Le Reste de leur vie de Jean-Paul DIDIERLAURENT

 

le-reste-de-leur-vie-jean-paul-didierlaurent-au-diable-vauvertLe Reste de leur vie
de Jean-Paul DIDIERLAURENT

Au Diable Vauvert
2016, p. 273

Première Publication : 2016

 

Pour l’acheter : Le Reste de leur vie

 

Jean-Paul Didierlaurent, né le à La Bresse (Vosges), est un écrivain françaisAfin d’écrire son premier roman, en gestation depuis plusieurs années, il prend un congé d’un mois sans solde et part à Vauvert en Camargue. « Phénomène littéraire », son premier roman Le Liseur du 6h27, paru en 2014, « fait sensation » en France. Sélectionné pour l’édition 2015 du Cezam Prix Littéraire Inter CE, il est plébiscité par les 3500 lectrices et lecteurs et choisi comme lauréat le . Le Liseur du 6h27, paru Au Diable Vauvert en mai 2014, s’est vendu à 65.000 exemplaires et à près de 200.000 exemplaires chez Folio et a reçu le Prix du Roman d’Entreprise et du Travail, le prix Michel Tournier, le prix du Festival du Premier Roman de Chambéry, du CEZAM Inter CE, du Livre Pourpre et de nombreux prix de lecteurs. Il est traduit dans 29 pays et en cours d’adaptation au cinéma par Mandarin Films. En 2015 sort le recueil de nouvelles Macadam, aux éditions Au diable vauvert, qui rassemble des nouvelles de Jean-Paul Didierlaurent, pour la plupart primées. Le 2 mai 2016 paraît Au diable vauvert son deuxième roman Le Reste de leur vie. (Wikipedia)

 

♣ ♣ ♣

 

Manelle est aide à domicile, elle s’occupe des vivants, Ambroise est thanatopracteur, il rend la mort présentable. C’est le vieux Samuel, un vivant presque déjà mort, qui va permettre leur rencontre, au fil de hasards qui n’en sont pas. D’une ville de province à une autre, un road trip en corbillard, macabre mais joyeux, se met en place à la recherche d’un improbable retournement qui puisse prendre de revers l’issue fatale annoncée.


Troisième et dernier titre lu à l’occasion du Prix du Livre numérique 2016 organisé par Youboox, Le Reste de leur vie était sans doute le plus léger, malgré des thématiques pas franchement marrantes. Si j’ai aimé le côté « feel good » proposé par Jean-Paul Didierlaurent – que je découvrais pour l’occasion – il m’a manqué un peu de profondeur pour que la lecture dépasse le simple bon moment et me marque durablement.
C’est malgré tout avec le sourire et la bonne humeur que j’ai tourné la dernière page du Reste de leur vie… finalement, est-ce qu’on a besoin de plus ?

Court roman à plusieurs voies, Le Reste de leur vie met principalement en scène Manelle et Ambroise.
La première est une jeune aide à domicile dont le travail n’est pas toujours une partie de plaisir… sauf avec Samuel, un vieil homme attachant mais mourant. Les journées de la jeune femme sont ponctuées par ses nombreuses visites à des personnes âgées, très différentes les unes des autres mais l’heure qu’elle passe quotidiennement auprès de Samuel est devenue une habitude dont aucun des deux ne peut plus se passer.
Ambroise est quant à lui un bourreau des cœurs mais malgré son physique de jeune premier, son métier – thanatopracteur – ne cesse de faire fuir ses conquêtes. Gentil garçon élevé par une grand-mère – Beth – bienveillante et protectrice, il effectue toujours son travail avec attention, tentant d’offrir aux morts le plus digne des départs.

