 

Les humains ont massacré les mers et les océans. L’eau s’est évaporée ; les animaux sont morts. Quelques années plus tard, les mers et les océans reviennent. Ils déferlent sur le monde sous la forme de marées fantômes et déplacent des vagues de poissons spectraux, tous avides de vengeance. Les fantômes arrachent leurs âmes aux hommes et les dévorent. Bientôt, les humains eux aussi seront éteints… Leur dernier rempart face à la mort : les exorcistes. Caste indispensable à l’humanité, les exorcistes sont bien entendu très convoités. L’un d’eux, Oural, va se faire kidnapper par une bande de pirates qui navigue sur les mers mortes à bord d’un bateau fantôme. Voilà notre héros embarqué de force dans une quête sanglante et obligé, tôt ou tard, de se salir les mains…


Lauréat du Prix Imaginales des Bibliothécaires 2020 !

J’ai la désagréable impression d’être complètement passée à côté de ma lecture. TOUT LE MONDE semble avoir adoré Mers mortes, tant et si bien qu’il a même remporté hier le PIB – le Prix Imaginales des Bibliothécaires. J’en viens même à me demander si j’ai lu le même livre que tout le monde.
Pourtant, Aurélie Wellenstein est une autrice dont j’apprécie beaucoup le travail, la preuve avec mes très belles lectures du Roi des fauves et du Dieu Oiseau ; mais avec Mers mortes, ça ne l’a pas fait. Grosse déception.

Dans un monde où l’humain a détruit les mers et les océans

Aurelie Wellenstein nous a habitué à un univers sombre. Mers mortes ne fait pas exception à la règle puisque le monde décrit pourrait être le nôtre, dans quelques dizaines d’années, si nous ne changeons pas nos habitudes en tant qu’être humain. Dans le monde futuriste imaginé par l’autrice, les mers et les océans ont disparu ainsi que toutes les créatures vivantes qui les peuplaient. La faute à qui ? Aux humains évidemment. Directement ou indirectement, les Hommes ont participé à l’assèchement de la planète et au meurtre des animaux marins. Et ceux-ci reviennent se venger sous forme de fantômes, se déplaçant lors de vagues fantomatiques plus ou moins longues et rapprochées.
Les humains sont eux aussi en voie d’extinction, seuls les exorcistes parviennent à protéger de petites communautés rassemblées au quatre coins de la planète. Oural est l’un d’eux et s’enorgueillit de son statut privilégié. Bien sûr chaque nouvelle vague fantomatique lui demande concentration et énergie mais il se sent important au sein de son petit monde. Mais la situation échappe totalement à son contrôle lorsqu’il est enlevé par une bande de pirates. Prisonnier de Bengale, le capitaine, il n’a d’autres choix que d’obéir aux ordres et se faire une place sur le bateau fantôme qui sillonne la planète.

Une intrigue à laquelle je n’ai pas accroché
Aurélie WELLENSTEIN, portrait trouvé sur Whoozone.

L’idée de base (et évidemment le message écologique derrière elle), est originale et plus qu’intéressante/bienvenue. Mais sa mise en œuvre n’a pas du tout fonctionné pour moi.
J’ai eu énormément de mal à entrer dans l’histoire, je n’arrivais pas du tout à m’imaginer les scènes décrites par Aurélie Wellenstein. Ces vagues fantomatiques peuplées d’animaux morts, le bateau pirate qui navigue (sur de l’eau fantôme donc), les agissements d’Oural pour repousser ces créatures mortes… j’ai mis des centaines de pages à réussir à esquisser quelques images dans ma tête. Donc je dois bien l’avouer, je n’ai pas pris un plaisir fou à lire des pages dans lesquelles je n’arrivais pas à me projeter.

Des personnages trop survolés, pas crédibles

J’ai également été très peu sensible aux personnages présentés dans cette histoire. Et j’ai surtout été déçue par leur évolution. Aurélie Wellenstein m’avait habituée à des figures complexes, travaillées dans le détail et qui connaissaient une évolution psychologique d’une grande finesse. Résultat : des personnages presque vivants ou en tout cas, très crédibles. Et ça n’a pas du tout été le cas ici, à mon goût.
J’ai trouvé que les deux héros principaux – Oural et Bengale donc – étaient plutôt basiques dans leur caractérisation, leur personnalité étant tout juste esquissée. Alors leur évolution jusqu’au dernier chapitre ne m’a absolument pas du tout paru crédible et cohérente. Je ne me suis attachée à ni l’un ni l’autre et les ai encore moins aimés. Pas que j’ai jamais aimé les personnages qui sortent de l’imagination d’Aurélie Wellenstein (globalement ils sont loin d’être « aimables ») mais je les avais au moins perçus et presque compris dans ses romans précédents.
Je ne vous parle même pas des personnages secondaires qui gagnent des rôles assez caricaturaux, sans grand relief à mon goût.

Finalement pas assez poussé, peut-être trop “jeunesse” ?

Finalement, j’ai presque l’impression qu’Aurélie Wellenstein a voulu écrire un titre plus « jeunesse » (enfin, young adult) avec ce Mers mortes mais, de ce fait, elle en a perdu la complexité, l’intensité et la force de ses autres récits, plus sombres et plus travaillés à mon goût.

Peut-être n’était-ce pas le bon moment pour moi, mais des trois livres d’Aurélie Wellenstein lus jusque là, c’est définitivement Mers mortes que j’ai le moins aimé. Un rendez-vous manqué. Dommage.

 

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2 pensées sur “Mers mortes de Aurélie WELLENSTEIN

  • 21 mai 2020 à 10 h 59 min
    Permalink

    Je suis assez d’accord avec ta chronique ! Mais de mon côté j’ai trouvé les passages où elle retrouvait le côté horrifique qui caractérise ses précédents écrits très réussis, ce qui a équilibré les aspects assez falots des personnages.

    Ceci dit, je suis hyper tentée par sa dernière parution, Yardam, où elle a l’air de renouer avec un univers très, très sombre et plus adulte 🙂

    Répondre
  • 16 mai 2020 à 16 h 38 min
    Permalink

    C’est un livre qui me tente beaucoup, c’est dommage que tu ne l’aies pas apprécié plus que cela ! Le prochain de l’autrice te plaira peut-être davantage…? 🙂

    Répondre

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