Indiana Teller, Tome 4 : Lune d'hiver de Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN

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Indiana Teller, Tome 4 :
Lune d’hiver
de Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN
Michel Lafon,
2014, p. 347

Première Publication : 2014

Pour l’acheter : Indiana Teller, Tome 4

Sophie Audouin-Mamikonian (née le 24 août 1961 à Saint-Jean-de-Luz) est une écrivaine française, auteur de livres pour la jeunesse. Elle est titulaire d’un DESS de diplomatie et stratégie et est mariée, mère de deux filles, Diane et Marine, qui sont ses correctrices. Elle a pu développer grâce à ses livres de la série Tara Duncan , un dessin animé diffusé en France . Elle est également l’auteur de Clara Chocolat, petite sœur de Tara, une série pour les jeunes enfants, de La Danse des obèses, un thriller pour adultes et de Indiana Teller, une tétralogie sur les loups-garous dont le premier tome est paru en mars 2011. Très attendue par ses fans depuis cinq ans, sa série pour adolescents et jeunes adultes, La Couleur de l’âme des Anges, est parue le 5 janvier 2012 dans la collection R, aux éditions Robert Laffont. Sophie Audouin-Mamikonian a commencé à écrire à l’âge de 12 ans, avec son premier livre « Chanteclair, le petit phénix d’or », qu’elle a écrit durant les trois semaines où elle était « clouée au lit à cause d’une crise d’appendicite« .
Wikipédia.

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Dans les interminables plaines du Montana s’étend le Lykos Ranch. Alentour, les voisins sont loin de se douter que ses occupants sont les membres de l’un des clans de loups-garous les plus puissants d’Amérique du Nord. Parmi eux, un seul humain a sa place : Indiana Teller.
« Dans sept jours si tu ne m’as pas trouvée, je repartirai à jamais. » Retenue en otage par le clan Brandkel, la mère d’Indiana parvient à lui adresser ce message avant de disparaître de nouveau dans l’espace-temps. Mais comment sauver quelqu’un d’aussi insaisissable ?
De plus, un nouvel ennemi fait son apparition, un ennemi qui a jeté un sort mortifère au Lykos Ranch, mettant en péril la vie de tous ceux qu’Indiana aime. Maniant la cruauté et la magie d’une main de maître, cet adversaire s’apprête aussi à réveiller un pouvoir encore plus maléfique. Et même si Indiana peut rebrousser le temps, il réalisera bien vite que chaque seconde lui est comptée.

/! Attention, risque de spoilers sur les tomes précédents ! /!

Alors que j’avais beaucoup aimé ma découverte du tout premier tome il y a quatre ans, j’ai l’impression que mon intérêt est allé décroissant au fil des opus et je suis au regret d’annoncer que ce quatrième et dernier tome me laisse particulièrement mitigée. Si je ne me suis jamais lassée de Harry Potter au fil des années, trouvant une certaine évolution et maturité au fil des aventures, il n’en va pas de même pour Indiana Teller.
En quatre ans, j’ai grandi. Mais (presque) pas Indiana (à part sexuellement parlant). Si j’avais lu les quatre tomes d’affilée il y a quelques années, peut-être aurais-je plus apprécié. Il me semble aujourd’hui évident que je suis trop vieille pour ce genre d’histoires ou en tout cas, que j’ai des attentes complètement différentes avec mes lectures actuelles.
La plupart des lecteurs semblent totalement convaincus par ce quatrième et dernier opus, ravis par le dénouement final… ce qui n’est définitivement pas mon cas. Je vous invite donc à vous faire votre propre avis sur la question !

Sophie Audouin-Mamikonian (que je surnommerai dorénavant SAM pour plus de facilités) c’est un style très particulier, une fraicheur et un humour très insistants. L’auteure semble être quelqu’un débordant d’énergie et de bonne humeur au quotidien et ça se ressent beaucoup dans ses écrits. C’est dynamique, un peu fou-fou, plein de rebondissements… parfois ça part un peu dans tous les sens et peut paraître brouillon mais globalement, c’est rafraichissant. J’étais vraiment conquise au début. Malheureusement, ce quatrième tome est un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
L’humour ultra présent ne me fait plus sourire mais m’agace, les nombreux rebondissements ne m’entrainent plus dans un rythme endiablé mais me perdent et n’arrivent pas à retenir mon attention, l’amourette ne m’émeut plus mais me fait lever les yeux au ciel et surtout, tous ces bons sentiments et ce dénouement à la façon d’un conte de fées… m’exaspèrent. Je sais que lorsqu’on lit du SAM on s’attend à du « too much », mais là, trop c’est trop.
Je me rends compte que l’auteure souhaitait faire plaisir à ses lecteurs en leur offrant une fin « fantasmée » (ce qu’ils avaient envie de lire) mais bon, le « ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants, réglèrent tous leurs soucis, tuèrent les méchants, remirent tout exactement bien à sa place… », c’est trop facile et je n’y crois absolument pas. Je ne dis pas qu’on doit forcément éliminer le héros ou lui offrir un avenir malheureux… mais un peu plus d’équilibre aurait été le bienvenu, à mon goût. Cela dit, cette fin a au moins le mérite d’offrir un vrai dénouement, de répondre à toutes les questions et de laisser les fans a priori plutôt satisfaits. Tant pis pour moi qui aurais aimé plus de crédibilité.

