Dernière semaine d'un reptile de Franck FERRIC

dernière semaine d'un reptile franck ferrick
Dernière semaine d’un reptile
de Franck FERRIC
Editions du Riez (Poche),
2013, p. 235

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Sur le site de l’éditeur !

Franck Ferric est né en 1979 à Bourges. Il est l’auteur de deux romans, La Loi du désert et Les Tangences Divines. Il a publié une quarantaine de nouvelles dans diverses revues et anthologies (notamment aux éditions de l’Oxymore, Argemmios, Malpertuis, Rivière Blanche). Certaines ont été rééditées dans son premier recueil, Marches Nocturnes. Dernière semaine d’un reptile est son deuxième recueil.

♣ ♣ ♣

Dans son petit appartement minable, Julius vit une existence qui ne vaut pas beaucoup mieux. Sa petite amie l’a plaqué. Son job est idiot. Sa voisine est fêlée. Son unique échappatoire est l’écriture, à laquelle il se consacre tous les jours. Ses histoires parlent de plombiers de l’espace lancés à travers les intestins de l’Univers, de clochards vampires courant après le soleil, de gamins qui préfèrent la chasse au dragon aux bancs de l’école.

Dernière semaine d’un reptile… mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?! Recueil de nouvelles édité au format poche par les sympathiques Editions du Riez, ce petit livre vaut le détour. A vrai dire, si je l’ai acheté aux Imaginales 2013 (oui oui, 2013 !), c’est parce que, dernier jour de salon oblige, je n’avais plus beaucoup d’argent (en fait plus du tout !) mais je souhaitais absolument découvrir l’écriture de Franck Ferric. Ne pouvant me permettre de repartir avec La Loi du désert ou Les Tangences divines (les deux autres romans de l’auteur publiés au Riez), je me suis tournée vers ce recueil, à 8€, et je ne regrette pas !

L’illustration de couverture signée Bastien Lecouffe-Deharme (auteur et illustrateur du magnifique Memories of Retrocity) attire l’œil. Le petit format agréable à prendre en main, la souplesse de la reliure et le petit prix font le reste. Nous voilà propriétaires d’un recueil qui promet de nous surprendre !
La quatrième de couverture annonce huit petites nouvelles, j’en compterais neuf avec celle qui sert de fil conducteur et enlace toutes les autres, de la première à la toute dernière page : Julius, humain lambda un peu (beaucoup) paumé et un peu (beaucoup) désœuvré oublie son quotidien dans l’écriture qu’il pratique chaque jour de la semaine. Les huit courts textes que l’on parcoure ici sont de son fait et apportent un nouvel éclairage sur la personnalité de leur auteur. Autant le dire tout de suite, c’est quand même pas très gai voire même un peu déprimant. Mais je trouve que le héros principal est un assez bon représentant de notre société contemporaine faite de consommation de masse, de routine sans réelle signification…

Le mythe est le fil rouge du recueil. Quand je dis « mythe », c’est au sens large. Il s’agit de ces thèmes qui font partie de notre imaginaire collectif, lieu commun de nos sociétés, ces thèmes qui parlent à tous et font plus ou moins partie de notre inconscient.
Franck Ferric rassemble ici un peu de tout et traite tout ça de diverses manières. Fantastique, fantasy et science-fiction, il y en a vraiment pour tous les goûts ! C’est cette diversité qui peut être le gros point positif de ce recueil car peut toucher un panel de lecteurs assez large. Malgré les différences des textes, ne vous y trompez pas, un vrai lien courre entre chacun d’entre eux, lien matérialisé par l’histoire de Julius.

Toutes les nouvelles ne m’ont pas forcément embarquée, mais globalement, j’ai adhéré. Certaines sont plus marquantes et percutantes que d’autres, à mon avis, mais encore une fois, il y en a pour tous les goûts. Je ne vous parlerai pas des huit textes en détail mais me contenterai de citer ceux que je retiendrai, deux semaines après ma lecture.

