Coeur de Highlander, Tome 1 : Lyra MacArthur de Demi MCGOWAN

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Coeur de Highlander,
Tome 1 : Lyra MacArthur
de Demi MCGOWAN
Rebelle,
2014, p. 278

Première Publication : 2014

Pour l’acheter : sur le site de l’éditeur !

 

Née dans le sud de la France, Demi aime à se décrire comme un étonnant mélange français. Elle revendique ses origines bretonnes sans pour autant en oublier le lieu où elle a grandi. Demi a toujours été le joyeux trublion de la famille. Elle aime faire rire et se cache aisément derrière son sourire. Toujours dans la lune à s’inventer une autre vie inspirée des films de cape et d’épée, forte de 15 ans d’escrime et de l’influence paternelle, Demi attrape vite le virus du clavier et se laisse porter par les mots. Elle signe aujourd’hui son premier roman, une Romance Historique se déroulant en Écosse, dans laquelle elle a su mêler tout ce qui la personnifie, Amour, Fragilité, Humour, escrime et… tête de mule comme dirait son père.

 

♣ ♣ ♣

 

Fille, sœur et veuve de Highlander, Lyra MacArthur est belle, fougueuse et manie les armes comme un homme. Elle veut être une femme libre de décider de son avenir et ne plus jamais se remarier. La vie auprès de ses frères, Ethan et Erwan, lui suffit amplement !William MacRae, laird d’Eilean Donan a décidé de la courtiser. Ce guerrier au passé douloureux se retrouve face à un refus qu’il n’accepte pas. Lyra sera sa femme. Le tout est de le lui faire comprendre ! Mais dans les Highlands, un complot se trame qui pourrait bien changer la vie de nombreuses personnes et surtout du peuple écossais. À moins qu’une association inattendue ne vienne le mettre à mal. Toutefois, le passé de William pourrait bien compliquer les choses. Un homme couvert de cicatrices peut-il rassurer et protéger une femme plus fragile qu’elle ne veut l’admettre ?

 

Soyons clairs : je n’ai pas aimé. Coeur de Highlander premier du nom n’a pas non plus été une torture à lire mais je n’y ai pas pris beaucoup de plaisir et deux semaines plus tard, je n’en ai aucun souvenir. Cette chronique risque donc d’être beaucoup plus courte que d’habitude, n’ayant pas beaucoup de matière pour la rédiger.
Précisons tout de même que je ne suis pas le public idéal pour ce genre d’ouvrages. Les romances historiques, ça ne marche quasiment jamais avec moi. Et pourtant je vous jure que j’ai envie que ça passe, j’ai envie de lire une romance qui me transporte dans une époque plus ou moins ancienne… mais généralement, je ne fais que lever les yeux au ciel, exaspérée par la personnalité des héros et pas du tout convaincue par la teneur historique (quand le contexte est assez développé pour qu’on le remarque) de l’intrigue.
J’espérais vraiment que Demi McGowan réussirait à me convaincre. J’étais partie sans trop d’a priori, plutôt contente de me plonger dans une lecture légère et divertissante après avoir enchaîné pas mal de titres imaginaires. Eh bien non. Sans non plus tomber dans le cliché insupportable, Lyra MacArthur m’a ennuyée, les héros ne m’ont pas du tout séduite et je ne parle même pas de l’absence totale (ou presque) de contexte historique. Encore raté.

