Les Filles de Brick Lane, Tome 1 : Ambre de Siobhan CURHAM

Les Filles de Brick Lane,
Tome 1 : Ambre
de Siobhan CURHAM,
traduit par Marie HERMET

Flammarion Jeunesse,
2017, p. 379

Première Publication : 2016

 

Pour l’acheter : Les Filles de Brick Lane, T. 1

 

Siobhan Curham est écrivaine et journaliste freelance. Elle écrit également sous le pseudonyme de Melody James. Elle anime également de nombreux ateliers d’écriture et est coach personnel (Dare to Dream). Elle est une grande fan d’astrologie, des horoscopes et autres prédictions.


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A Brick Lane, un quartier de Londres, Amber, Rose, Sky et Maali sont des adolescentes très différentes les unes des autres. Mais leur désir de liberté et d’aventure les conduit à se réunir pour créer un club secret, les Moonlight Dreamers. Une grande amitié naît alors entre les quatre jeunes filles.


Si j’ai accepté de découvrir le premier tome de cette série estampillée « Young Adult » c’est bien pour la mention d’Oscar Wilde et pour son contexte so british. Parce que si j’aime la littérature jeunesse, j’ai été assez déçue par de nombreuses productions ces dernières années, trop similaires dans le fond, souvent pas très bien écrites, fréquemment niaises… mais j’ai tout de même voulu tenter de découvrir ces Filles de Brick Lane… et j’ai bien fait !
Tout n’est pas parfait mais j’ai passé un excellent moment auprès de ces quatre adolescentes qui n’ont pas été sans me rappeler quatre filles amusantes et leur jean magique

Ces quatre filles du quartier londonien de Brick Lane n’étaient pas destinées à se rencontrer. Différentes sur bien des points, n’évoluant pas du tout dans les mêmes cercles, les quatre adolescentes ont pourtant un point commun : elles se sentent chacune isolées dans leur quotidien, à cause de leur mode de vie, à cause de leur entourage, à cause de leur personnalité… Elles vivent les difficultés liées à l’adolescence mais leur amitié improbable va chacune les révéler, leur permettre de s’accepter, de grandir et de s’épanouir.
C’est Ambre, l’héroïne principale de ce premier tome, qui a l’idée du club. Très grande admiratrice de l’écrivain irlandais Oscar Wilde dénigré durant sa vie à cause de son homosexualité, elle s’inspire de ses textes au quotidien et base la création de son « gang » sur la pensée de cet auteur. Une de ses citations de référence est la suivante : « Sois toi-même. Le reste est déjà pris. » Les chapitres s’ouvrent régulièrement sur des phrases célèbres prononcées par Oscar Wilde et illustrent les aventures quotidiennes des quatre filles âgées d’environ 15 ans.

Qui dit quatre adolescentes dit quatre personnalités différentes et donc quatre intrigues qui s’entremêlent. Tous les lecteurs trouveront facilement leur héroïne préférée, celle à laquelle ils s’identifient le plus. Les romans à plusieurs voix comme celui-ci ont cet avantage qu’ils peuvent toucher davantage de lecteurs différents, je pense.
En revanche, littérairement parlant, ce n’est pas facile de proposer quatre voix narratives différenciées ; Siobhan Curham ne réussit d’ailleurs pas l’exercice à la perfection, il n’y a pas vraiment d’écart entre chacune mais les personnalités des jeunes filles sont tellement opposées qu’on ne peine pas à les reconnaître.

Siobhan CURHAM, portrait trouvé sur sa page Facebook !

Ambre à l’origine de tout, est la fille d’un couple homosexuel. Ses deux pères ont des caractères opposés et si elle s’entend très bien avec l’un des deux, doux et apaisant, elle est en revanche en conflit ouvert avec l’autre, artiste renommé particulièrement centré sur lui-même. C’est souvent la guerre à la maison et la jeune fille doit en plus subir les moqueries en cours puisque la plupart de ses camarades de classe ont du mal à accepter qu’elle puisse être le fruit de l’amour de deux hommes…
Sky peine quant à elle à faire le deuil de sa mère, décédée plusieurs années plus tôt. Elle vit sur une péniche auprès de son père qu’elle adore, ancien hippie irlandais prof de yoga. Ils ont fait le tour du monde tous les deux mais il a décidé d’arrêter là le voyage et les cours à domicile parce qu’il est tombé irrémédiablement amoureux d’une ancienne mannequin sur le déclin. Sky doit supporter l’idée de reprendre des cours au lycée et surtout d’aller vivre dans la grande maison de cette future belle-mère et de sa détestable fille Rose, qui a quasiment le même âge.
Belle gueule, beau corps, Rose voit clairement son avenir : elle suivra les traces de son mannequin de mère et devra toujours offrir la meilleure image d’elle-même. Sauf que l’adolescente ne rêve pas du tout de podiums et de paillettes et ce physique agréable devient chaque jour un peu plus un fardeau pour elle. Comment faire comprendre à sa mère qu’elle n’est pas comme elle ? Sans compter sur l’arrivée du nouvel amoureux de celle-ci et de Sky… qu’elle déteste !
La dernière des quatre filles et peut-être la plus discrète est Maali. C’est une jeune hindoue qui vit à Londres avec sa famille au dessus de leur boutique de confiserie. Douce et très timide, Maali se réfugie chaque jour auprès de sa déesse de l’Amour à qui elle demande soutien. C’est l’adolescente du groupe assez positive et qui est là pour apaiser les tensions ; un peu effacée, j’espère qu’elle saura s’affirmer encore davantage dans les tomes suivants.

Bien sûr la rencontre fortuite peut paraître un peu exagérée, bien sûr tous les éléments se recoupent exactement comme il faut pour que tout se déroule au mieux ; les coïncidences sont un peu grosses et oui, ça peut sembler un peu facile… mais c’est frais, plein de bons sentiments et ça fait du bien au moral.
Je ne suis plus dans la tranche d’âge visée par cette série et pourtant, j’ai été touchée par ces quatre jeunes filles alors je ne doute pas que des lecteurs plus jeunes s’identifieront à celles-ci et seront encore plus émus par leurs aventures. D’autant plus que Siobhan Curham revient sur des thèmes assez actuels en plus des affres habituelles de l’adolescence : l’homosexualité parentale, le choc des religions et des cultures dans des quartiers cosmopolites, le harcèlement à l’école et sur les réseaux sociaux, les familles recomposées, la rédaction d’un blog… Nul doute que ce premier tome saura séduire la nouvelle génération !

A noter par contre quelques coquilles dans le texte (de l’erreur de prénom aux fautes d’orthographe), ce qui me semble assez surprenant pour une maison telle que Flammarion. Ça ne gâche pas la lecture mais c’est tout de même assez présent pour le signaler, dommage.

Après Ambre, je me demande quelle sera la deuxième adolescente mise en avant dans le tome suivant… il me tarde de le découvrir car malgré son caractère résolument jeunesse et Young Adult, cette série baptisée Les Filles de Brick Lane, a su me convaincre sur bien des points. Les héroïnes sont attachantes, les thèmes abordés résolument actuels et l’ensemble se révèle ultra positif et très frais. Idéal pour les jeunes (et moins jeunes) lecteurs !


Merci aux éditions Flammarion pour cette belle surprise !

 

 

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