Indiana Teller, Tome 3 : Lune d'automne de Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN

indiana teller 3
Indiana Teller, Tome 3 :

Lune d’automne
de Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN
Michel Lafon,
2013, p. 366

Première publication : 2013

Pour l’acheter : Indiana Teller, Tome 3

Sophie Audouin-Mamikonian (née le 24 août 1961 à Saint-Jean-de-Luz) est une écrivaine française, auteur de livres pour la jeunesse. Elle est titulaire d’un DESS de diplomatie et stratégie et est mariée, mère de deux filles, Diane et Marine, qui sont ses correctrices. Elle a pu développer grâce à ses livres de la série Tara Duncan , un dessin animé diffusé en France . Elle est également l’auteur de Clara Chocolat, petite sœur de Tara, une série pour les jeunes enfants, de La Danse des obèses, un thriller pour adultes et de Indiana Teller, une tétralogie sur les loups-garous dont le premier tome est paru en mars 2011. Très attendue par ses fans depuis cinq ans, sa série pour adolescents et jeunes adultes, La Couleur de l’âme des Anges, est parue le 5 janvier 2012 dans la collection R, aux éditions Robert Laffont. Sophie Audouin-Mamikonian a commencé à écrire à l’âge de 12 ans, avec son premier livre « Chanteclair, le petit phénix d’or », qu’elle a écrit durant les trois semaines où elle était « clouée au lit à cause d’une crise d’appendicite« .
Wikipédia.

Tome 1 : Lune de printemps Tome 2 : Lune d’été

Dans les interminables plaines du Montana s’étend le Lykos Ranch. Alentour, les voisins sont loin de se douter que ses occupants sont les membres de l’un des clans de loups-garous les plus puissants d’Amérique du Nord. Parmi eux, un seul humain a sa place : Indiana Teller.
Katerina est en danger mortel. Rongée par le venin des loups, la jeune femme se transforme peu à peu en un monstre sanguinaire et meurtrier. Son humanité semble perdue à jamais. Pourtant, Indiana ne renonce pas à son amour. Défiant les lois du clan, il enlève Katerina, abandonnant les siens au milieu de la guerre qui déchire la Meute.
Prêt à tous les sacrifices, il devra utiliser son don de rebrousse-temps jusqu’à l’extrême limite. Mais ce pouvoir est imprévisible et, à trop jouer avec le passé, Indiana pourrait s’attirer des ennemis millénaires…
La guerre des clans est déclarée.

Troisième et avant dernier tome de cette petite saga, Lune d’automne est dans la lignée des deux opus précédents : plein de rebondissements, d’actions et d’humour. Malgré tout – et c’est un peu le point sur lequel je reviens dès que je lis un livre de Sophie Audouin-Mamikonian -, il y a tant de choses à découvrir que je m’y perds, je m’embrouille et je finis par ne plus savoir ce que j’ai lu ! C’est riche et rempli de retournements de situation… mais peut-être un poil trop !

ATTENTION, puisqu’il s’agit d’un troisième tome, je risque de revenir sur des faits survenus précédemment… Risque de spoilers !

Après un prologue visant à nous rappeler les évènements importants des deux tomes précédents, le premier chapitre de ce troisième opus commence sur les chapeaux de roues ! Indiana, aidé par sa grand-mère et sa « nounou », ont sauvé Katerina des griffes de Tyler… enfin, « sauver » est un bien grand mot lorsque l’on découvre son état. Mordu par le nouveau chef du clan ennemi, la jeune femme est entre la vie et la mort. Son corps doit résister à la douleur de la transformation en Semi, transformation quasiment impossible pour les femmes (a priori plus faibles que les hommes). Katerina ne se réveille pas et pire que tout, elle ne se retransforme pas en humaine… voilà qui inquiète l’ensemble de la meute Teller.
Premier problème d’Indiana : trouver le moyen de réveiller sa petite-amie et la sauver d’une mort certaine et très douloureuse. Deuxième problème du jeune amoureux : la protéger des assauts de Tyler qui ne manquera pas d’essayer de la récupérer. Et il ne lésinera sur aucun moyen et aucune perte (lupines, vampiriques, humaines…). Troisième souci, et non des moindres : faire face au réveil de Mordred, ancien vampire endormi depuis plus de 1400 ans, complètement imprévisible et aimant les massacres. Et, au passage, trouver Excalibur, l’épée légendaire, seule arme capable de tuer ce géant dérangé.

