La Trilogie de Timmy Valentine, Tome 1 : Vampire Junction de S. P. SOMTOW

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La Trilogie de Timmy Valentine,
Tome 1 : Vampire Junction

de S. P. SOMTOW
Folio SF,
2006, p. 599

Première Publication : 1984

Pour l’acheter : La trilogie de Timmy Valentine, T. 1


S. P. Somtow
, de son vrai nom Somtow Papinian Sucharitkul (né le 30 décembre 1952 à Bangkok), est un romancier, réalisateur et compositeur de musique classique thaïlandais. Il est présenté dans un article de l’International Herald Tribune comme «l’expatrié thaïlandais le plus connu à travers le monde.»

Wikipédia.

Les avis des autres lecteurs : Angelebb, StupidGRIN.

 

 

Timmy Valentine a douze ans. A l’époque de Gilles de Rais, en 1440, il se faisait appeler Jeannot et aurait compté parmi les dernières victimes du seigneur de Tiffauges. Au début du siècle, à Cambridge, il aurait assisté à une cérémonie satanique s’étant achevée dans le sang. Durant la Seconde Guerre mondiale, à Auschwitz, il aurait été gazé plusieurs fois. De nos jours, c’est une star de rock qui amasse des millions de dollars grâce à son tube Vampire Junction. Timmy Valentine a douze ans depuis des siècles, c’est le plus puissant des vampires et les Dieux du Chaos ont juré de le détruire afin de s’octroyer sa puissance.

Cette trilogie m’était complètement inconnue il y a encore quelques mois, jusqu’à ce qu’une amie blogueuse m’en parle avec beaucoup d’enthousiasme. Notée dans un coin de ma tête, je n’ai pas résisté à me prendre l’intégrale de cette trilogie lorsque je l’ai trouvée pour une bouchée de pain lors d’un passage dans le quartier Saint-Michel à Paris. J’étais vraiment très heureuse d’avoir fait cette trouvaille et très impatiente de me lancer dans cette lecture. La première centaine de pages m’enthousiasmait, tout se déroulait bien et puis… au fil des chapitres, l’intérêt est retombé, j’ai parfois eu beaucoup de mal à me motiver à poursuivre ma lecture et même si la dernière partie a un peu fait remonter mon enthousiasme, je reste, de façon générale, assez mitigée par cette découverte. Les deux tomes suivants sont déjà dans ma PAL, donc je les lirai, mais je n’en fais pas une priorité.

Timmy Valentine donne son nom à cette trilogie, il est donc, très logiquement, le héros de cette histoire. Vampire depuis plus de 2000 ans, il n’en reste pas moins un éternel préadolescent de 12 ans. Ses réactions sont donc à la fois très enfantines mais parfois également empruntes de « sagesse », très adultes, ce qui entraîne des scènes assez étranges et un peu « dérangeantes », avec de grandes connotations sexuelles et des passages bien glauques. Vous voyez Claudia dans Entretien avec un vampire ? C’est un peu le même malaise que l’on ressent avec Timmy. J’ai aimé faire sa connaissance et j’étais très curieuse de découvrir des bribes de son passé au fil des pages (on le découvre à de nombreuses périodes différentes de sa vie : lorsqu’il rencontre Gilles de Rais – alias Barbe Bleue, un méga tueur en série violeur de jeunes garçons -, lorsqu’il fait la « connaissance » des Dieux du chaos, lorsqu’il part dans un camp de vacances avec des scouts, lorsqu’il est enfermé dans un camp de concentration, lorsqu’il subit sa transformation…). Timmy se pose énormément de questions et si, les premiers siècles de sa « vie » de vampire, il tuait sans remords, persuadé d’être dans son droit (il faut bien se nourrir pour survivre !), la compassion et l’humanité se font de plus en plus ressentir. Il est, aujourd’hui (enfin, au moment présent de l’histoire), une star de rock adulée par des millions d’adolescentes, collectionnant les trains miniatures, à la recherche d’une psychanalyste.
Celle-ci, Carla, que l’on découvre dans les premières pages, fait partie de ces nombreux personnages « secondaires », gravitant autour du « jeune » vampire. Elle est très présente dans la vie de la star et donc dans le texte, mais je n’ai jamais réussi à m’attacher à elle ni même à la comprendre. Les passages qui lui sont dédiés, toujours ou presque, liés à la psychanalyse, me plaisaient au début, car permettaient de faire la lumière sur les souvenirs du vampire, mais m’ont vite paru bien trop obscurs et un peu trop « métaphoriques ». J’ai vite décroché. Timmy a également près de lui, deux « serviteurs » dévoués et une petite meute de vampires qu’il transforme au gré de ses envies. Des histoires secondaires dédiées à ses nouveau-nés, se greffent d’ailleurs à l’intrigue générale. C’est assez dense à suivre. Un second groupe de personnages évoluent dans ce premier tome : tous ceux liés aux Dieux du chaos qui sont, dans le présent de la narration, des vieillards de 70/80 ans qui cherchent à retrouver le héros afin de s’approprier ses pouvoirs. Ils sont convaincus d’être à l’origine de sa venue sur terre, lors d’un rituel satanique s’étant déroulé 60 ans plus tôt. Au début chacun d’un côté du globe, ils se rassemblent, se retrouvent et tentent de mettre au point un plan pour mener à bien leur mission. Je dois avouer que tous les passages dédiés à ces vieillards m’ont profondément ennuyée, la plupart du temps. Leur but et leurs réflexions n’ont pas du tout trouvé écho en moi et j’étais soulagée lorsque je les quittais pour suivre les aventures de Timmy.

