Emma (double), Tome 1 de Kaoru MORI

emma1Emma (double),
Tome 1

de Kaoru MORI

Ki-oon (Latitudes),
2012, p. 382

Première Publication : 2002-2003

Pour l’acheter : Emma, Vol.1

Kaoru Mori est une mangaka née le 18 septembre 1978 à Tokyo. Victorian romance Emma est sa première série (de dix tomes), dont le succès a été limité. En revanche Bride Stories a eu plus de lecteurs, séduits par ses arabesques et ses motifs propres à l’Asie centrale.

En Angleterre à l’époque victorienne, Emma est femme de chambre pour une préceptrice à la retraite. Douce, calme et réservée, la domestique cache un passé douloureux. Lorsque le riche William Jones rend visite à son ancienne gouvernante, il remarque la jeune fille et, petit à petit, des liens profonds se tissent entre eux.

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J’avais entendu parler de ce manga à plusieurs reprises, j’étais alors très curieuse de découvrir à mon tour cette histoire de jeune femme de chambre dans la société anglaise de la fin du XIXe siècle. L’illustration de couverture assez sobre mais tout de même « happante » je trouve, m’intriguait. J’ai donc entamé cette lecture optimiste et avide de passer un bon moment.
Alors oui, j’ai effectivement passé un excellent moment en compagnie d’Emma, mais il m’a manqué une petite étincelle d’originalité, de magie… pour que je puisse en faire un coup de cœur. Cela dit, je lirai la suite dès sa réédition double (à savoir les tomes 3 et 4 simples) et m’en réjouis d’avance !

Plus que les dessins, c’est surtout le thème et le contexte particulier qui m’attiraient dans ce manga. La société anglaise, qui plus est du XIXe siècle (la fin du siècle, ici) a, a priori, tout pour me plaire. Le thé, les gentlemen, les manières anglaises… tout un monde qui me séduit. Ajoutez à cela, une héroïne plutôt issue de la « basse » société qui touche du doigt les hautes sphères et vous êtes en présence d’une histoire que je pourrais considérer comme idéale.
Alors certes, le coup de la bonne qui s’entiche du fils de bonne famille, c’est vieux comme le monde et donc pas forcément très original, mais, une nouvelle fois, cela a fonctionné sur la rêveuse romantique que je suis ! Et si l’intrigue principale peut légèrement souffrir de banalité, le traitement des personnages change la donne et fait la force de l’œuvre.

En effet, derrière l’image de la jeune femme de chambre pauvre mais ravissante se cache un lourd passé chargé de souffrances. Au début mystérieuse et insaisissable, Emma se dévoile un peu plus dans les derniers chapitres. Il reste de nombreuses zones d’ombre au sujet de sa vie, mais je suis sûre que la mangaka saura nous renseigner en temps voulu.
William, le jeune homme de bonne famille, est quant à lui, tel qu’on peut s’y attendre : un peu oisif, un peu timide, un peu pataud… il ne fait pas grand-chose de ses journées si ce n’est penser à Emma et peine à s’opposer aux décisions de sa famille (notamment son père). Rien de bien extraordinaire jusque là, mais les évènements des dernières pages semblent le secouer un petit peu. J’ai hâte de voir comment il se comportera dans l’opus suivant !
Les personnages secondaires sont plutôt nombreux, mais je vais me contenter de vous en présenter un en particulier, celui que j’ai préféré : Mme Stowner, l’ancienne préceptrice de William qui a engagé la jeune Emma. Acariâtre et avec un caractère assez difficile au premier abord, cette dame charismatique se révèle finalement bien plus permissive et sympathique qu’on pourrait le croire. J’ai vraiment énormément apprécié cette figure et la façon dont Kaoru Mori la dépeint.
Mais, de façon générale, c’est bien les portraits façonnés par la mangaka que je retiendrai de cette lecture et même les personnages moins importants sont brossés brillamment : Hakim le prince indien enthousiaste (qui débarque à Londres avec ses éléphants et de jeunes indiennes), Eleanor la fiancée de William très jeune et particulièrement prompte à séduire et se laisser séduire, Vivi la petite sœur très vive et aux opinions très tranchées, le père très attaché à sa fortune et à l’avenir de son fils… Certains sont parfois un peu manichéens mais comme il s’agit des deux premiers tomes (réunis dans cette première intégrale), je pense qu’ils auront plus à nous offrir par la suite et de quoi nous surprendre !

Enfin, niveau dessins, parce qu’il faut bien en parler (il s’agit tout de même d’un manga !), je dirais que je ne suis pas à 100% enthousiaste mais que je suis positivement emballée. Ce qui m’a le plus déçue finalement : le visage d’Emma (et parfois celui de William également). Dommage, ce sont les héros. La jeune femme est censée être une vraie beauté qui fait tomber tous les garçons comme des mouches (et même les plus riches) et personnellement, je ne trouve pas, en regardant ce visage offert, qu’Emma soit une beauté. Mais c’est un avis très personnel. De même pour William que je trouve assez quelconque mais encore une fois, ce n’est que mon avis.
En revanche, j’ai aimé les dessins des décors/paysages, regorgeant de détails et rendant bien compte de l’idée que je me fais du Londres pendant la révolution industrielle. De plus et c’est ce que je retiendrai en priorité, j’ai adoré les nombreux passages pendant lesquels le texte (les dialogues) est absent. Les images sont seules à transmettre l’histoire et j’ai trouvé que Kaoru Mori savait très bien s’en sortir ainsi. Les planches parlent d’elles-mêmes, surtout dans les moments les plus intenses et émouvants et c’est vraiment très réussi !

Ce n’est pas un sans faute pour la découverte de ce manga mais c’est tout de même une excellente lecture faite de beaux points positifs. Je renouvellerai l’expérience avec la suite (lorsqu’elle sortira en intégrale) et en attendant, j’ai bien envie de me lancer dans l’autre saga de Kaoru Mori : Bride Stories, qui, selon Matilda, est encore meilleure !

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4 pensées sur “Emma (double), Tome 1 de Kaoru MORI

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