Jean-Paul Didierlaurent profite de la première moitié de son récit pour nous présenter ses personnages et poser les bases de l’intrigue. On pourrait trouver cette centaine de pages un peu longuette, mais pas du tout, j’ai même apprécié son sens du détail lorsqu’il dépeint le quotidien de ses héros (assez passionnant ce métier méconnu de thanatopracteur !). Ceux-ci n’en ressortent que plus touchants et attachants.
Les personnages, c’est d’ailleurs, à mon avis, le gros point positif de ce roman. Chacun a sa personnalité propre et tous ont une place bien distincte et indispensable dans l’histoire. Manelle, Ambroise, Samuel et Beth vivent et l’on vit avec eux.

Jean-Paul DIDIERLAURENT, portrait trouvé sur Wikipedia.
Jean-Paul DIDIERLAURENT, portrait trouvé sur Wikipedia.

Evidemment, vous vous en doutez, les deux duos vont finir par se croiser. Le récit se transforme alors en spectaculaire road-trip, dans un corbillard roulant vers la Suisse. C’est parfois un peu loufoque, souvent tendre… et finalement très peu crédible.
Alors la ronchon désabusée en moi a parfois levé les yeux au ciel face à tant de facilité et finalement si peu d’originalité (Manelle-Ambroise, c’était couru d’avance !), il faut dire quand même que la fin style « happy end » est un peu grosse. Tous les éléments se rejoignent évidemment (le père d’Ambroise ne pouvait pas exercer un autre métier), concordent finalement (le timing est impeccable) pour que tout soit bien qui finisse bien. Bon, niveau crédibilité on repassera.
Et en même temps, en cette période de Noël pendant laquelle fleurissent des dizaines de téléfilms un peu niais basés sur le même concept du hasard/destin/coïncidence, lire une histoire qui fait sourire, ça fait du bien. Parce qu’on affronte tous un quotidien plus ou moins difficile, avec son lot de chagrins, de maladies, de morts… et voir que parfois – même si ce n’est pas toujours très réaliste – beaucoup de positif et d’espoir peuvent ressortir de ça… c’est bon pour le moral !

Jean-Paul Didierlaurent est assez fort en cela. Il parvient à traiter de sujets graves de façon assez sensible mais sans jamais s’appesantir sur le négatif. La mort, la vieillesse, la maladie, le suicide assisté… autant de thèmes qui apparaissent dans Le Reste de leur vie et qui sont heureusement contrebalancés par l’espoir, la guérison, l’Amour avec un grand -A (forcément) et, ce que j’ai préféré, l’humour de Beth, la grand-mère cuisinière.

Le style de l’auteur n’est pas extraordinaire mais on ne peut pas nier sa fluidité et les quelques émotions qu’il arrive à faire passer. Quelques dialogues m’ont beaucoup amusée et certaines scènes, un brin rocambolesques, sont dignes des meilleurs road-trip du cinéma. La plume est simple mais efficace, je n’hésiterai pas à lire l’autre roman de Jean-Paul Didierlaurent – Le Liseur du 6h27 – si j’en ai l’occasion.

Alors encore une fois, le discours est peut-être un peu simpliste, l’intrigue pas crédible pour un sou, l’ensemble finalement un peu rapide et, je n’y ai personnellement pas trouvé un caractère très marquant… mais après quelques rebondissements bien sentis, tout est bien qui finit bien, j’ai passé quelques belles heures de lecture et j’en suis ressortie avec le sourire. Une petite douceur à déguster en période de Noël.

 

Merci à Youboox pour cette découverte sympathique !

 

2 pensées sur “Le Reste de leur vie de Jean-Paul DIDIERLAURENT

  • 28 juillet 2017 à 10 h 54 min
    Permalink

    J’avais eu un vrai coup de coeur pour le liseur du 6h27 et ce livre me fait très envie. Ce que j’aime chez Jean-Paul Didierlaurent, c’est que sur la base d’une histoire somme toute classique (monde réel, contemporain, personnes lambda), il arrive à intégrer des notes originales par petites touches (ici, le métier d’un des protagonistes par exemple); Je sens que je vais me le procurer très rapidement!

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