spsomtowFinalement, je me rends compte que, même si les personnages ne m’ont pas passionnée, j’ai quand même pris plus ou moins de plaisir à les suivre. En revanche, je trouve que, de façon générale, ce premier tome contient beaucoup de blablas pour peu d’actions au final. Concrètement, lorsque je me demande : « bon alors, il se passe quoi dans ce premier tome ? Comment tu peux résumer ça ? »… et bien je n’en sais rien parce qu’il ne se passe pas grand-chose. Le schéma narratif n’est pas très clair, on ne sait pas vraiment où on va, ce que souhaitent les personnages (à part les Dieux du chaos)…
Bref, des passages sont clairement inutiles à mon goût. Faire traîner cette histoire sur 600 pages, ce n’était peut-être pas utile, en tout cas, je pense que l’auteur doit perdre beaucoup de lecteurs en route. Parce qu’effectivement, le début est assez attrayant et il se dévore rapidement mais arrivé au milieu de ce pavé… mais quel ennui ! On ne sait même plus où est l’intérêt de la lecture… heureusement, la dernière partie, plus « active » (lorsque tous les personnages sont rassemblés dans le même village pour la « bataille finale »), m’a tenue éveillée mais malheureusement, elle ne suffira pas à relancer mon enthousiasme de départ.

Côté « forme », je dois avouer que j’ai apprécié le style de S. P. Somtow. Ce n’est pas toujours très simple de suivre le fil de sa pensée, mais au moins, c’est réfléchi et bien construit. Je retiens par exemple, les paragraphes consacrés à des passages « d’excitation » pour Timmy (à l’approche du sang notamment), sans véritables ponctuations, rédigés dans le feu de l’action. Le lecteur se sent alors au plus près des personnages.
Les chapitres sont séparés en plusieurs paragraphes, chacun dédié à un point de vue. Ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver au début, mais on s’y fait vite. Ce choix de découpage permet d’offrir un certain rythme à la lecture, on s’ennuie moins. Cela dit, ceux mettant en scène les Dieux du Chaos ne m’ayant pas trop passionnée, c’était parfois long. Heureusement, je savais que deux ou trois pages plus tard, l’auteur changerait de point de vue.
Enfin, le romancier est avant tout musicien et ça se ressent beaucoup. La musique est ultra présente dans cette histoire, les références sont nombreuses et ce n’est pas désagréable de lier musique classique avec vampirisme. C’est plutôt bien trouvé.

Chez S. P. Somtow, les vampires ne sont pas tout gentils tout roses, oh non ! Les humains sont loin d’être des anges eux aussi (la preuve avec les Dieux du chaos et leurs mœurs assez dissolues, l’horreur des concentration, Gilles de Rais et ses « loisirs »). L’intérêt du texte réside donc, à mon sens, dans la possession de l’« humanité » et le vampire n’est peut-être pas celui qui en est le plus dénué ! Le texte a un côté assez « réflexif » et c’est plutôt agréable de pouvoir creuser un peu pendant sa lecture. Cependant, je trouve que S. P. Somtow veut trop en faire avec la psychanalyse de Timmy. Ces passages virent vite au métaphorique/Freudien trop artificiel et parfois carrément incompréhensible. Ou alors je ne suis pas assez intelligente pour comprendre et voir le réel intérêt de la chose sur le texte. Mais ça me paraît trop poussif de la part de l’auteur, trop « vous avez vu, je suis intelligent donc je balance des réflexions et des trucs un peu flous pour faire style ». Bref, moi, ça ne me plaît pas.

« Mais voilà que la terreur l’effleure de nouveau.
Pourquoi ?
Autrefois, se rappelle-t-il, je n’éprouvais ni sentiment de culpabilité ni compassion. Je tuais parce que c’est ma condition inhumaine. Il faut que je retrouve ce que j’ai perdu, ma qualité élémentaire. »

« Je croyais que c’était moi qui étais supposé être le mal, se dit Jeannot. Comment se fait-il, alors, que j’aie scrupule à perpétrer des actes aussi hideux que ceux-là ? Ce paradoxe le trouble profondément, car c’est la première fois depuis près de quatre cents ans qu’il lui arrive de douter de la raison d’être de son existence. »

« Nous appartenons à la même espèce, comprend-il enfin. Et j’aspire à être comme lui ! Je l’envie ! Il est un humain qui aspirait à devenir un monstre, et moi… je suis un monstre qui désire ardemment être un homme. »

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