Le Suivant sur la liste, Tome 1 de Manon FARGETTON

Le Suivant sur la liste,
Tome 1
de Manon FARGETTON


Rageot (Thriller)
2014, p. 266

Première publication : 2014


Pour l’acheter : Le Suivant sur la liste


Née en 1987, Manon Fargetton a grandi à Saint-Malo. Diplômée des Métiers d’Arts en régie de spectacle et un Master en Études Théâtrales en poche, elle est aujourd’hui régisseuse lumière au théâtre et écrit ses livres en parallèle. (Wikipedia)

 L’Héritage des Rois Passeurs 


♣ ♣ ♣


Izia bifurqua dans la rue du collège. Elle consulta sa montre. Parfait. Izia collectionnait les mots sur son carnet de liaison et se faisait un devoir de ne jamais arriver à l’heure. Elle leva un sourcil étonné en apercevant Nathan qui déboulait sur son vélo à l’autre bout de la rue. Elle s’apprêtait à traverser en snobant le passage clouté lorsqu’une Mercedes aux vitres teintées surgit du carrefour. Trop vite. Beaucoup trop vite.
Elle distingue sans peine le regard déterminé du conducteur qui enfonçait la pédale d’accélérateur.
La voiture était déjà sur Nathan.
Elle cria.


Ayant beaucoup aimé L’Héritage des Rois Passeurs cet été, j’avais envie de poursuivre ma découverte de l’oeuvre de Manon Fargetton. Si j’ai choisi Le Suivant sur la liste c’est parce que la couverture semblait indiquer qu’il s’agissait d’une lecture hivernale donc idéale pour le challenge Cold Winter.
Finalement, pas grand chose d’enneigé dans cette histoire mais une intrigue qui fonctionne bien, un suspens bel et bien présent, une plume dynamique et des héros qui sauront sans nul doute séduire les jeunes lecteurs.

Dans le premier chapitre, le lecteur fait la connaissance de Nathan, jeune garçon semblant particulièrement doué avec l’informatique. Très vite, un lien se créé entre lui et nous… et pourtant, encore plus rapidement, le couperet tombe : l’adolescent est renversé – semble-t-il accidentellement – par une voiture devant son collège et il meurt de ses blessures. La pilule est assez dure à avaler mais l’on comprend bien vite que ce personnage présenté comme principal, ne quittera jamais vraiment tous les autres.
En effet, surdoué, Nathan a réussi à créer une intelligence artificielle reprenant ses traits de caractère et continuant à lui survivre après sa mort grâce à des mises à jour bien particulières. C’est cette voix sortant d’une petite boîte (comme un disque dur externe) qui va devenir le guide des autres adolescents dont le lecteur fait très vite la connaissance.

Ils sont quatre autres personnages à évoluer sous nos yeux. Quatre figures bien distinctes, peut-être un poil caricaturales mais qui parviendront à convaincre les lecteurs adolescents car ceux-ci pourront se reconnaître dans au moins l’une d’entre elles.
Morgane est LA jeune fille populaire du collège. Aimée de tous, admirée par beaucoup, enviée parfois, c’est une adolescente à qui la vie réussie et qui réussit dans tout ce qu’elle entreprend. Son quotidien pourrait être idéal si seulement sa mère n’était pas enfermée dans un asile psychiatrique… Mais chut surtout, personne ne doit le savoir !
Izia est au contraire l’adolescente rebelle, en retrait qui vit seule avec son père tatoueur. Toujours en retard en cours, frisant souvent l’insolence, Izia pourrait sembler un peu moins lisse que Morgane mais elle reste tout de même un peu clichée elle aussi. Pas inintéressante mais avec une personnalité assez peu surprenante finalement.

Portrait de Manon FARGETTON.

Samuel est lui aussi un rebelle. Bagarreur, en conflit ouvert avec sa mère, il a lâché l’école depuis des semaines. Il est en colère contre tout et tout le monde (surtout sa mère) depuis la mort de son père qui était son héros. Écorché vif, l’adolescent semble avoir plus de muscles que de matière grise… mais peut-être surprendra-t-il davantage dans l’avenir !
Timothée (le cousin de Nathan), enfin, est peut-être le personnage que j’ai préféré car finalement, il me semble être celui qui est le plus « humain », le moins « personnage de roman cliché ». Lui aussi a connu des années difficiles puisqu’il vit depuis longtemps en asile psychiatrique, dans une chambre voisine de celle de la mère de Morgane. Ultra-sensible, il ne peut se permettre de côtoyer de trop près d’autres êtres humains et préfère donc s’isoler du reste du monde. C’est un adolescent qui semble fragile, presqu’un peu éteint… mais qui réserve de belles surprises ou en tout cas, qui parvient à émouvoir le lecteur.

