Rose Morte, Tome 2 : Trois épines de Céline LANDRESSIE

rose morte 2 céline landressie
Rose Morte,
Tome 2 : Trois épines
de Céline LANDRESSIE
L’Homme Sans Nom,
2013, p. 443

Première Publication : 2013

Pour l’acheter : Rose morte, Tome 2

Céline Landressie, qui adore se montrer en photo, est l’exception qui vient confirmer la règle : elle n’a rien à faire avec le monde de l’enseignement, au contraire des autres auteurs des éditions HSN. Après, elle a tout de même exactement le pedigree qu’il faut pour rejoindre l’équipe : c’est une indécrottable geek, qui ne lâche son clavier de PC que pour deux choses. S’occuper de son enfant et écrire. Après avoir passionné des centaines de fans lorsqu’elle proposait les premiers chapitres de Rose Morte sur son site Internet, elle nous a trouvés, et sa saga historique et fantastique a rapidement rejoint les rangs des publications HSN !

Le Site de Rose Morte
Tome 1 : La Floraison

France, fin du XVIIIe siècle.
Alors que la révolte gronde aux quatre coins de la France, Rose est rappelée de la cour de Russie. De retour aux côtés de son mentor, elle découvre que la situation vacille également dans l’univers occulte d’Artus.
Les Arimath doivent faire face à de sauvages attaques sur leurs terres, tandis que la grogne contre la noblesse croît d’instant en instant parmi le peuple. Entre la révolution naissante et les prémices d’une guerre au sein du monde obscur, les bouleversements dans l’existence de Rose s’annoncent cataclysmiques. Leurs conséquences risquent fort de faire sombrer en un même chaos les existences des humains aussi bien que des immortels…

Attention, risque de spoilers, deuxième tome oblige !

J’ai lu et grandement apprécié La Floraison, premier tome de cette saga fantastico-historico-romantico-policière (oui, rien que ça !) il y a quelques mois maintenant. Lorsque j’ai vu que les filles du Petit salon des trinomettes se lançaient dans la lecture de ce deuxième opus, j’ai eu envie de les rejoindre. Passé le fait que j’ai été une très mauvaise élève (quasiment toujours la dernière à avoir terminé la lecture des différentes parties), j’ai passé un excellent moment avec Trois épines. Et même meilleur qu’avec le précédent. A qui la faute ? A Rose, l’héroïne, à laquelle je me suis énormément attachée, contrairement au premier tome dans lequel j’avais gardé mes distances. Ajoutez à cela une plume toujours aussi travaillée, un univers riche et un peu plus d’actions et je ne suis pas loin du coup de cœur. Le seul défaut : devoir attendre de longs mois avant de pouvoir découvrir la suite !

Je ne sais pas par où commencer, ayant trop peur de ne pas trouver les mots justes pour vous faire passer mon ressenti… Pour qualifier ce deuxième tome – et cette saga en général – j’ai envie d’utiliser le mot « raffiné ». Raffinée la plume, raffinés les personnages, raffinée l’intrigue, raffiné l’univers mis en place… Bref, Rose Morte c’est le summum du raffinement.

On retrouve les personnages découverts dans le premier tome, quasiment deux cents ans après celui-ci, alors que les mois de l’année 1789 s’égrènent et que la colère gronde dans le royaume de France. Alors qu’elle a passé dix ans en Russie, Rose est rappelée par le comte Artus de Janlys et son jeune frère Adelphe car le clan des Arimath subit des pertes successives lors d’attaques étranges et trop stratégiquement lancées pour être du seul fait des Lamies, cette autre maison de créatures de la nuit bien plus coutumière d’une brutalité toute animale. La jeune femme répond à l’appel de son mentor mais, ô surprise, ne rentre pas seule au pays. Accompagnée du prince Vassili qu’elle a pris à son service, Rose revient en France après dix années de silence. Et dire que la situation est tendue entre nos quatre personnages serait un euphémisme. La communication est difficile. Notre héroïne n’est pas prête de pardonner à Artus le fait d’avoir été « bannie » dix ans loin du pays et surtout sans aucune nouvelle ; quant à ce dernier, la présence du beau Vassili n’est pas vraiment pour lui plaire. Adelphe et le prince russe se retrouvent bloqués entre les deux fortes têtes et évidemment, ni Rose ni le comte de Janlys ne veut faire le premier pas.
Je n’ai pas été surprise par le comportement d’Artus qui ne dénote pas vraiment de ce à quoi il nous avait habitués dans le premier tome. Bien sûr, il m’a bien souvent agacée avec son côté dominant et sa froideur étudiée mais il est égal à lui-même. Malgré tout, j’ai été ravie par l’éclairage nouveau apporté à ce personnage dans les derniers chapitres, éclairage qui me permet de mieux comprendre cet « homme » et d’éprouver plus d’empathie pour lui. Je n’en suis pas au point d’adoration de Cali mais je commence à l’apprécier, cet Artus. Quant à Rose, c’est la plus belle surprise de ma lecture. Si j’avais aimé la suivre dans La Floraison, j’avais gardé une certaine distance… distance complètement effacée ici. Dès les premières pages et ses retrouvailles avec les Arimath, j’ai été touchée et émue. Je me suis beaucoup attachée à la jeune femme forte et déterminée qu’elle est devenue et je n’ai eu aucun mal à ressentir ses émotions. J’ai compris chacun de ses choix, chacun de ses doutes et chacune de ses peines et déceptions. C’est bien simple, je crois qu’à sa place, j’aurais fait exactement la même chose. Et voilà comment une belle lecture (le premier tome) se transforme en excellente lecture (ce second opus) !
Adelphe et Vassili, les deux autres personnages « principaux » de cette histoire et de la maison Arimath, bien qu’au second plan, ont eux aussi leur place dans l’intrigue et dans mon cœur. Adelphe était mon chouchou dans le premier tome, il me plaît toujours autant ici et une révélation le concernant se profile au fil des pages… une voie intéressante, j’attends la suite ! Vassili, malgré sa froideur, n’est pas indifférent et ne m’a pas laissée indifférente. Je pense qu’il peut avoir beaucoup à offrir et je pense (en tout cas j’espère) qu’on le reverra par la suite et qu’on en apprendra plus sur lui.
Le quatuor rencontre bon nombre d’autres personnages, humains ou non, mais je ne les citerai pas ; je vous invite plutôt à lire vous-même cette saga pour les rencontrer. Et puis, même s’ils ont leur importance dans cette intrigue, les principaux sont clairement les quatre précédemment cités. J’ajouterai seulement que dans Rose Morte, les vampires (ils ne sont jamais appelés ainsi mais c’est ce qu’ils sont) se rapprochent des vampires « originels » (ou du moins comme moi, je les perçois), à la fois cruels et bestiaux mais aussi capables du plus grand raffinement (d’où ma phrase, plus haut).

