Que votre moustache pousse comme la broussaille ! de Muriel GILBERT

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que votre moustache pousse comme la broussaille ateliers henry dougier muriel gilbertQue votre moustache pousse comme la broussaille !
de Muriel GILBERT
Ateliers Henry Dougier,
2016, p. 144

 

Première Publication : 2016

Pour l’acheter : Que votre moustache pousse comme la broussaille !

 

Correctrice au journal Le Monde, Muriel Gilbert défend bec et ongles sa langue maternelle ; traductrice de formation, elle se réjouit aussi du bonheur et de l’enrichissement des échanges, des “adoptions”. Belle façon, selon elle, d’ouvrir les bras, le cœur, la tête et le dialogue avec l’étranger, l’autre, le différent, le “particulier”.

 

♣ ♣ ♣

 

Quand les français racontent que, la nuit tous les chats sont gris, les Slovènes jugent que ce sont les vaches qui sont noires ; quand il nous manque une case, il manque une vis aux Espagnols, un peu de cuisson aux Britanniques et des tasses dans le placard aux Allemands.
Dans l’esprit de la chronique “Espèces d’idiomes” publiée par Muriel Gilbert à l’été 2014 dans Le Monde, ce livre est un tour de monde léger façon bout-de-ficelle et selle-de-cheval d’idiotisme en idiotisme, une balade gourmande au milieu de ces particularismes intraduisibles qui feront le sel de la conversation et le génie des langues.

 

Que votre moustache pousse comme la broussaille !… mais qu’est-ce que c’est que ce titre ?! Voilà la traduction française de l’expression qui est utilisée en Mongolie pour souhaiter un « A vos souhaits ! »… vous trouvez cela amusant ? Alors procurez-vous ce petit ouvrage dès sa sortie au début du mois de mai, je pense que vous allez vous régaler !

Un peu moins de 150 pages et 18 chapitres thématiques (la nourriture, les animaux, les couleurs, l’Amour…) pour vous faire voyager autour du globe, d’une expression amusante à une autre. Qu’est-ce que j’ai ri ! Ce petit ouvrage c’est une bouffée d’air frais, un concentré de bonne humeur et de bons mots.
Muriel Gilbert ne se contente pas de nous faire un catalogue qui pourrait très vite être ennuyeux… non ! Là, impossible de s’endormir sur une page tant le voyage est ludique et instructif. Correctrice au journal Le Monde, l’auteure sait jouer avec le langage et a le verbe haut. Comme elle le dit si bien, ce sont « ces particularismes intraduisibles qui font le sel de la conversation et le génie des langues » ; la communication avec l’Autre, malgré les différences (et les ressemblances), voilà la meilleure façon pour échanger et s’enrichir mutuellement.

A la façon d’une « boîte de chocolats » (c’est à nouveau Muriel Gilbert qui le dit), voilà un petit livre dans lequel vous pourrez piocher à loisir et y revenir aussi souvent que vous le souhaiterez ; commençant par le début, par le milieu ou par la fin, lisant un paragraphe et pas le suivant… ou dévorant goulûment toute la boîte de A à Z. Ce que j’ai fait et j’en redemande !
Bien sûr, en en faisant une lecture « classique » comme un roman, on ne retient pas tout. C’est en y revenant ensuite, au besoin, que l’on pourra retrouver telle ou telle expression. Lors de la première lecture boulimique, on dévore toutes les pages et on rit, on se fait plaisir.

 

Je ne peux pas résister à l’envie de vous citer quelques expressions prises au hasard :
– En Afrique, « Ne te moque pas du crocodile avant d’avoir atteint l’autre rive. » (« Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. »)
– En Russie, « Quand l’écrevisse sifflera dans la montagne. » (« Quand les poules auront des dents. »)
– Au Royaume-Uni, « Ce n’est pas l’outil le plus affûté de la boîte. » (« Il n’a pas inventé l’eau tiède. »)
– En Espagne, « comme deux pistolets à un Christ » (« comme un tablier à une vache »)

 

Muriel GILBERT, portrait trouvé sur France Inter (2011).
Muriel GILBERT, portrait trouvé sur France Inter (2011).

C’est là qu’on peut se rendre compte des particularismes de chaque peuple : où le québecois sera assez amusant et imagé, l’espagnol sera plus souvent tourné vers la religion et les français/anglais ont gardé quelques anciennes rancunes l’un envers l’autre (« filer à l’anglaise »/ »filer à la française »). L’Histoire des peuples a laissé des traces dans les mémoires, dans les paysages, mais aussi et surtout dans les langues… et c’est assez passionnant de redécouvrir tout ça !

Pour finir, quelques mots sur le livre-objet. J’aime beaucoup le visuel adopté pour ce titre (et de façon générale aux Ateliers Henry Dougier), c’est très graphique et coloré, assez simple mais moderne et percutant. Les ouvrages sont agréables à avoir en main et à parcourir, un vrai confort de lecture !
Dans celui-ci, certaines expressions sont mises en avant, soit en pleine page avec un jeu entre la traduction française et la langue d’origine, ou plus simplement en milieu de page entre deux paragraphes (avec une police de caractère plus importante). Les entrées de chapitres sont annoncées par un peu de couleur (orange/saumon ?) et par une pleine page décorée de formes géométriques, très graphique comme je vous le disais.

Pas besoin de s’étendre plus avant sur ce court titre que j’ai dévoré et que je vous invite fortement à découvrir à votre tour (sortie prévue début mai) ! 150 pages pour voyager, s’amuser et apprendre… qu’attendez-vous ?

 

Merci aux Ateliers Henry Dougier pour ce nouveau coup de coeur !

 

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