Le Cycle d'Alamänder, Tome 1 : Le T'sank de Alexis FLAMAND

alamander 1
Le Cycle d’Alamänder,

Tome 1 : Le T’sank
de Alexis FLAMAND
L’Homme Sans Nom,
2011, p. 365

Première Publication (confidentielle) : 2008

Pour l’acheter : Le cycle d’Alamänder, Tome 1

 

Alexis Flamand, extraterrestre en visite sur notre planète, a pris forme humaine en 1970 mais s’est finalement retrouvé coincé dans son corps d’emprunt. Pour gagner sa vie, il a commencé par organiser un trafic d’organes de caniches nains, puis une secte autour du tire-bouchon avec adoration de la Grande Visseuse. Se rendant compte de ses erreurs, imputables à sa méconnaissance de notre culture, il change son fusil d’épaule et entreprend des études de biologie. Hélas, après quelques années, les dissections de rats ne lui apportent plus guère qu’une satisfaction modérée. Il s’oriente alors vers l’enseignement, puis vers la littérature. Il écrit des romans réalistes sur sa galaxie, que les humains considèrent comme des récits imaginaires de SF ou de fantasy. Il se passionne parallèlement pour tout ce qui touche à la création d’univers. Il réalise des illustrations 3D et 2D, produit des supports de formation pour des logiciels d’images de synthèse chez FormaCD, et rédige régulièrement des articles sur les logiciels employés dans l’industrie du film et des jeux vidéo. Enfin, il est fan, dans le désordre, de jeux de rôle, de jeux de plateau, de jeux vidéo, de graphisme et de rock progressif. Pour s’intégrer, il se rase régulièrement les tentacules et roule en limousine jaune (oui, il a encore des progrès à faire). Il espère qu’un jour ses compatriotes tomberont sur l’un de ses écrits et viendront enfin coloniser notre ex-belle planète.

Dites adieu aux orques, aux elfes, aux dragons !
Aujourd’hui, vous partez pour Alamänder. Allez donc saluer Anquidiath, le demi-dieu enfoui sous la montagne, chatouiller les monstrueux poulpes de guerre, flâner parmi les épis du champ de blé carnivore !
Aurez-vous le cran de suivre Maek, jeune homme en quête d’une mythique école d’exécuteurs ? Serez-vous digne de devenir le disciple de Jonas, détective spécialisé dans les affaires criminelles magiques ? Si c’est le cas, préparez-vous à découvrir un monde où se côtoient humour, intrigues policières et créatures improbables. Un monde original et farfelu d’où vous ne reviendrez peut-être pas indemne.
On vous aura prévenu.

Deuxième lecture du catalogue des éditions de l’Homme Sans Nom et deuxième découverte très agréable. J’avais tout d’abord été attirée par l’illustration de couverture et par la mention d’une fantasy humoristique dans la quatrième de couverture, et je n’ai pas été déçue ! Humour il y a et la couverture ne fait pas inutilement de l’œil aux potentiels lecteurs.
Le T’sank est un premier tome certes introductif puisqu’il met en place le contexte et les personnages mais n’est néanmoins pas dénué d’une intrigue déjà « conséquente » et d’actions rythmant le récit. J’ai parfois noté quelques longueurs descriptives mais je sors tout de même de cette lecture plus qu’enthousiaste et achèterai la suite aux Imaginales, c’est sûr !