Je me rends compte que si ce tome ne m’a pas convaincue, c’est peut-être (sans doute) parce que je n’avais pas les bonnes attentes. Il est évident qu’avec Indiana Teller, ce n’est pas le réalisme et la crédibilité qui priment (à moins que les loups-garous, les vampires et autres créatures hybrides foulent cette planète… qui sait !) mais même si je suis bien consciente que la majorité des titres imaginaires que je lis ne sont pas réalistes, j’apprécie particulièrement ceux qui s’attardent sur « l’Humain », c’est-à-dire sur les personnalités des figures, les relations qu’elles entretiennent entre elles… et ça, qu’on ait affaire à des hobbits, des loups-garous ou des petits humains lambdas, c’est globalement universel. Et de point de vue là, cette saga – et notamment ce dénouement (mais promis j’arrête) – ne me convainc et convient pas. Dommage !

cat-goddesses-reliefC’est une série qu’il faut vraiment prendre à la légère – et je ne suis pas contre -, qu’il faut lire sans en attendre une grande portée, juste pour se vider l’esprit. On ne fait ainsi plus attention aux invraisemblances, aux passages un peu brouillons, aux trop grandes facilités… et on profite juste d’un univers un peu loufoque, généralement pas trop mal pensé et amusant.
Après une excursion du côté des loups-garous, des semis, des rebrousse-temps et des vampires, voilà que SAM développe une nouvelle caste dans ce dernier tome : les sorciers et sorcières… et se tourne notamment vers leurs origines avec les déesses-chat-lionne égyptiennes Bastet et Sekhmet ; mais je ne vous en dis pas plus. Tout ce qui a trait aux sorciers, à leurs us et coutumes, est plutôt intéressant et bien trouvé et apporte quelques scènes particulièrement originales (à la limite du « what the fuck ?! » d’ailleurs). Je pense que l’auteure a voulu prouver que son héros avait grandi et qu’il était donc capable de vivre des aventures plus dures et apparemment, ça passe par des scènes hautement charnelles. Je ne suis pas contre mais j’ai tout de même été surprise par la tournure de certains évènements.

J’ai soulevé pas mal de points en demi-teinte mais je vous rassure, ce quatrième et dernier tome n’a pas été si terrible que ça. Passés le côté un peu brouillon et fouillis des rebondissements et l’invraisemblance de certains éléments, suivre Indiana Teller n’est pas non plus insupportable. C’est un héros plutôt intelligent, débrouillard et sympathique. Il serait même un peu trop parfait parfois, mais soit. Par contre, je ne reviens pas sur sa propension à se sortir de toutes les situations désespérées alors que toutes les autres créatures surnaturelles autour de lui, beaucoup plus puissantes et expérimentées, ne parviennent à rien… après tout, c’est lui le héros, hybride qui ne sait pas faire grand-chose et qu’on nous présente constamment comme faible et sans ressources. Bref. Indiana est globalement un type sympa à suivre.
En revanche, sa nana, c’est juste pas possible. Plus vraiment humaine (mais chut, je n’en dis pas plus), elle est encore plus chiante qu’avant. Agaçante, chouineuse qui ne comprend rien… elle est insupportable. C’est elle qui aurait dû mourir à la fin. Voilà, c’est dit.
Quant aux personnages secondaires que j’avais appris à apprécier précédemment, je trouve qu’ils sont malheureusement un peu délaissés ici. Ils sont là, oui, mais on ne s’attarde pas beaucoup sur leurs aventures et leurs ressentis. Dommage, parce qu’Annabelle, Axel ou même Chuck, sont des figures indispensables à l’entourage d’Indiana et je suis un peu triste de n’avoir eu droit qu’à quelques mots pour décrire la situation de chacun.

Je suis un peu dure dans cette chronique mais je tiens à souligner que mon avis en demi-teinte provient certainement plus d’une lassitude de ma part que d’un faux pas de la part de Sophie Audouin-Mamikonian parce qu’entre le premier tome et celui-ci, l’auteure a gardé ses habitudes : son humour un peu déjanté, ses rebondissements en veux-tu en voilà, ses personnages plutôt hauts en couleurs… Son style me plaisait il y a quatre ans, me laisse sceptique aujourd’hui. J’ai tout simplement grandi et aurais peut-être aimé que le héros suive ma voie et que la maturité et la gravité se développent au fil des tomes…

 

Merci à Michel Lafon pour la lecture de ce dernier tome !

Image : des déesses égyptiennes félines… Bastet et Sekhmet.

 

13 pensées sur “Indiana Teller, Tome 4 : Lune d'hiver de Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN

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