Into the wild de Jon KRAKAUER

into the wild jon krakauer 10.18 domaine étranger


Into the wild

de Jon KRAKAUER
Editions 10/18,
2010, p. 285

 

Première Publication : 1996

Pour l’acheter : Into the wild

 

Jon Krakauer (né en 1954 à Brookline, Massachusetts) est un écrivain et alpiniste américain, employé par le magazine Outside (en) et qui vit actuellement à Seattle. Sa notoriété provient de son récit intitulé Tragédie à l’Everest (Into Thin Air), qui relate, selon son point de vue, les événements tragiques qui se sont produits lors de son ascension de l’Everest en mai 1996. Cette expédition s’est terminée par la mort de dix de ses participants. Il est également l’auteur de Voyage au bout de la solitude sur le destin de Christopher McCandless, un jeune aventurier américain qui mourra d’épuisement après une intoxication par des plantes, en Alaska. En 2007, Sean Penn adapte le livre au cinéma : Into The Wild. (Wikipedia)

 

♣ ♣ ♣

 

Il avait renoncé au rêve américain. Pour vivre une aventure extrême. En 1992, le cadavre d’un jeune homme est découvert dans un bus abandonné en Alaska, au pied du mont Mckinley, loin de tout lieu habité. Fils de bonne famille, Chris McCandless aurait dû en toute logique devenir un américain bien tranquille à l’avenir sans surprise. Mais, dès l’obtention de son diplôme universitaire, il décide de partir à l’aventure. Après avoir fait don de ses économies à une œuvre humanitaire, il entame son périple sous un nom d’emprunt avec sa vieille voiture, qu’il abandonnera un peu plus tard. Il sillonne le sud des Etats-Unis, subsistant grâce à de menus travaux, avant de réaliser son grand projet: s’installer au cœur de l’Alaska, seul, en communion avec la nature. Mais on ne s’improvise pas trappeur, ni homme des bois… Ce parcours dramatique d’un jeune homme qui a voulu vivre jusqu’au bout son impossible idéal est retracé par Jon Krakauer, l’auteur du best-seller tragédie à l’Everest. Livre-culte dans le monde entier, Into the Wild a d’emblée fasciné Sean Penn, qui en a réalisé une adaptation cinématographique applaudie par la critique américaine.


Cet été, vivant un gros tournant dans ma vie, j’ai eu envie de me plonger dans ce livre écrit par Jon Krakauer. Je ne connaissais pas grand chose de l’histoire de Chris McCandless, n’ayant pas vu l’adaptation offerte par Sean Penn, je savais juste qu’il était question de dépassement de soi, d’idéal, de voyage, de liberté… et c’est ce dont j’avais besoin à ce moment-là.
Finalement, si le fond m’a beaucoup parlé et m’a donné envie d’approfondir le thème en découvrant d’autres témoignages du genre, la forme très journalistique et très « froide » (en tout cas à mon goût), m’a laissée un peu de marbre et c’est bien dommage. Je pense que je regarderai l’adaptation qui semble, de l’avis général, plus « sensible » et donc plus émouvante.

Portrait de Jon KRAKAUER.
Portrait de Jon KRAKAUER.

Into the wild, c’est l’histoire de Chris McCandless, un jeune homme un peu idéaliste, bercé de rêves, qui décide de partir vivre une vie solitaire, loin du système, dès son diplôme en poche. Argent distribué à des associations humanitaires, affaires brûlées, il part en périple à travers les Etats-Unis, un sac sur le dos, des idées et réflexions plein la tête. A travers des auteurs tels que Tolstoï, London et Thoreau (pour ne citer qu’eux), il tente d’atteindre un idéal bien particulier et son objectif à lui, c’est l’Alaska. Pendant deux ans il parcourt les routes, à pied, en stop ou même en bateau ; se lie d’amitié très souvent car malgré son envie de solitude il avait un côté social assez prononcé et savait se rendre aimable et finit par s’installer au cœur de l’Alaska, dans un coin tranquille, peu fréquenté mais finalement pas si reculé. C’est là, dans un bus abandonné, qu’il mourra de dénutrition, sans doute poursuivi par la malchance, très certainement grandi par son voyage et son expérience.