Mais quel rapport entre ces cinq adolescents qui n’ont aucun lien les uns avec les autres (à part la parenté entre Nathan et Timothée) et qui semblent ne rien avoir en commun ? C’est ce que l’intrigue nous propose de découvrir, par petites pièces au fil des chapitres. Le puzzle se met en place petit à petit et prend vite le chemin du thriller avec, en toile de fond, des manipulations scientifiques pas jolies jolies et des groupuscules extrémistes prêts à tout pour arriver à leurs fins.
Ce n’est peut-être pas l’intrigue la plus originale et la plus surprenante qui soit (course-poursuite d’adolescents qui tentent d’échapper à des adultes crapuleux, découverte d’identités qui jusque là étaient restées cachées, une pointe d’amitié et de romance entre les jeunes héros…) mais elle a le mérite de tenir en haleine d’un bout à l’autre du récit. C’est dynamique, bien mené et bien construit.

Cela tient notamment dans la narration « chorale » utilisée par Manon Fargetton. En effet, le livre est divisé en très courts chapitres qui présentent à chaque fois la focalisation sur un personnage différent. Le lecteur passe très vite d’un point de vue à l’autre, toujours à la troisième personne du singulier mais avec zoom plus prononcé sur l’un des 5 adolescents. C’est donc très rythmé, aucun temps mort, on a l’œil partout.
Malgré tout, et c’est un peu la limite de ce choix narratif, il est plus difficile de s’attacher à 5 personnages qu’à 1 seul qui aurait pu être le narrateur unique. Avoir autant de focalisations donne un peu une impression de survol et de superficialité et c’est un peu dommage. Mais là, c’est l’amoureuse des personnalités très complexes, détaillées et généralement en point de vue interne qui parle.

Si je me mets dans la peau d’un lecteur de 12/13 ans, je me dis que c’est une histoire qui est rythmée, bien fichue, plutôt visuelle et qui propose non seulement des thèmes intéressants mais en plus des personnages variés dans lesquels je peux trouver chaussure à mon pied (ou en tout cas une façon de m’identifier). L’adulte en moi trouve l’ensemble un peu superficiel mais ne boude pas son plaisir. Un peu à la façon d’un téléfilm ou d’une série télévisée, j’ai bien envie de poursuivre l’aventure et de regarder/lire le deuxième épisode !


 


4 pensées sur “Le Suivant sur la liste, Tome 1 de Manon FARGETTON

  • 22 février 2017 à 11 h 26 min
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    bonjour Maureen
    les rois passeurs pour moi fût une lecture épatante je n’aurais pas penser être autant …captivée . j’ai chercher comme toi ce qu’avait produit Manon mais le suivant ne me disait pas plus que çà trop jeunesse et puis… ton article m’a fait me poser la question de façon différente ..pourquoi ne pas me mettre moi!! la sexa 😉 dans la peau de gamins de 13 ou 16 ans l’idée me convient je vois çà à la biblio comme d’hab quand? c’est là la question je suis happée par tant de petits bonbons magiques en ce moment … si je fais un retour dans le temps si le texte est une fraise tagada ou ces bonbons bien chimiques mollassons je crois oublier mes désirs écolos pour tenter le voyage 🙂 au plaisir Maureen merci

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  • 13 février 2017 à 20 h 43 min
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    Je viens de lire l’intégrale et j’ai bien aimé 🙂 Il y a quelques facilités au niveau des actions menées par les adolescents, mais elles me semblent nécessaires pour faire avancer l’intrigue.

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  • 12 février 2017 à 22 h 28 min
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    C’est vrai que j’aurais bien envie de découvrir la plume de Manon Fargetton dans un autre registre !
    Merci pour le billet 🙂

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  • 12 février 2017 à 21 h 49 min
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    C’est amusant, je viens juste de terminer l’intégrale et je partage le même avis que toi ! Je comprends que les jeunes lecteurs adorent, mais j’avoue que je suis parfois restée un peu frustrée par cette impression de superficialité. Mais le rythme soutenu fait que je l’ai lu volontiers malgré ça 🙂

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