Sirellia de ALISSANDRE

sirelliaSirellia
de ALISSANDRE

Sortilèges,
2012, p. 270

Première Publication : 2012

Pour l’acheter : Sirellia

Alissandre est une auteur bretonne, passionnée de littérature de l’imaginaire depuis sa plus tendre enfance. Elle lit, à 8 ans à peine, des romans fantastiques pour adultes et se rêve déjà écrivain. C’est tout naturellement que, très tôt, elle commence à écrire. Ce fut tout d’abord sous la forme d’un journal intime, comme beaucoup de jeunes filles, mais très vite, les mots devinrent histoires, puis les histoires se changèrent en  aventures merveilleuses. Sirellia est le fruit de son goût pour la musique et les féeries, et de son penchant inavoué pour le romantisme.

Les feuilles virevoltaient dans les airs, légères comme des plumes. J’entendais au loin, cette douce mélopée qui résonnait dans mon corps et accompagnait le souffle du vent. Puis cette voix m’appelant, « J’ai besoin de toi Clément ».
Lorsque j’ai fait ce rêve, je n’imaginais pas combien les songes pouvaient être réels. Ni ce que cela impliquait pour mon avenir. Un soir d’automne, mes doigts ont frôlé une inscription magique qui s’est envolée dans un halo bleuté sous mes yeux incrédules, ce n’était que le commencement.
J’ai la chance d’avoir rencontré un peuple doté de capacités surnaturelles, vivant en secret au cœur de l’immense forêt millénaire. Mais ce privilège a un prix, suis-je prêt à risquer ma vie pour les protéger ?

Les éditions Sortilèges m’intriguaient depuis quelques temps mais je n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir un de leurs titres. Grâce à la dernière opération Masse Critique de Babelio, c’est dorénavant chose faite.
Je n’ai pas été totalement convaincue par ce titre mais, en revanche, j’ai apprécié les thèmes abordés et le livre en tant qu’objet. Je ne manquerai donc pas de tester un autre livre du catalogue des éditions Sortilèges.

Ce que je regrette le plus en refermant ce petit roman, c’est son aspect trop lisse, trop facile… notamment en ce qui concerne les personnages et leurs relations. L’auteure reste trop en surface et ses figures sont un peu trop stéréotypées.
En premier lieu le héros, Clément, jeune homme un peu solitaire, très attiré par les lectures de l’imaginaire, qui se révèle avoir un destin hors du commun et qui parvient très vite à le maîtriser et à accomplir ce qu’on attend de lui. Et pour lui faire face et l’accompagner, on découvre Ambre, la petite nouvelle du lycée, un rayon de soleil sublime et toujours de bonne humeur. Ils sont si « parfaits » et ont des réactions si attendues, qu’on a du mal à s’attacher à eux. De plus, très vite, le destin les rattrape et les transformations (physiques mais pas que) débutent. C’est très rapide, survient un peu trop tôt dans le récit à mon goût et surtout, je trouve que les deux jeunes héros acceptent bien trop facilement ce qui leur tombe dessus !
Les personnages secondaires sont eux aussi, assez manichéens. Qu’il s’agisse d’Elvin le Guide, Olympe la « chef » des Féerines, les parents de Clément et Ambre, les autres Féerines et même le grand méchant… ils sont tous exactement là où on les attend et comme on les attend. Ils manquent tous un peu de surprises, de relief et c’est dommage, parce que je pense qu’ils ont tous du potentiel, plus ou moins, mais ils possèdent tous un petit quelque chose.

Ce côté un peu trop « facile » et lisse se retrouve également dans l’intrigue et l’enchaînement des péripéties. Les combats avec le grand méchant sont plutôt bien décrits et apportent un petit peu de suspense même si, comme pour le reste, on se doute du dénouement. Quant à l’identité de l’ennemi à abattre, ça n’a jamais été une surprise pour moi, c’est vraiment très attendu. C’est pourquoi je pense que Sirellia s’adresse à un public assez jeune, public qui a besoin de grosses ficelles (du côté des personnages et de l’histoire) pour bien appréhender la lecture.
Si l’on se place du point de vue de jeunes lecteurs, je pense que la découverte peut être très agréable et apporter quelques réflexions sur des thèmes importants : la quête d’identité, la relation à la famille, l’amitié, l’amour… Des thèmes universels qui fonctionnent toujours très bien et qui sont bien amenés dans Sirellia.

