Les Herbes de la Lune, Tome 2 de Anne LAURE

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Les Herbes de la Lune,

Tome 2
de Anne LAURE
Editions du Chat Noir,
2015, p. 222

 

Première Publication : 2015

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Normande déracinée dans la grisaille parisienne, Anne Laure renoue avec les paysages brumeux de son Cotentin natal à travers la rêverie et l’écriture. La mer et la nature sauvage l’emportent dans un imaginaire lointain peuplé de croyances et de légendes anciennes. Un jardin secret qui lui permet parfois de s’évader loin du pragmatisme professionnel du monde de l’immobilier et de la construction. Trentenaire et maman de deux jeunes enfants, Anne Laure livre avec Les herbes de la lune son premier roman.

Tome 1 

 

♣ ♣ ♣

 

« Mon équilibre personnel me faisait penser à un sablier. Il était de mon devoir de garder la même quantité de sable de chaque côté de l’ampoule en verre. Vie humaine. Vie druidique. En franchissant la ligne, je me perdrais. » Après avoir embrassé sa véritable nature, Abigail va faire face à ses ambivalences pour gagner sa place au sein de la communauté, entre apprentissage et déboires sentimentaux.

 

Après un bon premier tome d’exposition, le lecteur retrouve ici la jeune Abigail, héroïne en pleine quête identitaire. Entre questionnements au sujet de son futur universitaire, de sa relation amoureuse, de l’identité de ses ancêtres et surtout de sa nature profonde, la jeune femme a beaucoup à gérer et c’est loin d’être facile au quotidien. Sur fond d’anciens rituels et traditions, dans une Bretagne toujours aussi séduisante et mystérieuse, on suit avec passion l’évolution de cette héroïne pas tout à fait comme tout le monde.

Le point le plus positif de ce petit diptyque, et surtout de ce deuxième tome, c’est l’ambiance. On est très facilement transporté jusque dans les forêts bretonnes, dans lesquelles se déroulent des rituels bien rodés et un peu mystérieux pour nos yeux non-initiés. La nature joue un rôle important et fait quasiment office de personnage secondaire. J’aime que le parfum des arbres, l’intensité de la lumière lunaire ou le souffle du vent soient palpables lors de mes lectures et c’est définitivement le cas ici, ce qui donne un aspect encore plus magique et mystique au texte. Anne Laure maîtrise son sujet, elle sait créer une atmosphère et nous plonger dans son récit. On en oublie la réalité qui nous entoure et ça c’est gage de qualité, à mon avis.

Cette histoire se veut donc plus contemplative et introspective que vraiment tournée vers l’action pure et dure. Ce n’est pas un défaut selon moi, bien au contraire, mais il vaut mieux être prévenu. Vous assisterez à quelques conflits ouverts et même à quelques combats mais globalement, les choses se passent plutôt du côté de l’esprit.
Et comme nous suivons l’héroïne à travers son témoignage, à la façon d’un journal intime avec ses différentes entrées quotidiennes, l’introspection est tournée vers ses réflexions à elle. Nul doute que les lectrices adolescentes et jeunes adultes pourront s’identifier à elle car trouveront un écho à leurs propres questionnements (notamment au sujet de la fac, des relations amoureuses et parentales…). Abi n’étant pas tout à fait comme les autres, ses doutes se tournent aussi et surtout vers la maîtrise de ses pouvoirs : sont-ils vraiment des dons ? sont-ils dangereux ? qu’est-ce qu’ils signifient vraiment ? font-ils d’elle une bonne ou une mauvaise personne ? Autant de réponses qu’elle devra trouver seule, dépassant ses limites.
J’ai (largement) dépassé l’âge de l’héroïne mais je l’ai tout de même trouvée touchante et j’ai eu plaisir à suivre son évolution. Un peu comme si une petite sœur avait grandi sous mes yeux. Et j’ai été heureuse de lire les dernières pages, rassurée par l’avenir qui s’ouvre à elle.

Anne Laure
Anne Laure

Les personnages secondaires sont quant à eux assez forts, pour ceux que l’on côtoie le plus. J’avais déjà pu apprécier l’entourage proche d’Abigail dans le premier tome : sa grand-mère Agathe et André, l’ami de celle-ci… ma sympathie pour ces deux-là s’est largement confirmée ici. On passe un peu moins de temps avec les amis de l’héroïne, ce qui peut manquer un peu… mais on se concentre vraiment sur elle donc ça ne manque pas. 
En revanche, je dois avouer que Tim reste un tout petit peu fade à mon goût. Je ne lui trouve pas une personnalité très marquante même si son côté rassurant reste séduisant. Il manque un peu de charisme ce jeune homme.

Le seul petit bémol que j’apporterai réside dans la narration. J’ai trouvé le texte globalement fluide mais, la construction un peu hachée de récit m’a parfois déstabilisée. Je ne suis pas contre le choix d’une narration pas vraiment linéaire puisque ça donne un peu de rythme, complexifie et enrichit l’ensemble ; mais là, à une reprise notamment, j’ai justement trouvé que ça me coupait un peu trop dans mon élan. Sans spoiler, on assiste à une énorme ellipse narrative entre deux chapitres, sauf qu’il faut tourner pas mal de pages pour avoir l’explication de ce qui a pu se passer pendant ce laps de temps, ce qui entraîne une légère incompréhension (pourquoi les personnages en sont là ? pourquoi ils réagissent ainsi ?). Pas inintéressant en soi, mais peut-être un peu brutal et donc maladroit ?
Pour le reste, c’est vraiment très agréable à parcourir. Comme je le disais plus haut, on suit l’histoire du point de vue (quasi) unique de la jeune Abigail. Le côté journal intime offre une belle proximité avec l’héroïne. Anne Laure sait parfaitement s’adapter au langage et aux pensées d’une jeune adulte : c’est crédible, naturel.

Après ce voyage au coeur de la Bretagne druidique grâce à ce beau diptyque, j’attends de pied ferme le prochain récit d’Anne Laure. Encore un peu plus de magie et d’anciennes traditions ?

 

La playlist qui m’a accompagnée pendant cette lecture.

 

2 thoughts on “Les Herbes de la Lune, Tome 2 de Anne LAURE”

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