Après deux chapitres en prologue introduisant le Roi Ernst XXX et les problèmes rencontrés par Kung-Bohr, son royaume, le lecteur fait la connaissance du mage-détective Jonas Alamänder et de son « démon de compagnie » Retzel. C’est vraiment à partir de cette rencontre agitée que j’ai découvert tout le potentiel humoristique de cette histoire. Et si j’ai apprécié les chapitres dédiés aux aventures des autres personnages ; jusqu’au bout, ce sont ceux mettant en avant ce duo improbable que j’ai préférés.
En effet, tel un vieux couple se chamaillant sans cesse, Jon et son démon « mineur et minable » du « Troisième-Cercle-En-Partant-De-La-Gauche » offrent des scènes assez cocasses ; les premières retrouvailles auxquelles le lecteur assiste en disent long sur les possibles scènes futures. Très vite, ces deux inséparables sont rejoints par deux soldats de l’armée du Roi Ernst XXX, deux cousins qui viennent raser la maison du détective-mage, appartenant désormais au territoire Kung-Bohrien. Jonas n’est évidemment pas du tout de cet avis et compte bien aller dire deux mots à sa Majesté. Les trois hommes et la créature infernale font donc ensemble le chemin jusqu’à la capitale… à dos de skorjs, des poulpes terrestres géants plus ou moins amicaux. Arrivés dans la capitale, les ennuis continuent et d’autres scènes surréalistes attendent le détective-mage, notamment au guichet d’inscription des émigrés. Je ris encore en repensant à cette scène vraiment très drôle ! A partir de là, l’intrigue prend plus de consistance et se tourne du côté de l’enquête puisque Jon est « embauché » pour ce qu’il sait le mieux faire : résoudre un meurtre a priori lié à la magie.
Entre les chapitres dédiés au détective et à ses compagnons, Alexis Flamand nous propose l’histoire d’un autre personnage : Maek. Ici, point d’humour mais plutôt la mise en place d’une quête pour le jeune garçon différent, étrange et légèrement flippant qui, afin de réaliser ses rêves, n’hésite pas à détruire sa « famille » et tout le village autour ! On comprend au fil du récit que ce jeune Maek a une importance capitale dans l’évolution du monde créé par l’auteur puisqu’il fait partie d’une de ses figures légendaires. J’ai davantage apprécié l’humour des chapitres mettant en scène Jon, mais j’ai tout de même beaucoup apprécié découvrir l’histoire de ce jeune garçon et surtout, son « identité » et son implication dans l’intrigue générale. Il me tarde d’en apprendre plus sur ce qu’il mijote (a mijoté ?).

Outre des personnages charismatiques, Alexis Flamand nous offre également un univers original, plutôt complexe et a priori (en tout cas, c’est que semble nous montrer ce premier tome) bien construit. Le lecteur découvre, au fil des pages, des créatures improbables (des poulpes terrestres de guerre, rendez-vous compte !) et étranges (des champs de blé carnivores !), les us et coutumes d’un monde à part, les principes et préceptes d’une magie appelée « Noble Art »… et beaucoup d’autres choses qui ne demandent, je pense, qu’à être développées et enrichies dans les opus suivants (et je m’en fais d’ores et déjà une grande joie !).
L’auteur a réussi à créer un monde de fantasy nouveau et original (ce n’est pas simple vu tout ce qui a été écrit dans le genre) et surtout qui tient la route. J’ai rapidement été propulsée dans cet univers et m’y suis sentie très bien. J’étais tour à tour inconfortablement installée sur un skorj en compagnie de Jonas ou sentant la morsure des épis de blé des champs carnivores à l’instar du jeune Maek. Le récit est ponctué d’assez de descriptions imagées pour que chaque lecteur puisse s’immerger sur le continent d’Alamänder.

auteur_alexis_flamandOn peut, cela dit, regretter quelques descriptions un peu trop poussées qui ont tendance à ralentir un peu le rythme du récit. Malgré tout, j’ai aimé les parcourir et remercie Alexis Flamand d’avoir su détailler les scènes, proposant ainsi de véritables tableaux que je n’ai eu aucun mal à me représenter dans ma petite tête. Quant aux interventions et échanges des personnages entre eux, inutiles de vous dire qu’ils sont savoureux… notamment les répliques qui fusent entre Jon et Retzel, évidemment !
Comme déjà dit, les chapitres permettent d’alterner les points de vue puisque le lecteur suit soit le groupe composé de Jonas et de ses compagnons, soit la quête de Maek même si les chapitres consacrés à celui-ci sont moins nombreux. J’ai aimé ce découpage qui met en parallèle deux aventures mais également deux « époques » et deux tonalités différentes. En effet, si l’on sourit et l’on peut rire à gorge déployée grâce aux interventions de Retzel et grâce à l’intégration de Jon dans la capitale Kung-Bohrienne, difficile de se fendre la poire en suivant le chemin parcouru par le jeune et sombre Maek. L’auteur parvient à passer de l’une à l’autre sans heurt et cela se ressent pendant la lecture.

