Miroirs et fumée de Neil GAIMAN

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Miroirs et fumée

de Neil GAIMAN
(Challenge ABC Imaginaire – 7/26)

J’ai lu,

2005, p. 382

Première Publication : 1998

Pour l’acheter : Miroirs et fumée

 

Neil Gaiman, né le 10 novembre 1960, est un auteur britannique de romans et de scénarios de bande dessinée vivant aux États-Unis. Auteur prolifique et polyvalent, il a percé sur la scène du fantastique anglo-saxon grâce à sa série Sandman publiée par DC comics dans les années 1990.

 Coraline
L’Etrange vie de Nobody Owens
Stardust

 

 

Une vieille dame achète dans une boutique, sans le savoir, le Saint-Graal. Lorsque le chevalier Galaad vient le quémander croyant sa quête achevée, il ne se doute pas que la négociation sera âpre… Un écrivain anglais débarque à Hollywood pour adapter l’un de ses livres au cinéma. Il va faire une curieuse rencontre dans son hôtel jadis palace des starlettes…
Miroirs d’un quotidien – le nôtre – en apparence banal mais glissant imperceptiblement vers le surnaturel ou l’absurde, voici trente textes surprenants, décalés, noirs, érotiques, souvent déroutants, toujours fascinants, qui proposent une réinterprétation brillante et moderne de tous les grands mythes de la littérature fantastique.

Neil Gaiman est devenu un classique dans le monde de l’Imaginaire et il semble très apprécié des lecteurs et de ses contemporains. J’ai découvert l’auteur par deux adaptations de deux de ses livres : Stardust et Coraline. J’adore ces films et j’avais été légèrement moins emballée, ensuite, par ma lecture des textes d’origine (une histoire d’ordre de découvertes, sans doute) ; en revanche, ma lecture de L’Etrange vie de Nobody Owens il y a quelques mois, avait été une révélation !
On m’avait prévenu que ce recueil laissait un arrière-goût mitigé et comme je ne suis pas fan des formats courts au départ, j’appréhendais un peu… Finalement, ma lecture n’a pas été désagréable mais je n’en ressors pas particulièrement enthousiaste et n’en garderai sans doute pas de grands souvenirs…

Miroirs et fumée rassemble une trentaine de nouvelles aux sujets aussi variés que leur format (de une à une trentaine de pages) mais restant tout de même dans le domaine de l’Imaginaire. Neil Gaiman revient en effet sur certains mythes, certaines légendes et y apporte sa petite touche, en prose ou en vers. Dans l’ensemble, les textes en vers m’ont moins marquée et moins plu que les autres, à part celui qui s’attarde sur le célèbre Mr Fox (Maître Renard pour les français).
Difficile d’avoir la même qualité sur tout un recueil, surtout lorsque les nouvelles sont si nombreuses et n’ont pas été écrites à la même période de la vie de l’auteur, à l’occasion d’anthologies complètement différentes et même dans des buts qui n’ont rien en commun. C’est un peu un patchwork qui rassemble un petit texte trouvé dans un tiroir, un autre découvert au grenier et un dernier retrouvé entre les pages d’un magazine…
Il y en a pour tous les goûts et ce recueil illustre bien la diversité du travail de Neil Gaiman mais je regrette tout de même l’absence de « cohérence ». Bien sûr, l’auteur introduit le recueil en expliquant son titre et en justifiant ce « thème » commun à tous les textes mais ça me semble trop vague, trop vaste…

Je ne vais pas revenir sur chacune des 30 nouvelles. Tout d’abord car ce serait indigeste, ensuite parce que certaines m’ont laissé si peu de souvenirs que je suis bien incapable d’en parler et enfin car je n’ai pas le recueil avec moi alors autant vous dire que je suis loin d’avoir mémorisé tous les textes.
La nouvelle qui m’a le plus marquée est, sans hésiter, la toute dernière du recueil « Neige, verre et pommes » qui reprend le conte de Blanche-Neige d’un autre point de vue et avec de nouveaux éléments : j’approuve ! Je retiens également « Les Mystères du meurtre » (située dans les dernières pages) qui me semblait un peu floue au départ mais qui s’est éclairée au fil des pages et devient très intéressante (si vous avez envie de faire un tour du côté des premiers jours du monde et des tests mis en place par les anges pour les futurs humains que nous sommes…). Je me souviens également du « Troll sous le pont » qui revient sur une légende assez célèbre et la chute, même si je l’attendais, m’a plu. Enfin, je n’ai plus les titres en tête, mais les textes mettant en scène un loup-garou (vomissant une patte de chien et une main d’enfant en se réveillant d’une nuit de chasse… bon appétit !) et un chat en mauvais état chaque matin, m’ont fait forte impression même si je ne les ai pas forcément adorées.
Je ne vous en ai citées que cinq ou six mais vous pouvez déjà constater la richesse, la diversité des sujets et des personnages (pas toujours humains) mis en avant. Pour savourer l’ensemble du recueil, peut-être vaut-il mieux piocher une nouvelle de temps en temps et ne pas toutes les lire à la suite, ce qui se révèle un peu indigeste…

Si j’aime le style de Neil Gaiman, je regrette de ne pas avoir trouvé plus d’humour noir et d’ironie dans ses nouvelles. Peut-être les ai-je mal apprivoisées, mais je les ai senties très « sérieuses », contrairement au ton employé par l’auteur dans sa longue introduction d’une quarantaine de pages (dans laquelle il explique le pourquoi de ce recueil, revient sur la raison de chaque texte et nous offre même une nouvelle, inédite, dont l’idée lui est venue en rédigeant l’introduction…). C’est bien écrit, c’est un fait. J’ai aimé parcourir les textes et je n’ai pas eu beaucoup de mal à m’y plonger malgré leur brièveté, mais il m’a manqué un petit truc… dommage !

De bonnes idées et d’autres beaucoup moins marquantes. Des nouvelles parfois trop longues, parfois trop courtes… en prose ou en vers. Neil Gaiman réécrit plus ou moins pertinemment des légendes et mythes vieux comme le monde. Un recueil riche et diversifié mais qui gagnerait à être découvert par bribes et non d’un seul coup, sinon, risque d’indigestion…

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