Le Tyran des songes de Oren MILLER

Le Tyran des songes
de Oren MILLER

Editions EDB,
2016, p. 494

Première Publication : 2016

 

Pour l’acheter : d’occasion peut-être ? (J’espère qu’il sera réédité un jour !)

 

Juriste de formation, Oren Miller s’est très tôt échappée dans des mondes imaginaires qu’elle décide de mettre par écrit en 2009 avec ses premiers romans. Son terrain de jeu favori reste l’adaptation des grands thèmes de fiction et l’exploration des émotions humaines à l’aide d’une plume colorée et bien taillée en pointe, offrant des montagnes russes émotionnelles parfaitement maîtrisées. (L’Homme Sans Nom)

 

♣ ♣ ♣

 

Quand on est protégé par Jack Maubrey et son acolyte Le Chasseur, normalement, on devrait éviter les situations désastreuses. Mais ça, c’est quand on a de la chance. Et Emma a quelques lacunes dans ce domaine. Entre un Triton croisé à la bibliothèque et le Marchand de sable qui semble s’intéresser particulièrement à elle, sa vie prend une tournure digne des romans qu’elle achète toutes les semaines à la librairie. Ressentir les rêves et cauchemars des autres ne signifie pas aimer y vivre. Et pourtant, Emma se retrouve embarquée dans un monde où dieux et déesses, sorciers, magiciennes et autres créatures se disputent une partie d’échec grandeur nature. Lorsqu’en plus la Mort, très mauvaise perdante, s’incruste dans le jeu : on frise dangereusement l’Apocalypse. Un conseil : gagnez… Ou faites comme Emma : courez. Vite.


Aujourd’hui malheureusement fermée, la maison EDB souhaitait mettre en avant des héroïnes atypiques, discrètes ou grandes gueules mais jamais soumises et prenant toujours leur destin en main. Malgré un titre qui laisse présager un héros masculin, Le Tyran des songes met bien en scène une adolescente… pas comme les autres.

Emma est une lycéenne scolarisée à Londres. Orpheline, elle ne peut compter que sur ses deux plus proches amis et, plus discrètement, sur Jack et Vlad, deux libraires auxquels elle rend visite chaque semaine depuis deux ans. Alors que sa vie frise l’ennui, elle se retrouve nez à nez avec un homme étrange qui ne lui veut apparemment pas du bien. En a-t-il après elle à cause du don qu’elle s’efforce de cacher ? Car derrière l’adolescente banale se dissimule un être à part que tout le monde souhaite s’arracher, surtout les dieux.

Oren MILLER, portrait trouvé sur Babelio.

Oui, les dieux, rien que ça. Oren Miller nous propose un roman haut en couleurs dans lequel évoluent de très nombreuses figures de la mythologie grecque. Hypnos, Orion, Circé, Thanatos, Cerbère, les Moires, Astrée, les Néréides… tout le monde y passe ! Et c’est particulièrement bien construit. Imaginez que tout ce beau monde vit en marge de notre univers, dans l’ombre. Là, près des humains mais sans trop intervenir dans nos affaires… ou presque.
Oren Miller nous prouve ici qu’elle a une connaissance aiguë de la mythologie et de toutes ses allégories. Mais elle ne se contente pas de placer ses pions pour décorer, non, elle utilise toutes ces figures intelligemment et on y croit. Un peu comme Sylvie Miller (y aurait-il une coïncidence dans le nom de famille ?) et Philippe Ward dans leur saga Lasser, détective des Dieux, qui là aussi, intègre les mythologies que l’on connaît au monde contemporain (ou presque).

Le contexte est chouette mais qu’en est-il de l’intrigue ? C’est bien chouette aussi. On ne s’ennuie pas, c’est le moins que l’on puisse dire. C’est peut-être même un peu dense tout ça, parce qu’il s’en passe des choses pendant ces 500 pages ! Difficile d’ailleurs de se remémorer chaque action mais l’accumulation participe au rythme soutenu alors on ne va pas se plaindre.
Cela dit, et vous le savez peut-être si vous êtes habitués à lire ce blog, mais j’aime assez les textes plus contemplatifs qui laissent plus de place à la psychologie des personnages… oui les héros offerts par Oren Miller sont très sympathiques à suivre et possèdent tous beaucoup de relief, mais il manque, à mon goût, un peu d’introspection, un peu plus d’intime, ce qui m’aurait permis de ressentir plus d’émotions. Oui, je le répète, j’ai pris plaisir à découvrir Emma et son histoire mais j’aurais été encore plus impliquée émotionnellement si je m’étais sentie encore plus proche d’elle. L’émotion, c’est souvent le petit truc qui manque à mes lectures et qui fait parfois passer la découverte de “belle” à “inoubliable”.

Malgré tout, je félicite Oren Miller pour sa plume, que je découvrais ici. Si je n’ai pas été attendrie plus que ça par Emma et compagnie, j’ai en revanche eu plusieurs fois un franc sourire sur le visage… grâce au cynisme de certains personnages, à commencer par Jack ! Vous aimez La Mort chez Terry Pratchett ? Vous aimerez Jack. Pragmatisme et franc-parler au programme… comme pour Hypnos. Ce qui offre certains dialogues savoureux ! Bravo !

Le Tyran des songes c’est presque la perfection. Il me manque un je-ne-sais-quoi d’émotion pour en faire un coup de cœur mais ce qui est sûr c’est que la découverte d’Oren Miller ne s’arrêtera pas là. Voilà une plume originale et assez inimitable, j’en veux plus !

Merci pour la découverte !

 

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5 pensées sur “Le Tyran des songes de Oren MILLER

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