Glitch, Tome 2 : Résurrection de Heather ANASTASIU

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Glitch, Tome 2 :
Résurrection
de Heather ANASTASIU
Robert Laffont (Collection R),
2013, p. 402

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Glitch, Tome 2

Heather Anastasiu, jeune auteur de vingt-neuf ans, a déjà été publiée dans plusieurs journaux américains. Elle vit actuellement au Texas avec son mari et son fils. Parallèlement à l’écriture de la trilogie Glitch, elle poursuit une thèse en littérature jeunes adultes.
Robert Laffont.

Tome 1

Zoe est enfin libre. Elle a échappé à sa condition d’esclave au sein de la Communauté en se déconnectant du Lien qui contrôlait les moindres de ses pensées et émotions. Elle a surtout échappé aux griffes de la sinistre Chancelière qui voulait sa mort. Mais cette liberté est bien loin de rimer avec sérénité…
Zoe et Adrien se cachent désormais à la Fondation, une académie préparant les jeunes glitchers à grossir les rangs de la Résistance. Ensemble, Zoe et son équipe de combattants aux pouvoirs surhumains vont risquer leur vie pour tenter d’affranchir les membres de la Communauté du terrible contrôle mental exercé par la Chancellerie.
Mais à chaque menace écartée, un nouvel obstacle se dresse. Et Adrien, tourmenté par ses visions du futur, a peu à peu tendance à s’éloigner de Zoe et à se réfugier dans le silence. Ce qui rend la défaite finale de plus en plus inéluctable. Pire encore, alors que l’équipe de Zoe se bat contre des ennemis toujours plus nombreux, méfiance et trahisons lui font craindre que le plus grand danger se cache au coeur même de la Fondation…

L’année dernière, sensiblement à la même époque, j’ai lu le premier tome de Glitch. Et j’avais trouvé ça très mauvais. Mais vraiment très mauvais. Il n’y avait rien à sauver, à mon goût : univers pas du tout développé, intrigue superficielle, personnages exaspérants, histoires d’amour pas crédibles pour un sou… RIEN ne m’avait convaincue. Je n’avais donc aucunement l’intention de poursuivre l’aventure… jusqu’à la réception de ce deuxième opus, suite à une erreur. Ayant eu vent de bons échos à son sujet et ne voulant tout de même pas passer à côté de quelque chose (sait-on jamais !), je me suis dit que je pouvais prendre quelques heures de ma vie (les livres de la Collection R se lisent toujours à vitesse grand -v) pour tenter…
Et contre toute attente : oui, ce deuxième tome baptisé Résurrection est bien meilleur que le premier ! Alors non, ce n’est toujours pas la lecture du siècle, on reste toujours dans de la young adult un peu superficielle, mais quand même, de gros efforts ont été faits sur tous les points (personnages, univers, intrigue) ! Si le premier tome m’avait fâché avec Heather Anastasiu, je suis presque curieuse de lire la suite et fin de cette trilogie grâce à ce deuxième opus, c’est pour dire le pas de géant !

Dans le premier tome, on faisait la connaissance de notre héroïne – Zoe – et des deux garçons qui allaient lui tourner autour et se battre pour elle durant la majeure partie du développement – Adrien et Max. Je les avais détestés, tous les trois. Creux, caricaturaux, sans aucun intérêt et sans aucune surprise. C’est bien simple, j’avais envie d’entrer dans le bouquin pour les secouer ou leur en mettre une (et non, je ne crois pas que c’était le but de l’auteure !). Je redoutais de retrouver ce trio pour un nouveau triangle amoureux insipide… et en fait, non (enfin presque pas).
Si la romance principale ne m’inspire toujours pas une grande sympathie (c’est un peu niais quand même), elle est tout de même beaucoup mieux passée que précédemment car mieux construite, un peu plus crédible et approfondie, à mon sens. En revanche, j’ai toujours une dent contre les auteurs young adult qui trouvent tous les prétextes possibles et imaginables (la porte qui s’ouvre, quelqu’un qui crie, le toit qui s’effondre…) pour empêcher les deux amoureux d’aller plus loin que le chaste baiser. Ok c’est de la littérature adolescente donc faudrait pas choquer ces chers petits mais quand l’auteur se défile cinq fois dans le bouquin… faut pas croire, ils sont peut-être jeunes mais ils ne sont pas cons. Je ne dis pas qu’il faut que les auteurs de littérature young adult se mettent à nous décrire des scènes porno à chaque chapitre, mais ne serait-ce que lancer l’idée qu’il se passe un truc entre les deux héros… ce serait moins artificiel et donc plus crédible que tous ces contretemps qui arrivent de nulle part !