A l’annonce de sa mort en 1992, une polémique s’est créée. Beaucoup de détracteurs n’ont pas hésité à traiter le jeune homme d’insouciant, d’imbécile prétentieux, concluant qu’il l’avait bien mérité. Je trouve les propos vraiment violents et encore aujourd’hui, sur le net, les chroniques/critiques à propos du livre et de l’adaptation continuent souvent en ce sens…
Jon Krakauer, malgré l’objectivité de son métier de journaliste, prend tout de même parti et tente de faire la lumière sur la personnalité et les choix de Chris McCandless. Il apporte également une explication sur sa mort par dénutrition, jugée étrange étant donné l’emplacement du bus (près de zones de chasse et pas si loin de la civilisation).
L’histoire de ce garçon me touche beaucoup parce que je comprends ses décisions et je me reconnais en lui. Ou en tout cas j’aimerais me reconnaître en lui parce que, pour ma part, je ne trouve pas le courage de tout plaquer pour vivre « into the wild ». Moi aussi j’aimerais tenter d’atteindre mon idéal et vivre mes rêves, sans trop regarder en arrière et sans se laisser freiner par les autres. Malgré tout, j’imaginais m’attacher davantage à lui, ressentir plus d’émotions à la lecture de son histoire…

Dernière photo de Chris MCCANDLESS avant sa mort.
Dernière photo de Chris MCCANDLESS avant sa mort.

Je crois que ce qui m’a un peu manqué, c’est de la sensibilité dans la plume. L’auteur est un journaliste, il ne nous propose pas ici un roman biographique et donc pas un récit classique dont Chris serait le personnage principal. Il s’agit d’un témoignage étayé par des extraits de journaux, par le point de vue de l’entourage du jeune homme, par les réflexions de Jon Krakauer lui-même… C’est lui qui utilise la première personne du singulier et qui nous relate, de façon un peu décousue et assez froidement, toutes les informations qu’il a pu récoltées au sujet de McCandless. Pour moi, ça manque un peu de liants et encore une fois, un peu d’émotions.
Je salue tout de même le travail d’investigation de l’auteur qui a su, à mon avis, assez bien comprendre la personnalité du jeune homme et lui offre ici un bel hommage ainsi qu’à tous les autres jeunes explorateurs qui ont eux aussi connu des aventures (et des fins) assez similaires et que j’ai été ravie de découvrir à travers ces pages. Voilà de nouvelles pistes de lectures que je ne manquerai pas de suivre quand l’occasion se présentera !

Contrairement à ceux qui ont jugé (et jugent encore) Chris McCandless d’insouciant prétentieux, je suis assez admirative de son courage et des décisions qu’il a su prendre dans sa courte vie. Bien sûr, sa fin fût tragique et aurait peut-être pu être évitée mais il a su suivre un idéal, vivre ses rêves et a sans doute réussi à connaître ce qu’on appelle la Liberté.

 

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6 pensées sur “Into the wild de Jon KRAKAUER

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  • 12 septembre 2016 à 20 h 41 min
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    Malgré la critique un peu mitigée, tu me donnes bien envie de le lire. La personnalité de ce Chris m’attire comme un aimant. J’aimerais tellement moi aussi avoir un jour le courage de vivre mes rêves d’indépendance et de liberté.

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  • 12 septembre 2016 à 18 h 26 min
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    Je n’ai pas lu le livre, mais comme les autres, je ne peux que te recommander chaudement de voir le film.
    Très beau, porté par de magnifiques paysages et de très bons acteurs, et une chouette B.O, pour en faire une ode à la liberté plutôt émouvante.

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  • 12 septembre 2016 à 15 h 46 min
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    Je n’ai pas aimé ce livre, je l’ai trouvé décousu et très mal écrit, on voit bien en effet que ce n’est pas un écrivain mais un journaliste qui l’a écrit. En revanche, j’ai trouvé le film beau, les images sont splendides.

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  • 12 septembre 2016 à 14 h 00 min
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    Je crois que je vais m’abstenir de lire ce titre : l’adaptation est tellement belle et restera un classique de mon adolescence, je ne veux pas « gâcher » ça.
    L’insouciant prétentieux a quand même tout plaquer pour partir tout seul, sans rien, en Alaska pour vivre selon ses principes… C’est tout de même un peu plus téméraire et admiratif que la chasse aux Pokémons de notre époque ! 😉

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    • 12 septembre 2016 à 14 h 04 min
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      Je vais essayer de regarder le film ce soir.
      Je crois que les gens lui reprochent aussi son égoïsme par rapport à sa famille et son entourage, son manque d’attachement et de tendresse pour les personnes qui l’aimaient et donc la souffrance qu’il a pu causer. Je comprends cet argument mais pour moi, ça ne fait pas de Chris une « mauvaise » personne. 🙂
      Moi j’suis dégoûtée, j’peux pas installer Pokemon Go sur mon smartphone ! Snif ! :p

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