Sirène de Gaëlle BANTEGNIE, illustré par Emmanuelle COLIN


sirene-surfeur-gaelle-bantegnie-emmanuelle-colin-marmaille-et-compagnieSirène
de Gaëlle BANTEGNIE,
illustré par Emmanuelle COLIN

Marmaille & Compagnie
2016, p. 32

Première Publication : 2016


Pour l’acheter : Sirène



Gaëlle Bantegnie est née à Douarnenez (Finistère). Professeur de philosophie, elle vit à Poitiers depuis 2011. Elle a publié trois livres aux éditions l’Arbalète-Gallimard : France 80 en 2010, Voyage à Bayonne en 2012, Au Pays d’Alice en 2015, et a participé aux ouvrages collectifs 14 femmes (Gallimard 2007), Femmes et sport (Hélium 2009). Elle a publié une Lettre imaginaire à Philippe Katerine aux éditions Impressions d’Europe en 2011. Chanteuse dans le groupe punk Les femmes et dans le duo électro-pop La maman et la putain (de 1998 à 2010), elle a enregistré trois albums chez Dialectik
Record et Lafolie Record. Elle est membre du Collectif Othon qui écrit et réalise des films documentaires et de fiction depuis 2002.

Emmanuelle Colin est née où finit la terre (29) et y exerce aujourd’hui son métier avec passion, entre vent et embruns. En 2003, après des études d’architecture à Nantes et le diplôme en poche, elle intègre une agence quimpéroise mais cultive et exerce en parallèle sa seconde passion, l’illustration : elle dessine de petits personnages pour une marque de prêt-à-porter (Patati&patata), des stickers pour chambre d’enfant (pour Acte déco)… L’aventure d’illustratrice indépendante se concrétise de plus en plus lorsqu’en 2010 une toute jeune marque pour enfants, Avenue Mandarine, vient frapper à sa
porte et lui confie une collection d’objets avec ses petites fées « Chuchotine ». Dès lors, les collaborations s’enchaînent pour des poupées à peindre, puzzles, cahiers de coloriage, loisirs créatifs, stickers ou livres jeunesses. En 2014, elle décide de se consacrer exclusivement à son métier d’illustratrice et travaille avec différentes maisons d’édition et marques pour la jeunesse : Bilboquet, Auzou, Lito, Magnard, Ravensburger, Acte déco, Avenue Mandarine, Marmaille & compagnie…


♣ ♣ ♣


Du fond des océans, la sirène est fascinée par les humains dont elle ne connaît que les objets qui s’entassent dans les abysses. Un jour, elle aperçoit un jeune surfeur. Un sentiment étrange l’envahit… En vacances avec ses parents, Tom n’a qu’une envie, apprendre à faire du surf. Pas très confiant, il remporte pourtant une compétition avec le sentiment étrange qu’il a été aidé… La mer, la terre, deux histoires qui se rejoignent dans un livre tête-bêche.


Aujourd’hui, point de romans de fantasy ou de thrillers, non, un joli album pour les plus jeunes. La mer, la plage, le surf. Du bleu, du bleu et encore du bleu.
Très franchement, si je suis tombée sous le charme du visuel, je reste un peu sur ma faim en ce qui concerne le texte. Trop court, trop rapide et finalement qui ne correspond pas à ce que j’imaginais… même si l’idée n’est pas mauvaise !

Le format de cet album intrigue. D’un côté, une illustration de couverture vous présente une jolie petite sirène et quand vous retournez le livre pour en lire le résumé… vous tombez sur une autre première de couverture, cette fois avec un surfeur. Où est le début ? Où est la fin ? Quelle est l’histoire dans tout ça ? Eh bien justement, il n’y a pas un héros mais deux et non pas une histoire mais deux ! Et les deux intrigues s’entrecroisent.
C’est cet aspect qui m’a un peu déçue parce que je l’imaginais différemment. Je pensais que la petite sirène et le petit surfeur se croiseraient, se rencontreraient et feraient un bout de chemin ensemble. Or, si les deux histoires sont reliées l’une à l’autre par un ou deux petits éléments, globalement, les deux héros évoluent dans des sphères différentes et jamais ils ne se retrouvent côte à côte. Naïvement, le résumé m’avait rappelé l’aventure de la Petite Sirène, de son amour pour un humain et donc de leur relation sur terre. Il est clair que cet album s’inspire du conte d’Andersen mais contrairement à l’histoire que l’on connaît tous plus ou moins, la jeune sirène mise en scène par Gaëlle Bantegnie et Emmanuelle Colin retrouve vite la raison et refuse finalement de rejoindre le petit surfeur sur terre. De son côté, celui-ci n’a jamais connaissance de l’existence de la petite fille-poisson et vit son été au bord de la mer comme tous les garçons de son âge, entre compétitions de surf, soirées musicales sur la plage et flirt.
surfeur-emmanuelle-colin-gaelle-bantegnie-marmaille-et-compagnieAlors je suis mitigée par ce choix narratif. J’apprécie ce parti pris de l’auteure et de l’illustratrice qui casse un peu les codes. On insiste un peu plus sur la réflexion de notre petite sirène qui ne fonce pas tête baissée par amour et le surfeur, quant à lui, trouve une jolie humaine avec qui partager son été. On évite les complications et les chagrins pour l’un et l’autre ; c’est plus frais, plus léger. En même temps, c’est presque un peu dommage et triste de ne pas les réunir, non ? Donc je suis mitigée et reste un peu sur ma faim parce que si la boucle est bouclée pour le surfeur et la conclusion satisfaisante, le dénouement n’est pas complètement satisfaisant pour la sirène.

En revanche, visuellement, je suis conquise du début à la fin. Les illustrations sont en pleine page, elles s’étirent sur tous les espaces disponibles et c’est magnifique. Le bleu domine sous différentes teintes et est rehaussé de belles couleurs chaudes, à commencer par le fauve des longs cheveux de la petite sirène. J’ai aimé à la fois les expressions des visages et les arrière-plans, tous deux riches en détails. Les couleurs sont belles, profondes, brillantes et on en profite pleinement grâce à la taille du livre, plus que confortable. L’objet est beau à regarder et agréable à tenir en main. C’est presque dommage qu’il n’y ait pas une dizaine de pages supplémentaires !

Si certains albums pour les plus jeunes privilégient l’aspect pédagogique au détriment du reste, Sirène nous propose ici une lecture purement divertissante, soulignée par la beauté des images qui occupent la totalité des 32 pages. Enfants et adultes en prennent plein les yeux et c’est assez plaisant de faire un tour en bord de mer en cette fraîche période hivernale !


Une pensée sur “Sirène de Gaëlle BANTEGNIE, illustré par Emmanuelle COLIN

  • 4 décembre 2016 à 13 h 34 min
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    Très belle critique, je comprends tout à fait ce qui te gêne dans ce choix narratif.
    Mais vraiment, les illustrations sont à tomber… ♥

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