Si la première moitié du texte présente la situation initiale et la mise en route des personnages vers leurs destins respectifs, la seconde moitié prend véritablement la forme d’une enquête puisque le détective doit venir à bout d’une énigme qui semble insurmontable. J’ai beaucoup aimé cette évolution et ce choix de l’auteur. J’ai eu l’impression de suivre Sherlock Holmes ou Hercule Poirot dans une chasse aux détails qui peuvent sembler insignifiants (mais qui ne le sont pas !), dans un monde de fantasy. Et comme avec ces deux héros policiers, je n’ai pas du tout su voir ce qui était pourtant devant mon nez… heureusement que Jonas a du flair !
Je suis heureuse d’avoir découvert un premier tome qui ne se contente pas de placer un contexte, de présenter les personnages et de poser les bases d’une intrigue. Non, ici, véritable intrigue il y a et même si l’on comprend que ce n’est qu’une intrigue « secondaire », que quelque chose de plus gros, de plus général, couve derrière tout ça ; on n’est pas frustré par un opus trop introductif.

Des personnages charismatiques, un univers original et qui promet encore de belles surprises, une intrigue déjà bien consistante, une forme maîtrisée, beaucoup d’humour… un premier tome très agréable à parcourir et qui invite fortement à lire la suite ! Et je serai au rendez-vous !

« – (murmure) Une bonne chose de faite.
– Je te demande pardon, puissant magni ?
– Avec la majuscule, s’il te plaît.
– Comment ?
– Mon nom, avec la majuscule. Je ne suis pas une chaise.
– (léger rire) Oh, Pardon, Très Puissant Magni.
– Ne fais pas trop le malin, Ying-Ko, je pourrais t’obliger à énumérer mes attributs en plus de mon titre légitime.
– Oui, Trop Puissant Magni.
– Arrête ça et écoute-moi.
– Je t’écoute, Divin Magni, Maître des Cent Dix-Sept Eléments Constituant la Matière, Gardien de la Pénultième Flamme, Illustre Créateur des… je continue ?
– Tu as oublié « Pourfendeur des Insolents Qui Se Fichent de Moi et Qui vont Se Retrouver à la Circulation des Prières ».
– D’accord, j’arrête.
– Remonte au début de ce paragraphe, juste après la petite introduction que l’auteur se sent obligé d’ajouter en tête de chaque chapitre. Nous pourrons de nouveau synchroniser nos répliques.
– (relecture à voix basse) Voyons… mmmmmh… Ah, nous y voilà… Une bonne chose de faite, disais-tu ? »

« Notez qu’un espion peut faire à tout moment une demande auprès des services compétents afin de devenir agent double. La sécurité sociale de notre capitale protège aussi les activités de ses agents triples et quadruples. Au-delà, la complexité de la situation ne permet plus qu’une consultation régulière et gratuite chez un psychiatre homologué… »

« – Non. Désolé. Voyez-vous, Jon, il n’y a pas de magie ici. Pour paraphraser un célèbre propagandiste, Lorsque j’entends le mot magie, je sors Monrev Olver – c’est le nom de mon skorj de combat. »

logo

Une pensée sur “Le Cycle d'Alamänder, Tome 1 : Le T'sank de Alexis FLAMAND

Répondre à Cécile D. Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

bd0ffe62f7193e25e4977ca0d49cf039jjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj