Une Rivière dans les arbres de Jacqueline O’MAHONY

Une Rivière dans les arbres
de Jacqueline O’MAHONY

Les Escales,
2019, 319 p.

Première Publication (vo) : 2019


Pour l’acheter : Une Rivière dans les arbres


Jacqueline O’Mahony est originaire de Cork. Après avoir suivi un doctorat d’histoire aux États-Unis, elle a travaillé comme rédactrice, éditrice et styliste pour Vogue et l’Irish Independent. Elle vit aujourd’hui à Londres avec son mari et ses trois enfants. Une rivière dans les arbres est son premier roman.

 

♣ ♣ ♣

 

Dans la campagne irlandaise, à plus d’un siècle d’écart, deux femmes affrontent les tourments de l’histoire et de leurs vies. Irlande, 1919. Le pays est en ébullition, tiraillé entre les colons britanniques et les indépendantistes. Bravant le risque d’être découverts par les Black and Tans, des factions armées à la solde du gouvernement chargées d’éliminer les résistants, Hannah O’Donovan et sa famille cachent dans leur ferme un petit groupe de rebelles.
Entre leur chef O’Riada, un jeune homme sombre et courageux, et Hannah, une relation passionnée naît aussitôt… Londres, 2019. Ellen, qui a quitté l’Irlande pour l’Angleterre il y a plusieurs années, est dans une impasse : endeuillée, son mariage vacille et sa carrière s’enlise. Lorsqu’elle apprend que la ferme qui appartenait à ses ancêtres est mise en vente, Ellen revient dans le pays de son enfance et plonge dans le passé familial.
Pourquoi sa famille a-t-elle toujours refusé de parler de sa mystérieuse arrière-grande-tante, Hannah O’Donovan ? Un premier roman émouvant et élégant, une plongée au cour de l’Irlande du XXe siècle et de ses tourments politiques.


Une nouvelle autrice irlandaise

J’avais très envie de me faire plaisir à la librairie en janvier dernier. Sur la table consacrée à la littérature étrangère, deux nouveautés irlandaises : Le Bal des ombres de Joseph O’Connor et Une Rivière dans les arbres de Jacqueline O’Mahony. J’ai longuement hésité entre les deux mais des titres de Joseph O’Connor patientant déjà dans ma pile à lire, j’ai eu envie de privilégier une autrice inconnue et un livre dont je n’avais jusque là pas du tout entendu parler.
Il ne sera pas resté très longtemps en attente puisque j’ai profité du challenge The Irish Readathon en mars pour m’y plonger… et quelle déception ! Je crois bien que, finalement, j’aurais dû acheter Le Bal des ombres, ce que je m’empresserai de faire dès que je pourrai entrer dans une librairie.

Un petit hameau dans le comté de Kerry, en 1919 et 2019

La quatrième de couverture annonce un parallèle entre deux époques et deux héroïnes. Effectivement, les chapitres alternent entre 1919 et 2019.
Hannah est la fille aînée d’un fermier du comté de Kerry, dans le sud ouest de l’île. En ce premier quart de XXe siècle, la famille très respectée dans la région, ne roule pas sur l’or mais s’en sort. Dans la chaumière, deux clans semblent se profiler. D’un côté la mère et la petite sœur d’Hannah qui se soucient de mariages et se « satisfont » de la présence britannique sur l’île ; de l’autre le père et sa fille aînée qui n’hésitent pas à prendre des risques pour cacher quelques rebelles irlandais recherchés par l’armée anglaise. En un seul regard, Hannah se laisse séduire par O’Riada, le chef des indépendantistes, peut-être parce qu’il incarne le rêve d’une autre vie, loin de son futur à la ferme.
Un siècle plus tard, Ellen elle, a fui l’Irlande dès qu’elle en a eu l’âge. Elle a épousé un anglais et a adopté toutes les tendances londoniennes. Elle repousse tous les membres de sa famille, trop irlandais et beaucoup trop liés à son passé. Mais alors que son mariage coule, elle trouve une échappatoire dans son pays natal : elle a l’idée de racheter la ferme de ses ancêtres, dans le comté de Kerry. L’occasion peut-être de régler les problèmes de son passé, de tourner la page et d’avoir un nouveau départ.

Hannah la combative, Ellen la paumée
Jacqueline O’MAHONY, portrait trouvé sur Bibliosurf.

Si j’ai plutôt apprécié les chapitres dédiés à l’année 1919, j’ai été beaucoup moins séduite par l’intrigue qui se déroule en 2019.
Hannah est une jeune femme taciturne, peu jolie et peu aimée par les figures féminines de son entourage mais elle le prouve très vite, elle est combative, forte et déterminée. Alors même si les événements qu’elle traverse ne sont pas originaux pour un sou, c’est une héroïne que j’ai aimé suivre… Et même si elle fait des erreurs évidentes et si certains de ses choix sont discutables, elle a conservé mon attachement jusqu’au bout. Ce qui est loin d’être le cas de l’autre personnage féminin principal.
Il faut dire qu’Ellen est une héroïne difficile à aimer. Tout simplement parce qu’elle ne s’aime pas elle-même, qu’elle multiplie les mauvais choix et donc qu’elle incarne une figure paumée et malheureusement, particulièrement détestable. Oui, tous les héros de la littérature ne peuvent pas être forts, beaux, intelligents et aimables – ce qui est bien loin de la vie réelle – mais il m’a été très difficile de m’attacher à cette femme soumise à son mari, incapable de se détacher de sa routine confortable bien qu’elle soit au bord du gouffre et qu’elle en soit consciente. Malgré tout – et c’est le propos de cette histoire – elle finit par trouver le courage d’avancer et de faire changer les choses. Disons que tout détestable que soit ce personnage, l’évolution est là et est plutôt positive. Mais j’ai tout de même eu du mal à lire les passages la concernant.

Finalement, alors que ça semblait évident dans la quatrième de couverture, le parallèle entre les deux jeunes femmes n’est pas si visible que ça. Oui elles appartiennent à la même famille et se retrouvent toutes les deux confrontées à des choix/situations difficiles mais ça s’arrête là. La révélation qui arrive dans les dernières pages ne consolide pas vraiment le lien ; pour moi, la construction narrative n’est pas franchement maîtrisée.

Peu d’informations historiques, peu de dépaysement… une déception !

J’aurais aimé apprendre des choses dans les chapitres plus « historiques » mais c’est très basique. J’aurais aimé voyager dans le magnifique comté du Kerry mais il semblerait que Jacqueline O’Mahony, comme Ellen, ait une dent contre le pays qui l’a vu naître et ses habitants : les clichés sont légion et aucun n’est flatteur. Ajoutez à cela un poil de grossophobie et le tableau est complet.

J’aime l’Irlande, son histoire, ses paysages, ses habitants, sa culture et ses coutumes. Cette Rivière dans les arbres est donc une grosse déception. Alors ce jour-là en librairie, j’aurais mieux fait d’acheter le Joseph O’Connor !

 

2 réflexions sur “Une Rivière dans les arbres de Jacqueline O’MAHONY

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