Cinq heures vingt cinq de Agatha CHRISTIE

Cinq heures vingt cinq
de Agatha CHRISTIE
Le Masque,
1988, p. 252
Première Publication : 1931
Pour l’acheter : Cinq heures vingt cinq
Agatha Christie (1890–1976) est la reine incontestée du roman policier classique. Elle publie son premier roman en 1920 et sa prodigieuse production littéraire fait d’elle l’un des auteurs les plus lus à travers le monde.
♣ Le Crime de l’Orient-Express ♣ Le Meurtre de Roger Ackroyd ♣
♣ La Mort dans les nuages ♣ Mort sur le Nil ♣ Trois souris ♣
♣ ♣ ♣
A cinq heures vingt-cinq, une table tournante a annoncé l’assassinat du capitaine Trevelyan, un vieux célibataire misogyne et quelque peu excentrique. Et ce doit être vers cette heure-là, en effet, selon le médecin qui examine le corps, que le capitaine a été assommé…
Ce n’est toutefois qu’un des mystères que devra affronter l’inspecteur Narracott. Que penser de ces deux dames d’Afrique du Sud, venues tout exprès s’exiler dans cette région de Dartmoor, enneigée par un hiver rigoureux ? De ce neveu et héritier de la victime, qui, le jour même, avait pris pension à l’auberge voisine ?
C’est la fiancée de ce dernier, une jeune fille énergique, qui, pour le tirer d’un mauvais pas, va mener sa propre enquête, en collaboration avec un journaliste. Quitte à en remontrer au détective officiel…
Je profite généralement des vacances (estivales ou de Noël) pour glisser un petit Agatha Christie dans ma valise (ou dans ma liseuse, en l’occurrence). Une petite enquête lue en quelques heures à peine, c’est toujours hyper agréable !
Si j’ai à nouveau apprécié ce petit huis-clos anglais, il ne restera cependant pas très longtemps dans ma mémoire, m’ayant moins surprise que d’autres titres de la célèbre romancière.
L’intrigue prend place au cœur d’un hiver enneigé dans la campagne anglaise. Le riche Capitaine Trevelyan a loué tout son domaine comprenant un grand manoir et plusieurs petits cottages, à plusieurs locataires d’âges et d’horizons différents. Une mère et sa fille revenues d’Afrique du Sud, un passionné d’ornithologie, une vieille tante acariâtre et son neveu un peu gauche, un homme bien mystérieux… tous se retrouvent un après-midi dans le manoir principal autour d’un thé et surtout autour d’une table, qu’ils souhaitent « faire tourner ». Comprenez par là qu’ils souhaitent faire appel aux esprits des défunts. La séance commence dans la joie et l’amusement mais bien vite, l’atmosphère s’assombrit. La table annonce que le Capitaine Trevelyan – alors absent de l’assemblée car dans sa propre demeure – sera tué à 5h25. Son meilleur ami, persuadé qu’il ne s’agit là que d’une supercherie, brave tout de même la tempête de neige pour aller vérifier par lui-même et se rassurer. Évidemment, deux heures de marche glaciale plus tard, il trouve le Capitaine Trevelyan assassiné dans sa maison.
Bien vite les soupçons sont portés sur le neveu de celui-ci, au mauvais endroit au mauvais moment. Mais l’inspecteur chargé de l’enquête est sceptique, ce jeune James Pearson n’a pas le profil du tueur intéressé par l’argent. Emily, la fiancée du neveu est elle aussi de cet avis et grâce à ses charmes et son esprit de déduction, elle mène l’enquête en parallèle de la police, bien décidée à trouver le véritable coupable.
Comme vous pouvez le constater, point d’Hercule Poirot ou de Miss Marple ici. Les célèbres enquêteurs que l’on aime tant sont remplacés par un agent de police lambda et par de simples civils (journaliste pour l’un d’eux). Bien sûr, cette petite dérogation apporte un peu de fraîcheur et change nos habitudes, mais la répartie du petit moustachu m’a tout de même manqué ici.
L’inspecteur Narracott m’a semblé bien fade, Emily la fiancée lui vole d’ailleurs la vedette très facilement. Si cette figure féminine débrouillarde ne m’a pas déplu, je ne peux pas non plus dire que la suivre dans son raisonnement ait été particulièrement marquant. Elle est assez brillante, a de la jugeote et sait ce qu’elle veut, mais il manque un brin d’humour et de « folie » dans cette personnalité. Dommage.
Les autres personnages sont, comme d’habitude avec Agatha Christie, assez hauts en couleurs pour qu’on puisse les différencier facilement, sans non plus tomber dans le cliché et le manichéisme. Les portraits de l’anglaise sont soignés et, je n’arrive pas à m’expliquer comment elle y parvient, mais elle arrive à nous offrir des figures riches et complexes en quelques mots seulement. Les personnages prennent ainsi vie sous nos yeux avec une incroyable facilité, sans toutefois se départir de certains mystères concernant leur passé.
C’est un peu là que le bât blesse à mon goût. Ce que j’aime dans les polars de la romancière, c’est que toutes les figures mises en présence dans le huis-clos, semblent ne pas se connaître et ne rien à voir affaire les unes avec les autres. Or, le lecteur se rend compte au fil des pages – et plus certainement lors du dénouement – que toutes sont en fait intimement liées et que leurs relations ne sont pas toujours jolies-jolies. Toutes ont généralement quelque chose à se reprocher, avec plus ou moins de gravité. Malheureusement ici, si c’est à nouveau le cas, j’ai trouvé les mini-intrigues moins nombreuses et moins imbriquées les unes avec les autres. J’aurais presque aimé un peu plus de nœuds et de complexité dans les rapports de tout ce petit monde.
Malgré tout, Agatha Christie a l’art de nous dépayser pendant quelques heures. Vous serez projeter dans ce hameau anglais sous la neige et tenterez, en parallèle de l’inspecteur et de la fiancée, de découvrir la clef de l’énigme. Saurez-vous deviner qui a tué le Capitaine Trevelyan, comment et pour quelle raison ?
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Oh oui Agatha ça dépayse carrément ! Moi aussi j’adore en lire en vacances ^^
Je ne pense pas avoir lu celui-ci, peut-être un jour ^^
Faudrait que tu me conseilles ton top Agatha un de ces jours, d’ailleurs. Je suis sûre que ça me donnerait des idées pour les prochaines vacances. 🙂