Fedeylins, Tome 1 : Les Rives du monde de Nadia COSTE

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Fedeylins, Tome 1 :
Les Rives du monde

de Nadia COSTE
(Challenge YA/Jeunesse – 33/24)
Gründ Romans,

2011, p. 427

Première Publication : 2011

Pour l’acheter : Fedeylins, Tome 1

Nadia Coste est née en 1979 près de Lyon où elle habite toujours, en compagnie de son mari et de ses deux enfants. En 2004, elle se sent prête à attaquer un vrai sujet. Ce sera Fedeylins. Elle va y passer 6 ans. Pas loin de 8 versions, pour 2 000 pages d’une histoire complexe qu’elle lance un jour, comme une bouteille à la mer, sur Internet lorsqu’elle pense être allée au bout.

Comme tous les fedeylins, petits êtres ailés vivant au bord d’une mare qui constitue leur monde, Cahyl éclot sur un nénuphar. Comme tous les fedeylins, il doit braver la noyade et de dangereux poissons avant d’atteindre le rivage. Comme tous les survivants de cette première épreuve, Cahyl se présente devant les Pères Fondateurs, avide de connaître la caste choisie pour lui et l’avenir tout tracé qui l’attend.
Mais Cahyl est différent : il lui manque la marque qui le lierait à son destin. Son existence même fait trembler les bases de sa société et cela, tout le monde n’est pas prêt à l’accepter.

 

Acheté il y a plus d’un an au Salon du Livre de Paris en mars 2011, j’ai attendu l’arrivée des Imaginales il y a une dizaine de jours pour trouver la motivation d’ouvrir ce premier tome des Fedeylins. Mais que ne l’ai-je fait avant ?!
J’avais peur des avais qui notaient une intrigue classique et des longueurs dans la narration… mais que j’ai été bête ! Alors oui, c’est vrai que l’action n’est pas au rendez-vous dans tous les paragraphes et que l’ensemble est un peu « contemplatif », mais quelle jolie découverte ! La suite est d’ores et déjà dans ma wish-list et très rapidement dans ma PAL, c’est une certitude !

Certains ont donc noté que le « schéma » de l’intrigue était très classique. C’est vrai que dans le monde de la fantasy, on est habitués aux héros solitaires et marginaux, « élus » qui tentent tant bien que mal de se faire une place dans le monde dans lequel ils évoluent, malgré leurs différences.
C’est le cas pour le petit Cahyl, le héros de cette histoire, qu’on suit dans ce premier tome, de sa naissance à son passage à l’âge adulte. C’est donc l’occasion pour l’auteure d’amener un autre grand élément classique dans le monde de la fantasy : le côté « apprentissage ». En effet, au cours des saisons et des années qui passent, Cahyl découvre le monde et part en quête de son identité.
Malgré cette construction assez convenue et l’aspect plus contemplatif du récit (le héros observe, réfléchit, se pose des questions…), je ne me suis pas ennuyée une seconde et j’ai tourné les pages avec une grande avidité ! J’ai certes fermé le livre sans grande révélation (le « dénouement » est assez attendu) mais avec une très grande envie de découvrir la suite des aventures de Cahyl et de son ami Glark !

nadiacosteCe qui fait toute l’originalité de cette histoire, c’est l’univers dans lequel elle est installée. Ici, point de voyage en Terres du Milieu, de combats dans des contrées lointaines ou de longues chevauchées dans le désert… Non. Tout se déroule dans un espace restreint : autour d’une mare. Et là, vous vous dîtes : « Oula… 400 pages dans les roseaux, entre une petite mare et l’orée des bois…mais qu’est-ce que l’auteure a pu inventer pour passer le temps sur si peu de mètres ? » Alors oui, une si petite superficie pour les humains que nous sommes, c’est vite parcourue, et donc vite ennuyeux… mais imaginez maintenant que le héros appartienne à un petit peuple pas plus haut qu’une pomme ? La mare devient un lac et quelques mètres une étendue infranchissable et dangereuse…
Cahyl est un Fedeylin, une sorte de tout petit homme ailé (les ailes ne sortent qu’au passage à l’âge adulte) venant de l’eau. Je me le suis imaginé, ainsi que les autres membres (nombreux) de son peuple, comme des petites fées. Cette société possède ses règles complexes, ses castes, ses dirigeants, sa mythologie… tout est bien pensé et s’accorde avec les saisons et les astres. J’ai adoré recevoir de nouvelles informations au fil des pages et je suis sûre que Nadia Coste nous réserve d’autres révélations dans les tomes suivants. Et bien évidemment, les Fedeylins ont des ennemis, apparemment brutaux et barbares, habitant sur l’autre rive : les Gorderives. On découvre ces créatures (assimilables à des crapauds/grenouilles) et leurs us et coutumes grâce à l’un de leurs jeunes représentants : Glark. Comme Cahyl, Glark est différent des autres membres de son peuple et ne souhaite pas suivre leurs traces… les deux petits marginaux trouvent du réconfort dans la compagnie de l’autre et une amitié interdite voit le jour. C’est l’éternelle histoire des clans ennemis…
Comme vous pouvez le voir, même si les personnages principaux mesurent à peine plus de dix centimètres de hauteur, il n’en restent pas moins très « humains » et terriblement attachants. J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre Cahyl, j’ai ressenti beaucoup de tristesse, en même temps que lui, lorsqu’il est rejeté par les siens et j’étais très impatiente de découvrir ce qui allait lui arriver ! Nadia Coste revient sur les sentiments et questionnements que chacun a pu se poser durant ses jeunes années (même si, contrairement au petit héros, nous ne sommes pas nés dans l’eau et ne gagnons pas d’ailes en grandissant !) et elle le fait avec beaucoup de sensibilité et de douceur. C’est aussi pour cette raison que, je pense, on peut parler de roman « d’apprentissage » et que ce titre est au départ destiné à la jeunesse.

Alors oui, je suis sûre que Fedeylins doit plaire aux plus jeunes lecteurs mais la saga n’exclut pas les lecteurs plus confirmés, bien au contraire ! J’ai trouvé le style particulièrement beau et poétique. Près de cette mare, l’ambiance est apaisante, l’air frais et rempli des parfums des fleurs et arbres proches. Nadia Coste créé un vrai climat et un bel univers que j’ai quitté avec regret.
La fin de ce premier tome annonce de nouveaux horizons pour les aventures de Cahyl et Glark et il me tarde de me replonger dans ce microcosme terriblement attachant…

Fedeylins c’est un univers unique, un héros terriblement attachant que l’on suit dès sa naissance sur le chemin de l’identité et une plume poétique, douce et sensible. A découvrir, sans aucun doute !

« Accepter la vie. La mort. Accepter la douleur.
Accepter le destin. La marque.
Être fedeylin c’est accepter.
Les croyances des miens n’imprégnèrent et je me liai au peuple convaincu de la bonne parole dispensée par les Pères. Après tout, n’étaient-ils pas nos sauveurs ? »

« Cinq années à grandir sans inquiétude. J’appartenais encore à une génération porteuse d’espoir pour mon peuple. Avec les silhouettes des migrateurs et leurs terribles cris, un danger permanent planait mais je n’avais pas peur. Mon instinct m’assurait que ce n’était que le début d’une aventure plus grande. Après tout, les Pères Fondateurs veillaient sur nous. Mon corps imparfait évoluait lentement. Ma conscience s’étoffait. J’oscillais entre sommeil et éveil. »

7 pensées sur “Fedeylins, Tome 1 : Les Rives du monde de Nadia COSTE

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