La Rebelle irlandaise de Susan WIGGS

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La Rebelle irlandaise
de Susan WIGGS
Harlequin (Historique – BestSellers)
2013, p . 442

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : La Rebelle irlandaise

Avec près de 12 millions de livres vendus dans le monde – et près de 650 000 rien qu’en France -, Susan Wiggs est régulièrement classée sur les listes de best-sellers du New York Times, de USA Today et de Publisher’s Weekly. Elle a reçu le prestigieux Rita Award pour l’ensemble de son oeuvre, riche de plus de 25 romans. Après avoir été professeur de maths, cette grande lectrice, diplômée de Harvard, a réalisé son rêve d’enfant il y a plus de vingt ans en troquant définitivement les chiffres pour les lettres, avec une prédilection pour l’écriture de grandes séries. Aujourd’hui, quand elle n’écrit pas elle-même, elle anime des ateliers d’écriture.

Irlande, 1658. Comment a-t-il réussi à échapper au pire ? Lorsque John Wesley s’éveille sous un soleil brûlant, sur le pont d’un bateau navigant en pleine mer, il peine à croire qu’il est vivant : ne sent-il pas encore autour de son cou la brûlure de la corde ? Il aurait dû être exécuté pour trahison, alors pourquoi l’a-t-on épargné ? Il a à peine le temps de réfléchir à la question qu’un matelot le conduit après de Cromwell, l’homme qui a ordonné sa mort avant de lui offrir un sursis inespéré… Là, John découvre que son salut ne lui a pas été accordé sans conditions : s’il veut rester en vie et récupérer sa fille de trois ans retenue elle aussi prisonnière, il devra infiltrer un clan de rebelles irlandais et livrer leur chef à Cromwell. Une mission simple en apparence, à condition de ne pas tomber sous le charme de Catlin MacBride, la belle et indomptable maîtresse des rebelles.

Cali connaissant (comme environ la moitié de la planète) mon obsession irlandaise, elle m’a offert, dans son dernier colis, ce roman historique (encore merci !). Bien consciente qu’il s’agissait d’un Harlequin, j’ai revu mes exigences à la baisse, seulement désireuse de passer un bon moment et pourquoi pas, de vivre une aventure amoureuse intense… j’ai finalement passé quelques heures agréables grâce à l’auteure mais l’histoire d’amour n’est en aucun cas en cause ; je dirais même que c’est finalement ce qui m’a fait le plus lever les yeux au ciel !
Malgré tout, pour une romance historique éditée par Harlequin (maison évidemment connue pour ses prix Goncourt…) c’est plutôt pas mal (même si je n’en lirais pas tous les jours)…

L’histoire se déroule en 1658, entre l’Angleterre et l’Irlande (mais plus souvent dans ce dernier). Autant dire que l’aspect géographique a beaucoup joué sur mon appréciation globale. Et même si le texte n’est pas exempt de clichés vendeurs (les falaises balayés par des vents magiques, les chevaux magnifiques du Connemara, une héroïne irlandaise têtue, intrépide et guerrière…), j’ai été agréablement surprise par la maîtrise du contexte. Je ne sais pas si ma propre imagination a beaucoup joué ou si Susan Wiggs connait assez bien le pays pour offrir des descriptions bien tournées ; mais je m’y suis cru. Non seulement je m’imaginais parfaitement les décors sauvages et le domaine des MacBride, mais j’ai souvent senti le climat particulier au pays, presque « magique ».
Malheureusement, au XVIIe siècle, la féérie a légèrement quitté l’Irlande au profit des anglais qui, tentant d’envahir la côte ouest du pays (le Connemara), apportent combats, famine et misère dans la région. Susan Wiggs aurait peut-être pu insister davantage sur cet aspect (qui reste assez « gentillet’) mais ce n’est finalement pas si mal… peut-être peu réaliste, mais assez percutant pour que le lecteur ait une idée assez précise du climat régnant alors en Irlande.