robe à la polonaiseLe lecteur suit donc ce petit clan et s’il est fréquemment lancé sur l’intrigue « extérieure » à la famille, intrigue liée aux attaques des Lamies (quelqu’un cherche à nuire aux Arimath mais qui ? Et pourquoi ?), il me semble que le plus grand intérêt de ce deuxième tome (de cette saga) réside dans le traitement de ses personnages, des relations qu’ils entretiennent et de leur évolution au fil des évènements. Parce que, vampires ou humains, tout n’est pas noir ou blanc, les relations entre personnages sont toujours complexes et jouent sur la personnalité de ceux-ci. Céline Landressie nous brosse des portraits qui me paraissaient déjà très intéressants dans La Floraison mais qui gagnent encore en profondeur ici et ne cesseront de le faire jusqu’à la fin de cette histoire, j’imagine.
Outre des approfondissements sur les différentes figures, l’auteure nous propose ici de nouvelles informations sur l’univers qu’elle a mis en place. Les tensions entre les différentes maisons de vampires sont en effet l’occasion d’en apprendre plus sur l’origine des créatures aux dents pointues (ou du moins sur ce que pense chaque maison à ce sujet) et nous révèlent quelques nouveaux secrets. Céline Landressie fait alors appel à quelques mythes déjà cités dans d’autres œuvres vampiriques (je pense notamment à Caïn et Lilith, pour ne citer qu’eux), mythes qu’il me tarde de voir développés sous la plume de l’auteure.

La plume de Céline Landressie, parlons-en. Dans ma première chronique, je vous parlais d’un style riche et travaillé. C’est à nouveau le cas ici et c’est à nouveau un immense plaisir à parcourir. Là encore, je pense que le terme « raffiné » est celui qui correspond le mieux pour qualifier le texte. Chaque mot semble minutieusement choisi et pesé avec soin, un peu à l’image des auteurs classiques (Céline, reprends-tu vingt fois une même page pour que tout « sonne bien », comme Flaubert en son temps ?). Le lecteur se retrouve donc complètement immergé dans le récit, baigné par des dialogues emprunts du vocabulaire français du XVIIIe siècle (du vocabulaire vestimentaire notamment, expliqué dans un glossaire). Un bond dans le temps.
Et si vous angoissez à l’idée de vous retrouver face à un texte incompréhensible, n’ayez crainte, Céline manie les mots avec tant de talent qu’après quelques pages d’adaptation, vous verrez défiler les scènes comme si vous y étiez et goûterez le style avec tant de plaisir qu’il vous sera difficile de retourner à des lectures plus « simplistes » ensuite. Le décalage est immense. C’est dans des cas comme celui-ci que je me rends compte que, même si j’aime enchaîner les lectures « young adult », faciles et rapides à lire ; j’apprécie bien plus un texte travaillé qui sera certes plus exigeant et me demandera certes plus de concentration, mais m’apportera bien davantage.

Après un premier tome « d’exposition », l’auteure choisit ici d’entrer un peu plus vivement dans le sujet en multipliant les scènes « d’action » et en approfondissant la psychologie de ses figures. Grâce à un style inimitable, Céline Landressie nous révèle de nouvelles choses sur des personnages que j’avais pris plaisir à suivre dans le premier tome mais que j’ai véritablement appris à aimer ici.
Et si tout ce blabla ne vous convainc pas, les magnifiques illustrations de couverture signées Magali Villeneuve (auteure de la saga La Dernière Terre, également publiée chez L’Homme Sans Nom) le feront peut-être… Il me tarde d’ores-et-déjà de découvrir ce que nous réservent les deux amies pour le troisième opus !

L’avis des copines : Cali, Justine, Lydie, Mélusine et Péléane.

Illustration : Robe « à la polonaise » vers 1780.

10 pensées sur “Rose Morte, Tome 2 : Trois épines de Céline LANDRESSIE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

c5da4d4a214174372c593059235f6a2e<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<