Un monde idéal où c'est la fin de J. HESKA

un monde idéal où c'est la fin
Un monde idéal où c’est la fin
de J. HESKA
Editions Seconde Chance,
2013, p. 188

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Un monde idéal où c’est la fin

 

J. Heska partage sa vie d’écrivain entre les romans qu’il rédige depuis fort longtemps, ses nouvelles, et son blog, www.jheska.fr, dans lequel il met en scène quotidiennement ses histoires extraordinairement banales et ses mondes idéaux.

Son site

Bienvenue dans un monde idéal !
Un monde idéal où la civilisation telle que nous la connaissons n’existe plus. Dérèglement du temps ? Avènement de la magie ? Crise climatique irréversible ? Épidémie mondiale de mort subite ? Extra-terrestres maladroits ? Invasion de poireaux découpeurs de cervelles ? Crise de déprime globale ? Robots hors de contrôle ? Zombies entreprenants ?
Découvrez 100 histoires drôles, émouvantes, tragiques ou absurdes qui mènent à notre perte !
Mais c’est quoi Un monde idéal ? C’est une collection de livres reposant sur un concept tout simple qui a fait le succès du site Internet www.jheska.fr : des textes courts et percutants relatant des histoires basées sur des « et si » ?
Un livre parfait pour un petit moment de détente égoïste, dans le bus, à la pause déjeuner, le soir avant de se coucher ou à la plage !

Depuis quelques jours, Un monde idéal où c’est la fin est partout sur les blogs et les réseaux sociaux… difficile de passer à côté si vous fréquentez ces lieux. Je suis curieuse (ce n’est pas un vilain défaut), j’avais très envie de découvrir qui était ce J. Heska et de quoi parlait ce recueil… c’est donc avec grand plaisir que j’ai accepté de recevoir le livre-voyageur chez moi et avec plus grand plaisir encore que je m’y suis plongée.
Résultat, même si ce n’est pas un coup de cœur, je sors agréablement surprise de ma lecture, assez impressionnée par toutes les idées proposées par l’auteur ! Je pense même que certaines mériteraient largement d’être développées dans un format plus important…

N’ayant pas été plus loin que la quatrième de couverture (et n’ayant, a priori, pas fait attention à la mention « 100 histoires »), je m’attendais, en ouvrant Un monde idéal où c’est la fin, à trouver un recueil de quelques nouvelles… ce qui n’est pas vraiment le cas. Je ne pense pas qu’on puisse qualifier les textes proposés de nouvelles car ceux-ci n’excèdent jamais les deux pages. Ce sont des réflexions, quelques paragraphes seulement, sur un thème commun : le futur hypothétique de notre planète… et autant vous dire que nous sommes dans la mouise à plus ou moins longue échéance et de façon plus ou moins loufoques !
Un recueil de science-fiction donc, qui se tourne vers certaines idées que j’ai, pour ma part, trouvées assez intelligentes et percutantes car dans ce qui pourrait être la suite logique de notre présent. Certaines idées m’ont évidemment moins emballée et donc marquée, mais dans l’ensemble, je salue la réflexion de l’auteur et suis assez impressionnée par toutes les hypothèses qu’il avance. Quelle imagination ! Quelle abondance !

Et, non seulement les idées sont intelligentes et présentes en nombre assez important mais en plus, J. Heska sait les mettre en scène en très peu de mots. Voilà, à mon sens, une grande force lorsqu’on est auteur : maîtriser assez bien la langue pour élever tout un décor, tout un imaginaire précis dans la tête du lecteur, en quelques paragraphes seulement.
Si tous ne m’ont pas fait voyager, dans l’ensemble, je n’ai eu aucun mal à m’immerger dans chaque texte et, à chaque fois, à construire les principales caractéristiques de celui-ci pour comprendre où l’auteur voulait en venir. Certains écrivains se perdent en descriptions inutiles, d’autres parviennent à nous faire « rêver » en quelques mots, J. Heska fait partie de ces derniers… alors bravo !

