Parallon, Tome 1 de Dee SHULMAN

parallon 1
Parallon,

Tome 1
de Dee SHULMAN
Robert Laffont (Collection R),
2013, p. 491

Première Publication : 2012

Pour l’acheter : Parallon, Tome 1

 

Dee Shulman est une auteure et illustratrice britannique reconnue, avec déjà près d’une cinquantaine de livres publiés. Elle écrit autant pour les enfants que pour les adolescents. Sa production a été traduite dans de nombreux pays, notamment au Japon, en Italie, en Hollande, en Finlande. Chacune de ses nouveautés est chaleureusement accueillie par la presse et elle collectionne les distinctions et les prix en Angleterre. Dee est diplômée de littérature anglaise à l’université de York et a étudié le dessin à l’Harrow School of Art. Parallon est son premier grand projet pour ados et jeunes adultes.

L’amour fou existe, il n’est pas de ce monde.
Un gladiateur romain qui ne connaît pas la peur et une jeune fille du XXIe siècle, insouciante et rebelle. Deux mille ans les séparent, un mystérieux virus va les réunir…
152 après J.-C. : Au sommet de sa gloire, Sethos Leontis, redoutable combattant de l’arène, est blessé et se retrouve aux portes de la mort.
2012 après J.-C. : Élève brillante mais à problèmes, Eva a été placée dans une école pour surdoués, une vie qu’un incident dans un laboratoire de biologie fait basculer à jamais.
Un lien extraordinaire va permettre à Sethos et Eva de se rencontrer, mais il risque aussi de les séparer, car la maladie qui les dévore n’est pas de celles qu’on soigne, et leur amour pourrait se révéler mortel…
Leur passion survivra-t-elle à la collision de deux mondes ?

Lorsque j’ai vu ce nouveau titre proposé par la Collection R, j’étais très tentée. Pas par l’illustration de couverture, qui pour une fois ne me plaît guère (je trouve que la collection nous a habitués à mieux) mais par le pitch qui semblait faire état d’une possible partie plus « historique ». Les romans historiques, c’était mon dada quand j’étais ado et replonger dans la Rome antique avec quelques années de plus au compteur, ça m’inspirait.
Si la lecture a plutôt été plaisante, je dois tout de même avouer que j’ai été un peu déçue par la romance, pourtant annoncée comme passionnelle et unique. Je suis une vieille peau maintenant, il me faut du relief. Malheureusement, et c’est un reproche que je peux faire pour quasiment tous les titres young adult que j’ai lus jusque là (dans n’importe quelle édition), cette histoire d’amour ne m’a pas fait vibrer une seule fois, je n’y ai pas cru. Trop prévisible, trop attendue et surtout… trop lisse. Dommage car le côté SF de l’intrigue, même si encore peu poussé ici, est prometteur. Je lirai donc la suite pour le contexte, en espérant que la romance prenne un peu de poids.

La quatrième de couverture nous annonce la passion destructrice de deux jeunes gens : elle vit dans le Londres de 2012, lui dans le Londinium de 152 après J. C. On s’attend donc à une confrontation rapide des deux amoureux… mais que nenni ! Il faut attendre le dernier tiers du texte pour que ces deux-là se rencontrent et s’affrontent. Avant d’en arriver là, le lecteur suit chacun d’eux dans son monde, dans son époque, complètement séparés l’un de l’autre. Sethos Leontis (plus souvent appelé Seth) est un gladiateur sous le Haut Empire romain (a priori sous le règne d’un Antonin, si mes recherches internet ne m’ont pas menti), Eva est une élève surdouée avec des difficultés comportementales qui l’entraînent dans un nouveau lycée privé du XIXe siècle. Quel rapport entre les deux me direz-vous ? Au début, on n’en voit aucun mais bien vite… j’ai eu la puce à l’oreille et ce n’est pas forcément très original.
Seth le gladiateur tombe évidemment fou amoureux d’une jeune fille romaine de bonne famille, Livia. Premier reproche : je sais que le coup de foudre ou l’amour au premier regard est un concept très employé dans les romances… mais moi je n’y crois pas (plus). Je n’arrive pas à concevoir que le jeune homme soit envoûté par la demoiselle, par un simple regard (ou alors c’est une sorcière… mais ce n’est pas le cas ici) et que celle-ci lui rende son amour simplement car c’est un combattant hors pair beau gosse. Je n’ai pas accroché à cette histoire d’amour impossible, puisque la demoiselle est évidemment fiancée à un riche et vieux citoyen romain (qui fera le bonheur du porte-monnaie paternel)… Vous imaginez la fin tragique, moi aussi. Bref, sans surprise et sans relief. Les chapitres dédiés au personnage de Seth relatent cette romance.
Eva, elle, de son côté, découvre son nouveau lycée, son nouvel environnement et ses nouveaux camarades. Elle se lie d’amitié pour la première fois, découvre qu’elle a des aptitudes pour le théâtre et la musique et que les sciences la passionnent, définitivement. En fait, Eva est une surdouée, belle et douée (évidemment) en tout. Les héroïnes trop parfaites, c’est un peu ennuyeux. Bon, je n’irais pas jusque là puisque j’ai tout de même pris plaisir à suivre l’adolescente mais elle ne restera pas une héroïne marquante.
Vous ne voyez toujours pas quel pourrait être le lien entre les deux personnages principaux… même pas une petite idée ? [ATTENTION SPOILER (il faut surligner la suite) : Eva n’est autre que la « réincarnation » (ou quelque chose du genre, on n’a pas la réponse à la fin de ce tome) de la Livia adorée du jeune homme.] La rencontre entre Eva et Seth a lieu dans le dernier tiers du texte. J’ai davantage apprécié cette relation que la précédente. Moins de « je t’aime au premier regard » plus de « je t’aime, moi non plus » et d’épreuves pour les deux amoureux. Ce n’est pas une romance extraordinaire et inoubliable, ni même une romance qui me fait vibrer, mais c’est déjà plus appréciable que celle qui liait Livia à Seth.