susan wiggsOn dit souvent que les irlandais sont rebelles, têtus et que, malgré toutes les difficultés qui se présentent à eux, ils ne lâchent jamais rien… surtout pas leur terre tant aimée ! Même si c’est très certainement cliché et exagéré, moi ça me plait et me parle. Voilà qui s’annonçait plutôt bien avec l’héroïne, Caitlin MacBride… oui, mais non. La jeune femme de 22 ans, chef de son clan, rebelle par excellence, guerrière indépendante au caractère fort avait tout pour me plaire… sauf son côté féminin, bien trop contradictoire et exaspérant à mon goût. J’ai adoré sa force et sa ténacité lorsqu’elle doit combattre les ennemis ou tenir tête à des hommes proches, mais j’ai été particulièrement déçue par son comportement avec Wesley. Qu’elle se méfie de lui et le repousse, c’est normal, après tout, c’est un anglais, un ennemi envoyé pour l’espionner et c’est, qui plus est, un homme qui veut la « dominer ». J’aurais même pu accepter qu’elle tombe sous son charme, qu’elle accepte ses envies et besoins et se jette dans ses bras… j’aurais pu. Mais pas un peu des deux, si maladroitement. J’ai vraiment peiné à comprendre comment une jeune femme comme Caitlin pouvait à ce point perdre tout sens commun dès que Wesley lui effleurait ne serait-ce que la main. J’ai été déçue par ses réactions, et surtout par le fait qu’elles se déclenchent si vite et soient systématiques. Je n’y ai pas cru. J’ai bien compris que Caitlin était tiraillée entre son devoir et son cœur, entre son indépendance et une relation, entre son côté guerrier et son côté plus féminin… mais justement, ce deuxième aspect m’a agacée et ne collait pas vraiment avec le reste, à mon goût.
A côté d’elle, Wesley m’a plu. Parce que j’ai trouvé sa personnalité et son comportement vraisemblables. C’est évidemment LE mâle par excellence : beau comme un dieu (ça me fait plaisir qu’un brun-roux aux yeux verts soit enfin considéré comme beau gosse !), fort et musclé, rusé, doué en tout… bon, on y croit pas du tout mais soit, ça fait du bien de rêver un peu (ils sont où les bruns-roux à Lyon ?!). J’ai bien aimé le suivre et j’ai été sensible aux choix « cornéliens » qu’il doit faire (même si ce n’est jamais surprenant). Il a un léger côté macho et dominant que je réussis à lui pardonner puisque je n’oublie pas que l’action se situe en 1658.
Les autres personnages, secondaires, ne sont pas plus marquants que ça mais tiennent bien leur rôle. Je retiens notamment la figure du « méchant » (Cromwell), celle de la jeune sœur pas si lisse que ça (Magheen) et surtout l’indispensable conteur-magicien, le nain Tom Gandy, autant apprécié que craint par son entourage. Aucun personnage vraiment surprenant finalement car l’ensemble reste assez classique mais fonctionne plutôt bien.

Je peux dire exactement la même chose de l’intrigue. On sait dès le début comment cette histoire se terminera mais malgré tout, on tourne les pages sans déplaisir, emporté par les rebondissements qui rythment l’aventure. Bien sûr, c’est couru d’avance et tout n’est que prétexte à la réunion des deux héros. Et c’est un peu là où le bât blesse.
Je vous disais déjà plus haut que le comportement amouraché de Caitlin m’avait un peu agacée… il en va de même pour les scènes de sexe. Ce n’est pas si mal écrit mais c’est d’un too much… c’est fou comme les nanas prennent leur pied dans les romans du genre ! Jamais une imperfection, tout est parfait dès la première rencontre, le premier baiser, la première caresse… c’est d’un crédible… (cela dit, j’imagine qu’une romance avec un mauvais coup se vendrait beaucoup moins bien… mais il y aurait peut-être moins de déçues lors du retour à la réalité, non ?). Bref. Je n’ai pas trouvé les scènes d’amour entre les personnages vraiment passionnantes et pertinentes. Ils s’engueulent et se sautent dessus (dans l’océan, sur la plage, sur un bateau…) et ça devient assez répétitif. Les scènes de sexe ne m’ont absolument pas émoustillée (c’est le but, non ?), j’en avais même marre à la fin puisque je savais que dès que les héros seraient dans la même pièce, ça finirait de la même façon… Des scènes plus « tendres », plus émouvantes, n’auraient pas été de trop… Mais je suis un peu chiante quand on me lance sur ce registre, soit c’est trop niais / gnangnan, soit trop « bestial »… mesdames auteures, je suis sûre qu’on peut trouver un juste milieu pour construire une belle romance… non ?

Si l’histoire d’amour ne m’a pas fait rêver car un peu too much et courue d’avance, je salue Susan Wiggs qui, grâce à son sens du détail dans ses descriptions, retransmet assez bien le climat propre à l’Irlande et permet au lecteur de vraiment voyager jusqu’au Connemara… Ce n’est évidemment pas une lecture indispensable, mais La Rebelle irlandaise offre un moment agréable dans l’Irlande de 1658. Certaines romances historiques n’ont d’historique que l’indication sur la couverture, Susan Wiggs peut au moins se targuer de connaître un minimum son sujet…

 

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