Indiana, à peine majeur et même pas loup-garou… mais héros indestructible et inépuisable. Je trouve que c’est un peu too much. Je veux bien que le jeune homme soit doté de pouvoirs spéciaux (grâce à son métissage loup / rebrousse-temps) et soit extrêmement rusé et fin stratège mais… quand même. Il s’en sort presque « facilement » et parvient à se jouer d’un vampire millénaire complètement barge alors que tous les autres membres des castes surnaturelles (son grand-père chef de meute y compris), rament et pataugent. Et comme il est super fort en manipulation et stratégie, il parvient à déjouer les plans de Tyler, qui souhaite à tout pris récupérer Katerina. Il assure sur tous les fronts, fingers in the nose. Il est décidément bien fort ce blondinet. Et même si c’est parfois sympa de suivre un héros fort, courageux et amoureux (finalement, les romans arthuriens ne sont pas loin) ; je n’arrive pas à m’attacher à Indiana et il m’énerve plus qu’autre chose avec sa quasi perfection.
Katerina ne me plait pas plus. Dans le rôle de la demoiselle en détresse pour laquelle se battent deux prétendants, elle est parfaite… mais elle a parfois des réactions tellement stupides et incompréhensibles (ceux qui ont lu ce troisième tome verront peut-être de quoi je parle…). Apparemment elle est très belle et pas trop conne. Mais je me demande encore et toujours pourquoi deux jeunes hommes se battent pour elle. A mon goût, elle n’a rien de particulier, à part sa propension à se trouver toujours au mauvais endroit au mauvais moment.
L’histoire d’amour des deux héros me laisse donc complètement indifférente. C’est l’amour fou et… ben voilà. En fait je n’ai pas grand-chose à leur reprocher et c’est peut-être là le problème : il me manque de la profondeur, quelque chose qui ferait de cette histoire une grande histoire… mais tout est presque trop parfait. Alors certes, Indiana doit passer pas mal d’épreuves pour finir par vivre heureux avec sa belle mais ça ne me touche pas et n’intensifie pas du tout leur relation, à mon goût.
Les personnages secondaires sont nombreux, pas tous intéressants mais quasiment tous moins gnangnan que les deux héros. A commencer par Mordred, le grand méchant de ce tome, qui m’a beaucoup plu. Je l’ai trouvé charismatique, tout en relief et en paradoxes. Il me faisait tantôt peur, tantôt me donnait envie de l’écouter parler (enfin envie de lire ses interventions). C’est un ennemi intéressant et je suis même déçue qu’il doive combattre Indiana (parce qu’on sait pertinemment lequel des deux sort vainqueur de ce troisième tome).

Avec ce personnage étonnant, Sophie Audouin-Mamikonian lie son univers avec le thème, ô combien connu et déjà usité, de la légende arthurienne. Mordred est le fils incestueux d’Arthur, fils qui l’entraîne dans la tombe. Excalibur est évidemment l’épée légendaire du roi, mise sur le chemin de celui-ci grâce au concours de la Dame du Lac et de Merlin. Je tiens beaucoup à cette matière arthurienne et suis assez exigeante quand on touche à celle-ci, mais ne suis pas déçue par l’utilisation qu’en fait l’auteure. C’est plutôt « crédible » et s’inscrit bien dans cette histoire de loups-garous, de vampires… Je me demande si on continuera dans cette voie dans le quatrième et dernier opus… je ne sais pas si ce serait pertinent mais en tout cas, ça ne me dérangerait pas.