  • franck ferricEux plutôt que moi. Première nouvelle du recueil. Outch. Voilà qui commence fort et qui annonce la couleur. Franck Ferric revient ici sur les camps de concentration et assaisonne le thème d’une pincée de mythologie slave. C’est court mais vraiment percutant. Pas besoin d’en écrire des tartines, le message passe et il est très fort.
  • Révolutions. Le lecteur est ici propulsé dans un monde futuriste, dans un vaisseau. Un groupe d’explorateurs de l’espace est envoyé en mission pour peupler une planète semblant avoir les mêmes propriétés que la Terre… mais évidemment, en huis clos, les personnalités s’affrontent, chacun voit son intérêt personnel et la tension monte alors que les toilettes ne cessent de se boucher ! Un poil d’humour accompagne le thème de la conquête spatiale qui m’a rappelé ma lecture du Papillon des étoiles de Bernard Werber (sur le même sujet, sans les problèmes de tuyauterie !).
  • Terminus. En mettant en scène une créature du folklore irlandais (le cluricaune), l’auteur revient sur l’exil de ce peuple aux Etats-Unis… et nous plonge directement dans le métro New-Yorkais !
  • Les Pas du Golem. C’est une ambiance et des images nettes qu’il me reste de la lecture de cette petite nouvelle. Le lecteur est à nouveau embarqué dans un futur plus ou moins proche. Une épidémie étrange s’est déclarée, touchant la grande majorité de la population et faisant des dégâts assez… dégueu ! Quand j’y repense, j’ai cette sensation de moiteur et de puanteur associées à une pluie diluvienne. Beurk mais efficace !

Quatre nouvelles très différentes, comme vous pouvez le constater. Les quatre autres ne le sont pas moins et ne sont pas inintéressantes, les thèmes et leur traitement m’ont simplement moins marquée mais vous apprécierez certainement de retrouver un vampire SDF, une ambiance western avec les indiens d’Amérique ou encore le côté conte de fées d’une forêt et de son vieillard chasseur de dragons…

La descente dans la folie de ce Julius s’accélère au fil des jours, entre chaque histoire et cette neuvième nouvelle m’a plu. La conclusion, à travers le texte baptisé La Bouteille, le barbu et le sens du monde, n’est pas très claire et reste ouverte mais pour une fois, ça ne m’a pas gênée.

Je pense que je suis passée à côté de pas mal de références mais, en ayant capté un bon paquet (comme quoi, les mythes font vraiment partie de notre inconscient et un simple mot nous ouvre tout un tas d’informations et d’images stockées dans un coin de notre tête), j’ai vraiment apprécié. On sent que Franck Ferric a lui aussi emmagasiné tout un tas de choses et nous les restitue à sa façon, un peu sombre certes, mais vraiment intéressante et enrichissante.

La plume légèrement incisive et qui n’épargne pas grand-chose m’a séduite. Difficile de dire beaucoup en peu de mots mais l’auteur maîtrise l’exercice. Je suis maintenant très curieuse de le découvrir dans un format plus long, avec l’un de ses romans. Un auteur français à découvrir et à suivre, je pense !

 

6 pensées sur “Dernière semaine d'un reptile de Franck FERRIC

  • 8 avril 2017 à 19 h 44 min
    Permalink

    Je l’avais reçu en plus de ma commande passée aux éditions du Riez, et je l’ai beaucoup aimé également !
    Je n’ai pas grand chose à rajouter de plus que ce que tu as déjà dit, si ce n’est que de mon côté mes préférences vont tout de même vers « Eux plutôt que moi », peut-être la plus percutante et forte émotionnellement, et « Has-been blues » très réussie également. Mais elles s’avèrent toutes d’un bon niveau, sans vrai coup de cœur mais sans une seule fausse note non plus, des nouvelles de qualité. En tout cas, Franck Ferric se montre clairement à l’aise dans tous les genres proposés.
    Et j’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur, son sens de la formule, du mot juste, traversé de belles fulgurances dans un style a priori simple mais extrêmement immersif à chaque fois, c’est soigné et travaillé tout en restant fluide.
    Autant dire que La Loi du Désert et Retour à Silence ne traîneront pas longtemps dans ma PAL, j’ai extrêmement hâte de plonger dans ce nouvel univers qui s’étend sur un format plus long !

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