Le Chagrin du roi mort de Jean-Claude MOURLEVAT

Le Chagrin du roi mort
de Jean-Claude MOURLEVAT

Gallimard Jeunesse,
2009, p. 402

Première Publication : 2009

 

Pour l’acheter : Le Chagrin du roi mort

 

Jean-Claude Mourlevat est un auteur français né à Ambert (Puy-de-Dôme) le 22 mars 1952. Il est particulièrement connu pour ses romans destinés à la jeunesse. (Wikipedia)

 Le Combat d’hiver 

 

 

C’est une petite île froide, quelque part dans le nord. Le vieux roi est mort. Son corps repose sur un lit de pierre, sur la Grand-Place. Il neige. Il sera question de séparation, de guerre, de trois ciels différents, d’un premier amour. Il y aura une prophétie, des êtres qui se perdent dans l’immensité, une sorcière qui mange des têtes de rat…


Le Combat d’hiver lu l’année dernière m’avait convaincue des talents de conteur de Jean-Claude Mourlevat ; j’étais donc curieuse de continuer ma découverte des écrits de l’auteur. Le Chagrin du roi mort semble faire l’unanimité auprès des lecteurs… mais, ai-je été moi aussi sensible à cette histoire ?
La réponse est oui, mille fois oui. Je crois même que j’ai préféré ce deuxième titre, ayant été encore plus émue par les aventures d’Aleks et Brisco. Je suis définitivement sous le charme de la plume de Jean-Claude Mourlevat et ne manquerai pas de lire tous ses autres ouvrages dès que l’occasion se présentera !

Jean-Claude MOURLEVAT, portrait trouvé sur Babelio.

Dans les premiers chapitres, le lecteur fait la connaissance d’Aleksander et Brisco, deux frères jumeaux (ou presque…) de 10 ans. Leur enfance heureuse est alors troublée par la mort du roi qui, alors que son corps est exposé sur son lit de mort, offre une vision et quelques mots prophétiques au jeune Aleks. Les deux frères reprennent malgré tout le cours de leur vie et notamment leurs visites à la grande bibliothèque royale. Traverser celle-ci s’avère digne d’une attraction de fête foraine puisque les visiteurs doivent prendre place dans des wagons et se laisser glisser le long des dizaines de kilomètres de rails. La promenade dégénère pourtant lorsqu’une femme magnifique – mais terrible (un peu à l’image de la sorcière blanche dans Narnia ou de Madame Coulter dans A la croisée des mondes) – s’invite auprès des deux garçons. Brisco se fait enlever, laissant Aleks totalement impuissant, seul et démuni. C’est le déchirement pour les deux frères et malgré les tentatives de leur famille et de la sorcière Brit, impossible de ramener Brisco, dorénavant entre les mains de cette femme – surnommée la Louve – et de son terrible compagnon.
Huit ans plus tard, alors que la guerre fait rage, les deux garçons sont en âge d’aller se battre. Eux qui étaient si proches durant leur enfance sont devenus deux hommes que tout oppose et vont connaître des destins bien différents.

Le Chagrin du roi mort c’est avant tout une histoire d’amour entre deux frères. Mais Jean-Claude Mourlevat ne s’arrête pas là, il traite également de nombreuses autres questions : l’adoption, la famille, la séparation, l’abandon, l’enlèvement et la relation qui peut petit à petit se créer avec le kidnappeur, la guerre, l’Amour avec un grand -A, le fait de grandir tout simplement… tout un tas de sujets qui font appel à l’émotion et sauront sans nul doute toucher les lecteurs.
Mourlevat a l’art de dépeindre les sentiments de ses personnages de façon réaliste et poignante. C’est extrêmement bien écrit et palpable, notamment en ce qui concerne Aleks. D’ailleurs, moi qui ne suis pas une grande fan des histoires d’amour, je suis forcée d’avouer que celle que l’on découvre ici a fait mouche car elle m’a particulièrement émue. Et la plume poétique, visuelle et sensible de Jean-Claude Mourlevat, un peu à l’instar d’un conte, y est clairement pour quelque chose !

J’ai aimé cette histoire et sa construction. Certes, un seul tome de 400 pages peut sembler bien court étant donné la richesse de son contenu, mais je n’y ai pas trouvé de manque. Une grosse ellipse narrative est utilisée par Jean-Claude Mourlevat entre les deux premières parties (entre l’enfance et la guerre) mais ce n’est pas gênant, au contraire ! L’auteur sait faire des rappels dans le récit pour glisser des détails s’étant déroulés durant cette faille temporelle, ce qui, à mon goût, évite les longueurs inutiles et permet donc de rythmer le récit.
Mon seul petit regret au sujet de cette histoire et des choix narratifs de l’auteur réside dans le dénouement. Si j’ai beaucoup apprécié la fin offerte à Aleks, je suis en revanche assez désappointée par celle avec laquelle on quitte Brisco. Certes, c’est un personnage qui n’est pas épargné par les épreuves tout au long du roman et oui, tout ne peut pas être bien qui finit bien pour tous les personnages sinon ce n’est pas crédible… mais j’aurais tout de même aimé en savoir davantage. Pas que ce soit différent, mais que ce soit plus développé à son sujet.

Jean-Claude Mourlevat s’est imposé en quelques années comme un incontournable de la littérature jeunesse et je comprends aujourd’hui son succès, plus que mérité. Des histoires fortes en émotion, qui prennent place dans des mondes imaginaires mais qui abordent des thèmes universels et qui touchent donc le plus grand nombre. Ajoutez à cela un extraordinaire talent de conteur et voilà, vous n’avez plus qu’à vous plonger dans un Mourlevat !

 

 

 

1 commentaire sur “Le Chagrin du roi mort de Jean-Claude MOURLEVAT”

  1. Ce livre me fait déjà très envie à chaque fois que je le croise en librairie, on ne peut pas dire que ta chronique arrange les choses, bien au contraire. Il gagne quelques places dans la wishlist, et ce ne serait pas étonnant de le voir débarquer dans la PAL dans l’année, merci toi…
    En tout cas encore une belle chronique !

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