CouvertureSirellianewEn revanche, et c’est le gros gros point positif de ma lecture, j’ai trouvé l’univers mis en place riche et plutôt « complexe ». J’ai vraiment beaucoup apprécié l’aspect féérique que contient Sirellia : la nature des Féerines, leurs pouvoirs, leur histoire, la place des Guides dans l’existence de celles-ci, la présence de golems (de boue, de glace…). Bien loin des vampires et des loups-garous, on se rapproche ici des créatures merveilleuses, des traditions et d’un folklore que j’apprécie beaucoup. Et en y réfléchissant bien, j’ai l’impression que je n’ai jamais lu beaucoup de livres mettant en scène des êtres féériques très proches de leur mère nature ; c’est donc un plaisir de les voir traiter ici.
J’ai, en plus, été assez facilement transportée dans la forêt des Féerines, dans cette atmosphère très particulière et magique, malgré la présence des Hommes et du monde « normal » à quelques kilomètres seulement. Le dépaysement est bien là et c’est très agréable.

Enfin, côté plume, dans l’ensemble je suis satisfaite. J’ai réussi à entrer dans le monde des Féerines et à m’imaginer leur vie et les scènes dans lesquelles elles évoluent. En revanche, et c’est lié au fait que je ne me suis pas attachée aux personnages, j’ai trouvé ma lecture un peu « froide ». Je n’ai pas ressenti de réelles émotions pour les personnages que je suivais, je suis restée assez en retrait. Mais c’est souvent le cas avec les livres destinés à un jeune public, livres qui restent un peu trop en surface et ne permettent pas, à mon goût, d’entrer pleinement dans l’histoire pour la vivre en même temps que les héros.
Cela dit, d’un point de vue strictement formel, l’ensemble est plutôt bien écrit et se lit facilement. Je n’ai pas relevé de fautes horribles, si ce n’est une formule atroce que j’ai croisé à deux ou trois reprises… exemple : « Elvin Fan Ligor et Clément apparurent dans la chambre qu’ils avaient quittée il y a environ deux heures. » Non, non et non !!!! Le « il y a », c’est dans un texte au présent. Dans un récit, on dirait plutôt « Elvin Fan Ligor et Clément apparurent dans la chambre qu’ils avaient quittée environ deux heures auparavant. » C’est comme les termes « hier », « aujourd’hui » et « demain » qu’on n’utilise pas dans un récit (enfin si c’est possible, mais c’est un peu plus compliqué que ça donc il vaut mieux éviter !). A la place, il faut choisir « la veille », « ce jour-là » et « le lendemain ». Ce sont des détails pour beaucoup, mais pour ma part, ça m’hérisse à un point… c’est comme le « si j’aurais », constamment employé (à l’oral seulement et heureusement, parce que si je le voyais dans un texte édité, je crois que je m’évanouirais !). Je digresse et pointe un détail, mais j’avais quand même envie de le souligner. Cela dit, j’insiste tout de même sur le fait que ce n’est qu’un détail dans un texte de près de 300 pages et que le reste est tout à fait correct et agréable à lire. Ne vous focalisez pas sur le point souligné ci-dessus.

Sirellia est, à mon avis, un bon petit roman fantasy pour les plus jeunes lecteurs. Ceux-ci y retrouveront des thèmes chers à leur âge et des personnages et des péripéties qu’ils pourront suivre sans problème. Pour les lecteurs plus aguerris (ou carrément plu vieux, n’ayons pas peur des mots), la facilité et le manque de relief de l’ensemble pourront légèrement décevoir mais heureusement, l’univers original et féérique mis en place rattrapera un peu le tout.

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