Malgré tout, et c’est un très net progrès, j’ai réussi sans mal à suivre les aventures de Zoe, l’héroïne et narratrice principale. Je n’en ferais pas ma meilleure amie, mais je trouve qu’elle a bien évolué d’un tome à l’autre. Elle semble plus mature, plus réfléchie et prend enfin conscience de son destin. Mais, malgré les pouvoirs qu’on lui prête et ce qu’on attend d’elle, elle ne se révèle pas infaillible et ça m’a plu. On suit parfois des héros beaux, intelligents, brillants, qui maîtrisent leurs nouveaux pouvoirs en un claquement de doigt… Chez Zoe c’est beaucoup plus progressif, beaucoup plus « humain », malgré ses compétences hors du commun. Elle peine à appréhender cette force en elle et elle met du temps avant de la comprendre et de savoir la diriger du bon côté. Cet apprentissage va de paire avec son évolution générale et vers un nouveau statut dans sa communauté. J’ai pris plaisir à la suivre sauf lorsqu’il s’agit de sa relation avec Max qui est clairement un personnage détestable (pour ne pas dire un gros connard), mais, très naïvement, elle continue à s’accrocher, à le soutenir et à le défendre face aux autres… complètement incompréhensible à mon sens (à sa place je le laisserais bien crever dans son coin !).

Glitch by Heather AnastasiuLa majeure partie de l’intrigue de ce deuxième opus tourne autour de la maitrise du pouvoir de Zoe et de la place qu’elle doit occuper dans la rébellion. On passe donc beaucoup de temps à suivre ses progrès et son apprentissage auprès des autres glitchers. Des amitiés et des inimitiés se créent dans cette vie en collectivité et tout n’est pas rose pour notre héroïne. Mais sous des airs d’école, les professeurs sont là pour former les adolescents au combat car leur mission est, grossièrement, de sauver le monde ! Pour cela, ils doivent venir à bout de leur grande ennemie, la Chancelière Bright, qui détient d’autres glitchers et la clef de la réussite… le groupe de combattants organisent donc des raids, sous les ordres de Taylor, une femme de poigne qui a une idée derrière la tête.
Même s’il ne se passe pas énormément de choses dans ce deuxième tome, le rythme ne manque pas, comme d’habitude avec les livres de la Collection R. Chaque chapitre contient son lot de révélations ou de nouvelles questions qui poussent forcément à lire – dévorer – la suite. Et d’ailleurs, en parlant de révélations, je trouve que celle qui arrive dans les derniers chapitres est plutôt (très) bien amenée car elle m’a surprise, je ne m’y attendais pas. Heather Anastasiu ne facilite pas les choses pour ses héros et même si je ne suis pas sadique, j’apprécie le fait que tout ne soit pas tout beau tout rose et que tout ne se résolve pas simplement, d’un petit claquement de doigt.

J’ai également beaucoup critiqué l’auteure lors de ma chronique du premier tome, car je trouvais qu’elle n’avait absolument pas développé son univers « dystopique », qu’elle était restée entièrement en surface, ne s’attardait sur rien, n’approfondissait aucune idée. La dystopie étant un sous-genre de la science-fiction, il me semble assez évident que le « décor » soit hyper travaillé.
Ce n’est encore pas génial dans cette suite, mais c’est toujours mieux que précédemment. Heather Anastasiu ne s’attarde toujours pas trop sur les détails de l’univers qu’elle a créé, sur ce qui passe au niveau de la puce implantée dans le cerveau des êtres humains, sur la raison pour laquelle certains développent des capacités surhumaines… mais on obtient quand même quelques petites informations qui, si elles ne répondent pas à nos questions, enrichissent un minimum le monde imaginé et le rendent un peu plus palpable et intéressant.

Quant à la plume (ou du moins la traduction française), la narration à la première personne du singulier permet au jeune lecteur de vivre l’aventure au plus près, comme d’habitude (ou presque) avec les livres du genre. Et comme d’habitude (ou presque) avec la young adult, peu de détails descriptifs sont apportés (difficile donc d’avoir une image précise des lieux et des scènes), seule la trame générale est offerte. Les dialogues, nombreux, font avancer l’intrigue et facilitent encore un peu plus la lecture que je conseillerais donc aux jeunes lecteurs débutants, de préférence. Il est évident que les lecteurs avisés en littérature imaginaire s’ennuieront de pied ferme et ne trouveront là que gentillesses et facilités. Cela dit, si vous avez quelques heures devant vous et l’envie d’oublier vos soucis, sans prise de tête… pourquoi pas !

Ce n’est pas la saga SF du siècle, c’est évident, ni même la romance la plus palpitante de la décennie, mais c’est assez rythmé pour distraire quelques heures. En revanche, n’espérez pas trop, vous serez divertis pendant le temps de lecture, mais vous ne retirerez rien de celle-ci et l’oublierez aussi vite que vous l’aurez dévorée !

Merci à la Collection R pour cette découverte imprévue !

 

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