Trollhunters de Guillermo DEL TORO et Daniel KRAUS

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Trollhunters

de Guillermo DEL TORO
et Daniel KRAUS
Bayard,
2016, p. 382

Première Publication (VO) : 2015

Pour l’acheter : Trollhunters



Guillermo del Toro est un réalisateur, scénariste, romancier et producteur de cinéma mexicain né le à Guadalajara, dans l’État de Jalisco.


♣ ♣ ♣


En 1965, des enfants disparaissent mystérieusement dans une petite ville de Californie. Jack Sturges, 13 ans, est enlevé à son tour, sous les yeux horrifiés de son frère Jim.
Quarante-cinq ans plus tard, le fils de Jim, Jim Junior, doit supporter la paranoïa de son père, qui a transformé la maison en forteresse pour protéger sa famille. Pourtant, une créature étrange réussit à se faufiler dans la chambre du garçon et le kidnappe…
Attention : des trolls sortent de l’ombre et s’attaquent aux humains, leur plat favori…


Je crois que je n’ai jamais vu un film réalisé par Guillermo del Toro… même pas Le Labyrinthe de Pan (mais c’est prévu) ! J’ai donc accepté avec curiosité et sans aucun a priori la proposition de Babelio et je ne regrette pas, j’ai adoré cette histoire !

Après quelques chapitres introductifs racontant le passé de Jim (père) alors qu’il était enfant, le lecteur entre dans le vif du sujet, dans le présent de Jim Junior alors que celui-ci a quinze ans et bien du mal à trouver sa place au lycée. Ultra-protégé par un père paranoïaque, Jim Junior ne possède aucune liberté, il doit rentrer dès que la nuit tombe. Exit les fêtes avec les copains… et exit les copains tout court. Son seul et unique ami – Tub ? – ne l’aide pas à améliorer sa situation sociale puisque, en surpoids et affublé d’un horrible appareil dentaire, il fait lui aussi partie de la catégorie « loser » du lycée. Dur dur de s’intégrer. Les cours de gym (la corde !) sont un enfer, traverser le couloir sans tomber sur le roi du racket devient un parcours du combattant et réussir à séduire la jolie nouvelle (so british) de la classe n’est pas de tout repos.
La vie de notre héros suit son cours, jusqu’au jour où celui-ci commence à être le témoin d’événements étranges. Des yeux rouges qui apparaissent dans la nuit, une ombre dans le placard et sous le lit… et si la disparition, quarante ans plus tôt, de son oncle Jack (le frère de Jim Père) avait un rapport avec ces apparitions ? Et s’il y avait vraiment des monstres qui épient et kidnappent les enfants dès que la nuit tombe ?

Après une première centaine de pages qui met bien dans l’ambiance et que j’ai franchement adorée, la lumière se fait sur la situation de Jim Junior et sur ce qu’on attend de lui. Une double vie va alors commencer pour lui, loser le jour, héros la nuit. Toujours accompagné – ou presque – de son inséparable meilleur ami et d’autres personnages assez hauts en couleurs que je vous laisse découvrir.
J’ai beaucoup aimé suivre le héros proposé par Guillermo del Toro. Ce n’était pas gagné car il s’agit d’un adolescent et que, globalement, aujourd’hui, j’ai un peu plus de mal à m’attacher à un héros si jeune ; mais il m’a émue. Il m’a fait sourire à de nombreux moments car c’est un garçon qui maîtrise parfaitement le second degré et qui se retrouve dans des situations qu’il réussit à tourner en dérision lorsqu’il nous les raconte mais il m’a aussi touchée, notamment lorsqu’il évoque la relation difficile avec son père ou tout simplement lorsqu’on assiste à certaines scènes difficiles de son quotidien. J’ai aimé le voir évoluer tout au long du roman et je serais vraiment ravie de le retrouver dans une prochaine aventure !
Les figures qui l’entourent – humaines ou non – sont elles aussi bien croquées et très agréables à fréquenter ! Souvent très drôles et la plupart du temps parfaitement décalées comparées à leur environnement, elles m’ont souvent fait sourire. Ce sont, à mon goût, de vrais bons personnages secondaires qui servent parfaitement le récit car y ont une place et un rôle importants et ne se contentent pas de meubler le décor.