j_heska11Je salue également les différents registres employés par l’auteur. L’humour est effectivement très présent, mais il sait aussi se montrer grave dans certaines situations et parfois même d’un pragmatisme logique qui pourrait « choquer ». Je pense notamment à ces deux pages qui mettent en scène l’avenir de notre planète alors que l’homosexualité est de plus en plus « courante ». Certes, la réflexion peut être un peu déstabilisante, mais je ne crois pas y voir un jugement de l’auteur (enfin, j’espère que non !), mais plutôt une réflexion sur l’avenir logique de l’humanité en partant d’un constat simple. Qu’adviendra-t-il de nous – êtres humains – si de plus en plus de couples homosexuels se forment ?
D’autres sujets, plus « légers » se trouvent entre ces pages. J’ai par exemple beaucoup aimé les textes uchroniques qui, grâce aux voyages dans le temps, modifient un élément du passé… qui aura des conséquences irrémédiables sur l’avenir de notre planète ! Le côté « simulation », mis en scène à plusieurs reprises, un peu à l’image de la Trilogie des Dieux de Bernard Werber, m’a beaucoup plu (et si, au dessus de nous, des dieux – ou autres – s’amusaient, à la manière des Sims ou autres jeux du genre, à nous faire vivre des vies qu’ils ont décidé, eux ? Et si l’apparition des religions, des guerres et des inventions étaient le fait d’une entité « supérieure » qui passerait quelques heures de fun, comme nous le faisons sur nos consoles de jeu ?), de même que le fil conducteur entre plusieurs textes, disséminés dans le recueil, autour de l’idée de l’émergence de la magie sur notre planète. Imaginez-vous être catapulté dans une sorte de World of Warcraft où vous devriez vous défendre contre des gnomes, des trolls et des démons dans une société aussi évoluée que les univers de medieval fantasy !

Alors, invasion extraterrestre, chute d’une météorite, apparition de la magie, voyageurs dans le temps qui modifient tout sans le vouloir, éruptions solaires, attaques de zombies… autant d’hypothèses qui nous catapultent dans un avenir plus ou moins proche… assez peu reluisant ! A mon avis, on ferait mieux de profiter de notre planète telle qu’elle est aujourd’hui… ça ne devrait plus durer très longtemps !

J’ai aimé toutes ces réflexions sur la fin de notre monde, certaines ont été distrayantes, d’autres m’ont fait réfléchir et prendre du recul sur certains sujets… Dans l’ensemble je n’ai eu aucun mal à me projeter dans les textes proposés, malgré leur brièveté… mais le format court, bien que possédant de nombreuses qualités, a aussi quelques défauts, notamment celui de ne pas marquer l’esprit plus que ça. Bien sûr, sur le coup et quelques heures après, j’ai trouvé certains propos percutants mais jamais autant que s’ils avaient occupé ma lecture pendant plusieurs heures… je pense d’ailleurs que certaines hypothèses ont largement assez de matière pour être développées dans un format plus important (peut-être pas un roman de 300 pages, mais pourquoi pas une nouvelle d’une cinquantaine de feuillets ?). Malgré tout, le choix de l’auteur de lancer ses idées comme ça, lapidairement, a de quoi séduire et peut, qui plus est, permettre d’en lire quelques unes, de temps en temps, dès que cinq minutes se présentent : dans une salle d’attente, dans la file de la poste… Un format qui n’est pas idéal mais qui parvient tout de même à me séduire.

C’est donc globalement convaincue que j’ai tourné la dernière page d’Un monde idéal où c’est la fin, curieuse de découvrir les autres textes de J. Heska !

Merci beaucoup à J. Heska et aux éditions Seconde Chance pour ce livre voyageur !

6 pensées sur “Un monde idéal où c'est la fin de J. HESKA

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