Le Coin des BD [11]

Après des mois à découvrir de nouvelles bande-dessinées sans les chroniquer, voilà un nouveau numéro du coin des bd consacré à trois titres « humoristiques »…

 

♣ ♣ ♣

 

young lovecraft 3 bztolo torres josé oliver kettledrummer books diabolo edicionesYoung Lovecraft, Volume 3 de José OLIVER, illustré par Bartolo TORRES (vo).
KettleDrummer Books et Diabolo Ediciones, 2013, 106 pages. Pour l’acheter : Young Lovecraft, Volume 3

Fanciful and gothic, the alternate vision of H. P. Lovecraft’s biography continues in this imaginative graphic telling of the famed writer’s youth. The not-so-normal boy and his ghoulish friends tackle everyday problems of schoolyard bullies, first crushes, and the occasional Cthulhu. Little ‘Howie’ takes a break from the boredom of homework by visiting the realm of sleep, where his encounters are not quite what he expects. The comical adventures of this macabre crew treat fans of the horror genre to ample literary references, with witty surprises from punk and pop culture.

Depuis des mois (des années), je me dis qu’il faut que je lise davantage en vo. Or, même si j’ai plein de livres en anglais dans ma bibliothèque, je ne prends pas le temps de m’y plonger, peut-être un peu réticente face à la longueur… alors j’ai décidé d’emprunter quelques bande-dessinées en vo à la bibliothèque. Le fonds n’est pas énorme mais il y a tout de même de quoi trouver son bonheur…
J’ai choisi ce titre-là, intriguée par la mention de Lovecraft. Il s’agit d’un tome 3, les deux précédents ne sont pas disponibles à la bibliothèque, mais ils peuvent tous se lire aléatoirement, je pense. En revanche, même s’il n’est pas foncièrement nécessaire de connaître l’oeuvre de H. P. Lovecraft avant de se lancer dans cette lecture détente, il me semble que les fans de l’écrivain y trouveront davantage leur bonheur car repéreront quelques références et traits d’humour. N’ayant encore jamais lu le romancier (honte à moi !), j’ai souri de temps en temps mais je crois être passée à côté de pas mal de citations et références culturelles, ce qui est bien dommage.
Le principe de cette série est simple : mettre en scène le célèbre Lovecraft pendant son enfance. A quoi a bien pu ressembler cette période de la vie de cet auteur mystérieux ? Les deux espagnols aux commandes de cette bd se sont amusés à imaginer les aventures du petit garçon, généralement accompagnée d’une petite fille un peu collante et de son chien. Pas très sociable, déjà brillant et passionné par le fantastique et le surnaturel, le garçon laisse parler son imagination.
L’humour noir est très présent, il y a beaucoup de second degré. Un peu à la Famille Adams si vous voulez un point de comparaison. C’est donc assez amusant et fait sourire mais encore une fois, je pense être passée à côté de pas mal de traits d’humour, ne connaissant pas Lovecraft et toute son oeuvre.
Quant au visuel signé Bartolo Torres, il est en adéquation avec le fond. Les couleurs utilisées sont sombres : noir, gris, marron et quelques teintes plus lumineuses font parfois leur apparition (rouge, vert foncé, bleu nuit…) mais le tout reste assez « dark ». Les personnages dessinés à l’aide de traits noirs plus ou moins épais ont un petit côté punk qui n’est pas désagréable pour les fans du genre et qui m’a parfois fait penser à la petite Emily the Strange.
Si j’étais assez admirative de ce style à l’adolescence, ce n’est plus vraiment ce que j’aime feuilleter aujourd’hui. Mais je le répète, les illustrations sont en parfaite harmonie avec les différents épisodes, s’étalant généralement sur quelques planches, lesquelles sont divisées en deux ou trois bandes de quelques vignettes. Le format à l’italienne (paysage) et la reliure souple sont sympathiques pour la prise en main et la découverte.
Amusant, pas trop difficile à comprendre en anglais, plutôt agréable à parcourir… mais sans plus. Les fans de Lovecraft y trouveront certainement plus d’intérêt que les novices.

young lovecraft bartolo torres extrait

 

♣ ♣ ♣

 

calvin and hobbes lazy sunday book bill watterson

Calvin & Hobbes, Volume 17 : Lazy Sunday Book de Bill WATTERSON (vo).
Andrews McMeel Publishing, 1989, 128 pages. Pour l’acheter : The Calvin & Hobbes, Volume 17

A collection of cartoons presents the antics of Calvin, a mischevious six-year-old boy, and his stuffed tiger Hobbes.