Guillermo DEL TORO et Daniel KRAUS.
Guillermo DEL TORO et Daniel KRAUS.

Vous l’avez sans doute compris, l’humour est très présent dans cette histoire, mais jamais trop envahissant. Il remplace petit à petit – et avec mesure – l’aspect angoissant qu’avait tout d’abord mis en place le récit. Que ce soit à travers ses amusants personnages ou grâce à quelques scènes rendues moins graves grâce à un petit trait d’humour, le lecteur sourit souvent… et on en redemande !
La première centaine de pages m’a beaucoup plu car a très bien fonctionné sur moi. Les disparitions d’enfants qui se multiplient dans la nuit, les présences perçues dans l’ombre, le doute, l’angoisse… franchement je m’y croyais ! Mais je ne regrette pas que Guillermo del Toro et son comparse Daniel Kraus aient choisi de changer un peu de voie et de continuer sur une note plus légère. Un peu à la Monstres & Compagnie, par exemple. De l’émotion en pagaye, des monstres pas forcément si monstrueux et surtout, du fun !
On sent parfaitement le côté « réalisateur » derrière ce récit puisque les scènes sont très imagées et il n’est pas difficile de les imaginer sur grand écran. D’ailleurs, bonne nouvelle, Trollhunters sera adapté dans un film d’animation dans quelques mois… main dans la main avec DreamWorks, voilà qui promet !

Et si tout ce petit laïus ne vous avez pas convaincu, peut-être le serez-vous par l’utilisation du folklore « faërique » ? En effet, Guillermo del Toro remet au goût du jour les mythes tels que les trolls, leurs ponts et leur peur de la lumière (qui les transforme en pierre) ou encore les changelings typiquement irlandais. Créatures de l’ombre présentes partout, facétieuses parfois à la limite de la cruauté, ces trolls aux allures différentes nous rappellent un imaginaire commun. On se souvient alors, pourquoi enfant, on avait peur de regarder sous le lit avant de se coucher !

Prenant car imagé, effrayant, drôle et émouvant, Trollhunters nous conte l’aventure rythmée d’un adolescent pas tout à fait comme les autres car, malgré des airs banals le jour, il combat le Mal chaque nuit… Roman jeunesse mais pas que, j’ai été totalement séduite par l’imaginaire « faërique » remis au goût du jour par Guillermo del Toro et par l’évolution intéressante qu’il offre à son héros. J’espère un tome 2, un jour !



Challenge A la recherche de Faerie

 

1 thought on “Trollhunters de Guillermo DEL TORO et Daniel KRAUS”

  1. Je ne peux pas juger du livre, mais j’ai vu la série animée qui a débarqué sur Netflix fin décembre.
    L’intrigue reste assez classique mais plaisante, on se prend au jeu, notamment grâce à des personnages plutôt attachants et à beaucoup d’humour (avec Toby, le meilleur ami de Jim, en tête). L’animation est assez réussie (lorgnant du côté de Dragons niveau esthétique (Dreamworks oblige), sans que ça soit aussi beau que les films, question de budget, plutôt de la série animée dérivée), même si les décors côté humains restent assez pauvres mais rien de dramatique.
    On a une vraie histoire qui se développe sur 26 épisodes sans bouche-trou, et si le tout reste plutôt jeunesse, la série arrivera aussi à séduire les plus vieux (la preuve avec moi). Sans être une grande série, on passe tout de même un bon moment de détente.
    Par contre, au vu de ce que tu nous en dis, je note des différences avec le livre, notamment le fait que dans la série Jim vit avec sa mère et n’ont pas du tout les mêmes rapports, et le côté inquiétant qui semble avoir été beaucoup gommé (à part pour une ou deux petites séquences) pour laisser la place à une série vraiment jeunesse.
    J’aurais été tout de même bien curieux de découvrir ce qu’aurait donné une série plus fidèle, mais je suppose que le mieux est encore que je lise le roman pour ça, d’autant que comme je le disais la série telle quelle se regarde sans déplaisir et semble éviter un peu la redite par ces changements.

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