Indiana-TellerMalgré cet aspect qui m’a plu, je trouve tout de même que Sophie Audouin-Mamikonian a tendance à beaucoup se disperser dans ses intrigues. C’est riche, très rythmé et bourré d’actions, on ne peut le nier. Mais que c’est compliqué ! Manipulations, stratégies, retournements de situations et de vestes… mais mais mais… et Indiana prévoit évidemment tout et se retrouve dans tout ce micmac ! Eh bien moi j’ai tendance à ne pas m’y retrouver. C’est peut-être moins flagrant dans ce tome qui reste tout de même assez centré sur une intrigue « générale », mais on sent que l’auteure a beaucoup de choses à nous offrir et ce n’est parfois pas assez canalisé. Sophie Audouin-Mamikonian me donne toujours la même impression lorsque je lis ses histoires : une boule d’énergie qui ne tient pas en place et part dans tous les sens. Alors oui, c’est rythmé et on ne s’ennuie pas une seule seconde, mais quand on prend du recul et qu’on tente de résumer l’intrigue… hhhmmm. Est-ce que les plus jeunes lecteurs s’y retrouvent ? Est-ce que c’est moi qui suis complètement inapte à la compréhension ?
Bon, je modère mon propos. Ici, les grandes lignes me sont apparues sans trop de problèmes, mais quelques passages m’ont semblé assez tarabiscotés. Le point positif c’est effectivement que je ne m’ennuie pas… mais surtout que je ne vois jamais rien venir (puisque je suis incapable de comprendre les stratégies mises en place avant qu’elles ne soient décortiquées). Comme vous pouvez le constater, du positif et du moins positif dans ces intrigues (principales et secondaires) foisonnantes !

Enfin, et je terminerai sur ce point véritablement positif cette fois : j’aime beaucoup le style de Sophie Audouin-Mamikonian. Vif, efficace et bourré d’humour, c’est un plaisir à parcourir ! J’ai toujours le sourire lorsque je croise une référence à une œuvre actuelle (Vampire diaries par exemple) et le cynisme d’Indiana est bien la seule chose qui me plait chez lui.
L’utilisation de la première personne du singulier devrait pourtant me rapprocher du jeune homme… mais non. Et malgré l’accès à toutes ses pensées et tous ses agissements, ça ne m’aide pas à déjouer les plans des méchants et à comprendre ce qu’il manigance en douce !
Malgré tout, ce « je » apporte encore plus de vivacité et une touche de fraicheur au récit. De quoi passer un bon moment de détente, en dépit des petits défauts pointés un peu plus haut.

Indiana Teller ne sera jamais un héros auquel je m’attacherai beaucoup… sans parler de son histoire d’amour qui me court sur le haricot ! Malgré tout, je décide de retenir le positif de ma lecture : l’humour, la réutilisation de la légende arthurienne, le rythme effréné qui ne laisse pas la place aux temps morts et la figure du grand méchant de ce tome. Je lirai le quatrième et dernier tome, c’est évident.

« Soudain, un long hurlement nous fit sursauter. Katerina fixait son image contre le mur, avec une effrayante intensité. Et elle hululait comme une vraie sirène d’alarme. L’espace d’un instant, je crus qu’elle s’était fait mal, mais elle n’avait pas bougé. Elle se contentait de hurler. Je m’approchai…enfin pas trop…et murmurai :
-Oui, c’est toi, c’est ta forme humaine. Tu dois la reprendre, Katerina, c’est la seule solution. Cela te permettra d’échapper à la soif de sang. Ecoute-moi, Kat, transforme-toi !
L’espace d’un instant, son regard croisa le mien et je vis émerger Katerina, ma Katerina, derrière le monstre. Mais le monstre inspira, , reniflant mon odeur, et Katerina disparut aussi vite qu’elle était apparue, submergée par la soif de mon sang et de ma chair. »

Merci à Michel Lafon pour cette lecture !

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