dee shulmanMais, si les deux héros d’époques différentes sont réunis en un même lieu, c’est grâce à un concept particulier… celui de Parallon. Je ne spoilerai pas celui-ci, laissant la surprise à ceux qui souhaitent lire ce premier tome. On entre dans la science-fiction. Dee Shulman met au point une théorie un peu loufoque mais plutôt intéressante et divertissante. Beaucoup de possibilités et de futures aventures peuvent en découler et c’est, à mon sens, le point le plus fort de ce texte. L’auteure reste en surface pour le moment, on ne sait pas grand-chose, juste les grandes lignes pour comprendre le fonctionnement de l’ensemble mais beaucoup de questions persistent. Pour le moment, c’est pas mal fichu mais encore faut-il que les détails qui ne manqueront pas de suivre (du moins j’espère) soient cohérents et bien pensés. J’espère que Dee Shulman va vraiment creuser cet aspect SF dans le (les ?) tome(s) suivant(s), puisqu’il y a matière, à mon sens.

Le lecteur découvre une forme qui change un peu des habituels romans young adult à la première personne du singulier puisqu’ici, il suit deux héros de façon alternée. Les chapitres dédiés à Eva sont effectivement écrits du point de vue interne (à ce fameux « je »…) mais ceux concernant Seth sont à la troisième personne. Je trouve le choix presque dommage puisque dès le départ, l’auteure met un peu une barrière entre le héros masculin et le lecteur. Alors oui, je comprends bien qu’elle veuille mettre en avant Eva, la « vraie », l’unique héroïne de Parallon mais justement, placer Seth au même niveau n’aurait peut-être pas été une mauvaise idée. Bien sûr, il aurait fallu jongler entre les deux points de vue (les pensées d’une adolescente du XIXe siècle ne sont pas les mêmes que celles d’un gladiateur romain) et donc varier la forme selon les chapitres… mais je m’égare.
Malgré ce blabla, j’ai apprécié ma lecture et le style fluide de l’auteure. Je salue ses efforts de descriptions du monde romain, intéressants et créant un vrai contexte historique et je reconnais sa maîtrise du « je », elle parvient assez bien à exposer les pensées et émotions d’une adolescente comme Eva.

Je suis un peu dure dans cette chronique, car j’analyse ma lecture après coup. Mais pendant celle-ci, j’ai passé un moment relativement agréable, même si certains points me chagrinaient déjà. Dee Shulman apporte une théorie SF plutôt intéressante et qui mérite d’être développée, dommage que l’inévitable romance young adult soit si pauvre.

« – La seule femme dans Londinium qu’il ne peut pas avoir et c’est elle qu’il choisit ! Seth ! Tu veux vraiment mourir ? Oh, je sais ! Tu as reçu trop de coups sur la tête et ton cerveau a cessé de fonctionner. Laisse tomber. Aucune femme ne vaut une condamnation à mort. »

Merci à la Collection R pour cette découverte !

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