Ce que je reproche généralement aux romances historiques c’est que d’historique, justement, elles n’ont que le nom. Les personnages pourraient être déplacés dans n’importe quel contexte, dans n’importe quel pays (ou presque) et surtout à n’importe quelle époque, ce serait exactement la même chose. Et malheureusement, c’est un peu le cas ici.
Alors certes, Demi McGowan utilise quelques mots de vocabulaire dans les premiers chapitres, notamment pour décrire la tenue typique du Highlander, mais c’est très ponctuel, juste histoire de balancer quelques images fortes aux lecteurs (en bref : le héros est en kilt, avec des couleurs et un blason particuliers) et un peu plus tard, me semble-t-il, pour parler d’armes traditionnelles (et peut-être même d’instruments). C’est une bonne idée et je félicite l’auteure pour l’utilisation de ce vocabulaire précis, mais c’est trop furtif entre les pages pour qu’une atmosphère soit créée. On a plus l’impression que l’auteure s’est sentie obligée de justifier son contexte en offrant quelques détails aux lecteurs, histoire de faire croire qu’on est bien en Ecosse dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Et moi, personnellement, ne pas avoir un décor riche, un contexte bien présent, lorsque je lis un texte (romance ou non) historique, ben ça me gêne.
Alors Demi McGowan tente également d’insérer une mini-intrigue politique dans son histoire (en gros : le conflit ancestral entre les écossais et les « envahisseurs » anglais) mais on en parle quasiment pas tout au long de l’histoire, à part sur les derniers chapitres (comme si l’auteure s’était enfin réveillée et s’était rendue compte que, mince, elle avait oublié de parler de ça). En deux chapitres l’affaire est réglée. De toute façon, ce qui compte ici, c’est la romance, le reste on s’en fout.

Je pense qu’il faudrait que j’arrête d’espérer autre chose qu’une bête romance pas crédible quand je lis une romance historique. J’ai l’impression que ça ne sert à rien parce que toutes celles que j’ai pu lire n’apportaient absolument rien historiquement parlant. C’est juste un homme et une femme qu’on installe dans des costumes et dans des lieux que les lecteurs connaissent (donc pas forcément en phase avec la réalité historique). A croire que le lecteur a juste envie de lire une histoire de c** avec des tableaux un peu « exotiques » derrière (genre un vieux chateau écossais).
Moi je suis un peu bête, quand je lis un truc « historique », j’ai envie d’apprendre des choses vraies, de me cultiver, de voyager dans le temps et dans l’espace et d’être vraiment plongée dans un contexte avec une réalité tangible. Et si en plus la romance fait vibrer, oui, j’achète. Mais en fait, ça n’arrive jamais. En tout cas, je ne suis jamais tombée sur une romance historique m’ayant apporté tout ça. Je crois que je me fourvoie définitivement sur la définition de « romance historique ».

Bon par contre, là où Demi McGowan ne joue pas trop mal, c’est au niveau de ses personnages principaux, à savoir Lyra et William. Alors certes, c’est bourré de clichés : elle est forcément la seule femme forte et indépendante (qui a de la répartie et qui sait se battre avec des dagues) à des centaines de kilomètres à la ronde (toutes les autres sont bien ancrées dans leur temps donc forcément illétrées et seulement bonnes à tenir la maison tout en baissant les yeux face aux hommes) et lui est forcément le héros mystérieux car torturé dans son enfance mais finalement au coeur tendre (et en kilt, obviously). C’est naze. Mais bon, si on est pas trop trop regardant, ça fonctionne.
Encore une fois, il me faut, personnellement, des personnalités beaucoup plus complexes et beaucoup moins linéaires pour que je leur trouve un quelconque intérêt et que je m’attache à elles. Mais, il faut rendre justice à l’auteure, ses deux héros ne sont pas « si pires ». Lyra notamment qui évite l’erreur habituelle : être décrite comme une femme forte et indépendante au début du livre et qui perd tous ses neurones et son indépendance dès la rencontre avec le beau et grand mâle trois pages plus tard. Là, au moins, l’héroïne continue à garder son répondant, son « intelligence » et son indépendance. Franchement, c’est appréciable. Finalement, Lyra et William m’ont parfois agacée mais je n’ai quand même pas trop levé les yeux au ciel et je n’ai pas eu trop de mal à suivre leurs aventures amoureuses.