Si j’avais déjà pu lire quelques planches des aventures de Calvin & Hobbes grâce à quelques magazines, je n’avais jamais eu l’occasion de me pencher dans une volume complet. Afin de continuer à lire en vo, j’ai emprunté ce Lazy Sunday Book. Pourquoi celui-ci et pas un des nombreux autres volumes en anglais présents dans le fonds de la bibliothèque ? Pourquoi pas ? Apparemment c’est le tome 17 mais ils peuvent tous se lire aléatoirement. J’emprunterai certainement un autre volume quand l’occasion se présentera.
Contrairement à la bd précédente (Young Lovecraft), j’ai parfois eu un peu plus de mal à saisir toutes les petites blagues en anglais. Il faut dire aussi qu’il y a beaucoup plus de texte dans ce titre et que lorsque Calvin part dans ses délires extraterrestres, le vocabulaire devient assez spécifique et donc plus difficile à appréhender. Malgré tout, et souvent grâce aux illustrations, il n’y a pas vraiment besoin de comprendre chaque mot de chaque phrase pour saisir le sens général. Je ne me suis jamais complètement sentie perdue.
Lazy_Sundays_book calbin hobbes extraitCalvin est un petit garçon très attachant. Fils unique, il brave souvent les ordres de ses parents en s’inventant des aventures extraordinaires. Il possède une imagination hors du commun et cela commence par son meilleur ami Hobbes, un tigre bienveillant… qui est une petite peluche, à la base. Extraterrestres, dinosaures, vols dans l’espace, voilà les principaux thèmes explorés par le petit garçon. J’avoue que c’est parfois un peu répétitif… il vaut peut-être mieux lire une planche de temps en temps plutôt que parcourir tout le volume d’un coup ?
La plupart des aventures ne dépassent pas la planche unique (à part un ou deux qui s’étendent sur 4 ou 5 pages). En quelques vignettes seulement, Bill Watterson nous offre une situation de base, un cheminement et une chute, généralement amusante. C’est très souvent réussi. J’ai bien aimé parcourir les pages et retrouver les deux petits héros au fil des saisons. Le dessin et la colorisation sont agréables, un peu dans la veine de Boule et Bill (en tout cas, moi ça me rappelle cette bd que je lisais gamine).
Je n’ai pas ri aux éclats mais j’ai souvent souri face aux aventures de ce petit garçon et de son ami tigre. Ce n’est pas extraordinaire mais ça reste efficace et divertissant.

 

♣ ♣ ♣

 

louis de funès rabbi jacob à la folie chanoinat da costa jungleLouis de Funès, Rabbi Jacob à la folie ! de Philippe CHANOINAT, illustré par Charles DA COSTA.
Jungle!, 2014, 48 pages. Pour l’acheter : Rabbi Jacob à la folie

Retrouvez dans cet album débordant de générosité et d’humour, de magnifiques caricatures en noir et blanc et des textes taillés sur mesure par deux passionnés. Les plus grands moments de rire et de tendresse, échappés de Rabbi Jacob et de La folie des grandeurs. Deux fameuses comédies interprétées par le grand Louis De Funès. Idéal pour fêter son 100ème anniversaire.

Il y a quelques mois (années ?), j’ai lu Deux corniauds en vadrouille, premier ouvrage de Chanoinat et Da Costa dédié à deux films de Louis de Funès et Bourvil (en l’occurrence Le Corniaud et La Grande Vadrouille). J’avais grandement apprécié le dessin mais avais été un peu moins séduite par le texte. C’est à nouveau le cas ici, à mon avis, ce sont deux ouvrages qu’on feuillette essentiellement pour les illustrations, les explications sont largement secondaires.
Pendant mon enfance et mon adolescence, j’ai de nombreuses fois eu l’occasion de visionner les films de Louis de Funès, ma sœur les ayant quasiment tous en dvd. Je ne suis pas fan de tous mais apprécie très largement la plupart d’entre eux, ne me lassant pas des blagues de ce petit nerveux exubérant. Rabbi Jacob et La Folie des grandeurs – les deux films ici détaillés – font partie des préférés du public et c’est aussi mon cas.
Encore une fois, les caricatures de Charles Da Costa font mouche et l’on se remémore à chaque fois les scènes du film représentées. C’est très efficace, brillamment réalisé ! Et l’éditeur n’est pas radin, une illustration est installée sur chacune des pages de droite… on en prend plein les yeux !
A gauche, Philippe Chanoinat s’est chargé de rédiger le texte. Même principe que le livre précédent : un brève résumé du film avec les informations principales (année de réalisation, durée, nom du réalisateur…) et ensuite, la description de chacun des personnages principaux… et secondaires avec en pendant, une brève biographie de l’acteur impliqué. L’auteur revient sur les traits principaux des personnages des deux films, développant un peu le passé de chacun et c’est parfois assez bien trouvé. Il reste assez bref et assez évasif mais ça suffit pour bien camper chaque figure. J’apprécie également que Philippe Chanoinat s’attarde sur les acteurs et nous conseille certains autres films dans lesquels ils ont pu jouer (généralement ses préférés)… et je me rends compte que je n’ai vu que très très très peu de films du cinéma français !
Un beau livre qui ravira les fans de Louis de Funès et les amateurs de belles caricatures. Pour les autres, je ne suis pas sûre qu’il y ait un immense intérêt à cette lecture…

da costa chanoinat de funès rabbi jacob à la folie extrait

 

10 thoughts on “Le Coin des BD [11]”

  1. « Ce n’est pas extraordinaire mais ça reste efficace et divertissant. »

    Cette conclusion est a pleurer tellement l’oeuvre de Bill Waterson vaut mieux que ça !

    1. Il me semble que la littérature (et l’art en général) est affaire de sensibilité et de subjectivité avant tout. J’ai été moins sensible à l’œuvre de Bill Watterson que vous, mais je crois bien que j’en ai « le droit ». Au lieu de pleurer, n’hésitez pas à m’exposer les arguments qui font la magnificence de Calvin & Hobbes. Merci d’avance.

  2. Je ne peux que te conseiller de continuer les Calvin et Hobbes (pas loin d’être cultes aux USA, bien plus méconnus en France j’en ai malheureusement l’impression), peut-être cette fois-ci en français (c’est très bien traduit et facilement trouvable en bibliothèque ou librairie). C’est vrai que la V.O doit parfois ne pas faciliter les choses entre le langage particulier de Calvin suivant les mondes qu’il s’invente et ses réflexions philosophiques ou sociétales parfois poussées.
    Mais ce sont des BD que j’adore lire et relire (même s’il faut bien avouer que certains tomes sont plus drôles que d’autres).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *