La Sélection, Tome 1 de Kiera CASS

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La Sélection, Tome 1

de Kiera CASS
(Challenge YA / Jeunesse – 31/24,
Challenge S.T.A.R.)

Robert Laffont (Collection R),
2012, p. 344

Première Publication : 2012

Pour l’acheter : La sélection

 

Kiera Cass est née en Caroline du Sud en 1981 et est diplômée en Histoire.

Tome 2 : L’Elite

 

♣ ♣ ♣

35 candidates. 1 couronne.
La compétition de leur vie.
Elles sont trente-cinq jeunes filles : la « Sélection » s’annonce comme l’opportunité de leur vie. L’unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre un monde de paillettes. L’unique occasion d’habiter dans un palais et de conquérir le coeur du prince Maxon, l’héritier du trône.

Mais pour America Singer, cette sélection relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure. Quitter sa famille. Entrer dans une compétition sans merci. Vivre jour et nuit sous l’oeil des caméras…
Puis America rencontre le Prince. Et tous les plans qu’elle avait échafaudés s’en trouvent bouleversés…

 

Quatrième titre de la Collection R de Robert Laffont et quatrième bon moment même si La Sélection ne restera pas dans les annales. Si je devais faire un petit classement des quatre publications, ce premier tome de Kiera Cass arriverait en queue de peloton.
Alors oui, j’ai aimé, c’est frais, léger et plein de bons sentiments… mais peut-être un peu trop léger justement ? Le côté dystopie n’est qu’un argument pour enrober une histoire d’amour mignonne mais sans grande originalité. Malgré tout, ma lecture a été rapide et agréable…

Présenté comme une nouvelle dystopie, La Sélection se révèle vraiment très léger de ce côté-là, voire un peu décevant. De ce monde nouveau on ne sait quasiment rien si ce n’est le nom de la monarchie qui remplace les Etats-Unis, Illéa. Les rois et reines ne parviennent plus à engendrer de princesses pour le royaume. Le prince héritier doit donc trouver une épouse venant du peuple. Voilà pour l’explication de cette « sélection ».
Tout le monde ne semble pas apprécier la monarchie en place puisque des rebelles attaquent régulièrement le palais… Pour quelles raisons ? Dans quel but ? Grand mystère.
Que sait-on d’autre de l’univers créé par Kiera Cass ? Seulement que la population, à l’image d’Hunger Games, est divisée en classes, de 1 à 8. 1 étant le chiffre lié à la famille royale, 8 aux SDF et sans-papier. Plus vous vous éloignez de l’as, plus vous êtes pauvres et négligeables. La caste est une affaire d’héritage. Si papy était artiste, pas de bol. A vous le ventre vide et le numéro 5, comme l’héroïne, la jolie America.
Sans être particulièrement original, cet univers avait de quoi offrir quelques bonnes choses mais il est malheureusement complètement mis de côté : décor inutile, témoin d’une intrigue très fleur bleue.

kieracassEn effet, côté rebondissements, tout est très attendu : de la sélection d’America parmi des milliers de filles (malgré son désintérêt pour la compétition) à ses amours compliquées et son amitié grandissante avec le prince qu’elle ne voulait absolument pas connaître au départ. En fait, cette histoire c’est l’histoire qu’on a toutes rêvé d’écrire (et de vivre) quand on était ado. C’est typiquement le genre de textes qui ferait une bonne fanfiction car Kiera Cass écrit ce que les lectrices ont envie de lire : une petite Cendrillon du peuple (la lectrice lambda s’identifie à elle) qui vit une aventure extraordinaire et rencontre le Prince charmant. Ajoutez à cela le triangle amoureux qui pimente la chose et rehausse l’égo de l’héroïne (et oui, deux garçons qui se battent pour vous… la lectrice se sent belle et désirée donc la lectrice est comblée) et vous voilà en présence de La Sélection.
De ce fait, ce titre touche le public visé (adolescentes, jeunes adultes et adultes fleur bleue) et ça fonctionne très bien. C’est pourquoi, je l’avoue sans honte, j’ai dévoré ce premier tome comme une petite douceur sucrée venue m’apaiser, m’apporter un peu de réconfort, un peu de rêve et de légèreté dans ma journée.

Malgré tout, la lecture aurait été meilleure pour moi si l’héroïne m’avait davantage plu. Au début, je pensait qu’on allait être très amies toutes les deux : un peu rebelle sur les bords tout en étant réservée, artiste et passionnée… bref, America me plaisait. J’ai, qui plus est, apprécié le fait qu’elle renonce à son avenir heureux et tout tracé pour entrer dans un jeu qui ne l’intéresse pas… simplement afin de venir en aide à sa famille, gracieusement rémunérée pendant son absence. Malheureusement, dès son arrivée au palais, son comportement m’a agacée puis foncièrement déplu. America, censée être une jeune fille réservée voire complexée, se révèle bien sûre d’elle lorsqu’elle tient tête au prince Maxon et fomente des plans pour garder sa place. Elle qui ne voulait pas de cette sélection change radicalement d’avis. Son comportement m’a parfois laissée sceptique. C’est maladroit, peu naturel, paradoxal.
Les deux hommes de l’aventure sont différents mais manquent tous deux de charisme à mon goût. Aspen l’amoureux de la caste numéro 6 a une fierté mal placée qui m’a donné envie de le secouer. Maxon le prince, quant à lui, est un peu « tout beau tout gentil » (à la limite du niais parfois). Je lui concède tout de même une bonne répartie qui offre des face à face avec America intéressants. J’ai envie de croire qu’il a plus à offrir sans ses airs bien proprets, en tout cas je l’espère !
Du côté des 34 autres concurrentes, seules deux ont marqué mon esprit : Marlee la potentielle amie bien qu’elle me paraisse trop effacée et Céleste la garce de service sans subtilités.
Kiera Cass nous propose des personnages finalement assez manichéens. J’espère qu’elle va creuser ça par la suite.

Le résumé annonce la télé-réalité comme un aspect important de l’histoire mais en fait, elle est très peu mise en avant, souvent oubliée. Je pensais que les caméras seraient ultra-présentes, qu’il y aurait des épreuves, que ceux commandant le programme seraient plus directifs… mais en fait non. Si la présence des spectateurs n’était pas rappelée de temps en temps et si quelques soirées avec un présentateur télé n’étaient pas organisées, on pourrait complètement oublier cet aspect de voyeurisme. C’est dommage de ne pas avoir utilisé plus ce côté malsain et dérangeant.

Enfin, côté style, je n’ai pas grand-chose à dire. Ce n’est certes pas de la grande littérature (tout le monde le sait) mais cela a l’avantage de se lire très vite et très bien. C’est plus que fluide et le livre se dévore en quelques heures à peine. Une nouvelle fois, c’est le point de vue interne (le « je ») qui a été admis et qui, je pense, permet à un grand nombre de jeunes lectrices de vivre pleinement l’aventure.
A noter que pour ce quatrième titre, la Collection R conserve sa mise en page aérée et sa grosse police. La lecture est d’autant plus aisée et rapide. Par contre, le texte est finalement plus court qu’on le pensait et on regrette un peu qu’il ait été coupé à cet endroit

Malgré les nombreux bémols relevés (faiblesse de la dystopie, intrigue attendue et personnages un peu agaçants), ce premier tome de La Sélection offre un moment de douceur et de légèreté qu’on savoure sans bouder son plaisir !

Une pensée sur “La Sélection, Tome 1 de Kiera CASS

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  • 8 juin 2013 à 13 h 05 min
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    je viens de relire mon commentaire et en fait, il y a un nombre impressionnant de défauts par rapport aux qualités XD
    ça ne m’empêchera pas de continuer mais hors de question de payer pour acheter les livres !

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  • 8 juin 2013 à 13 h 01 min
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    Je viens de terminer la sélection et j’ai relevé les mêmes points négatifs et positifs :
    – Faiblesse de l’intrigue autour des renégats
    – L’aspect télé réalité n’est pas assez présent (contrairement à Hunger Games par exemple)
    – Personnages secondaires trop stéréotypés (Céleste est un cliché ambulant)
    America est parfois énervante, le Prince trop doux et Aspen me fait un peu trop penser à Gale de HG
    – Beaucoup d’incohérences et un style d’écriture fade propre à la majorité des livres YA malheureusement
    – Le triangle amoureux m’a déjà énervé à la fin du tome donc j’ai très peur pour le suivant.

    A choisir, dans le même genre d’univers j’ai largement préféré Éphémère de Lauren Destefano.

    Cependant, je ne peux nier que ce livre est un véritable page-turner (commencé hier soir, terminé ce matin), America est un personnage principal plutôt attachant et j’ai apprécié ses initiatives. Aspen et le Prince sont aussi des personnages assez charismatiques (même si comme toi je regrette une certaine platitude de Maxon et la fierté mal placée d’Aspen). Enfin, même si au final il ne se passe pas grand chose, on prend plaisir à suivre le quotidien des sélectionnées
    En résumé, quand le second tome arrivera à la bibliothèque je l’emprunterai (lecture parfaite pour l’été) 😀

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  • 7 juin 2013 à 19 h 15 min
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    Je l’ai dans ma PAL, je pense le lire prochainement.
    Je verrais ce que ca donne avec moi 😉

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