demi mcgowan rebelle éditionsLes aventures amoureuses, parlons-en. Comme d’habitude, le jeu du chat et de la souris qui se termine évidemment sur un mariage et des gosses. Contrairement à d’autres romances historiques qui m’avaient fait hurler d’indignation, Demi McGowan ne force pas trop le trait du chat et de la souris, alors merci. Bon, c’est évidemment cousu de fil blanc (en même temps c’est le principe de la romance) et c’est souvent absolument pas crédible, mais encore une fois, si on n’est pas trop regardant, ça reste assez divertissant.
Malgré tout, certaines scènes m’ont particulièrement fait tiquer. Je pense notamment à celle où Lyra fait démonstration de ses super capacités de guerrière avec des lames, devant une assemblée de mecs complètement sans voix. On dirait le fantasme d’une adolescente couché sur papier. Non mais je vous jure, moi quand j’avais 13 ans, je rêvais de montrer un de mes talents à tout le monde (généralement sur scène) et de récolter des regards émerveillés de toute la gent masculine (manque de confiance en soi, tout ça tout ça). On se croirait dans une fanfiction qui, à mon goût, est le meilleur support pour se laisser aller à ses fantasmes un peu débiles. Autre scène absolument « what the fuck?! » et attention, je spoile un max… [il faut surligner la suite]Lyra, alors qu’elle est enceinte de 9 mois à la fin du livre, se rend sur le champ de bataille, protège son mari des ennemis (parce que ce grand Highlander au coeur d’artichaut est en difficulté et tous les membres de son clan, que des guerriers forts et braves, ne parviennent pas à lui venir en aide) et butte le grand méchant en un tour de main. Et finit par accoucher en deux secondes chrono sur le dit champ de bataille, entre deux cadavres ennemis. MAIS BIEN SUR. Bon en fait si, j’ai levé les yeux au ciel sur ce bouquin, au moins deux fois.

Je ne suis pas faite pour les romances historiques – en tout cas celles qu’on nous propose actuellement sur le marché – ce n’est pas la faute de Demi McGowan. Mais malheureusement, elle ne m’a pas du tout fait changer d’avis sur la question, même si je reconnais que son histoire est loin d’être la pire découverte dans le genre. Je ne lirai pas la suite, évidemment.

 

Illustration : portrait de Demi McGowan trouvé sur le site de Rebelle éditions.

12 pensées sur “Coeur de Highlander, Tome 1 : Lyra MacArthur de Demi MCGOWAN

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  • 15 juin 2015 à 16 h 12 min
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    J’adore les romans historiques, mais il faut que l’univers soit riche et bien développé ! c’est vrai que pour les romances ce n’est pas toujours le cas… dommage

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  • 12 juin 2015 à 9 h 15 min
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    Je pense effectivement que le public des romances historiques est plus emballé par le côté « romance » que par le côté « historique ». Ca ne m’étonne pas du tout, cette impression que les personnages pourraient être transplantés dans un autre décors. Je te conseille vivement les romans de Ken Follett (Les Pilliers De La Terre par exemple), qui sont des romans historiques avec un petit peu de romance dedans. Je pense que ce te satisfera beaucoup plus. Et si tu lis en anglais, les romans de Philippa Gregory sur la dynatsie des Tudor et sur leurs ancêtres (pour le coup on est servi en romance, avec les rois et reines qui se marient, etc…). J’ai écrit quelques chroniques sur ces deux auteurs, si le coeur t’en dit. Dans les deux cas, le contexte historique est riche et bien documenté.

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  • 11 juin 2015 à 18 h 44 min
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    Je comprends totalement ton avis après j’ai l’impression que ce n’est pas le cas que pour les romances historiques, j’ai la sensation que c’est la même chose avec les romances young adult.

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  • 11 juin 2015 à 17 h 28 min
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    J’avais très envie de découvrir ce titre (sans doute que la couverture y est pour beaucoup) mais ton avis me calme. Surtout au niveau de ton spoiler qui m’a trop fait rire … mais qui … oui fait se poser des questions lol
    Sinon en romance historique, j’ai passé un bon moment avec la série : Le retour des Highlanders de Margaret Mallory.
    C’est vrai que les romances … ça peut vite être … ennuyant ou gnan gnan. Pour le moment, ce sont les romances historiques qui me conviennent le mieux, sinon si on prend les romances contemporaines, ça a du mal à passer chez moi. Et puis, faut que les personnages soient un minimum crédible et leur amour aussi … ça fait beaucoup de paramètres l’air de rien x)

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  • 11 juin 2015 à 16 h 43 min
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    Lis-donc du Christian Jacq ! Tout ce que tu recherches dans un roman historique s’y trouve. 😉
    A bientôt Méli, bisous

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