Les Contes de la lune de Elisabeth DELAIGLE

 

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lescontesdelaluneelisabethdelaigleLes Contes de la lune
de Elisabeth DELAIGLE

(Challenge YA/Jeunesse – 28/24)
Editions Persée,
2011, p. 93

Première Publication : 2011

Pour l’acheter : Les Contes de la lune

Le site d’Elisabeth Delaigle

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Vue de la terre, la lune, par sa rondeur et sa bonhomie incite à toutes les rêveries… Inaccessible et pourtant si proche, elle peuple l’imaginaire des hommes pressés de la conquérir, et enflamme le monde depuis la nuit des temps avec son lot de légendes et de mystères.
Dans Les contes de la lune, les enfants sont transportés dans des univers très différents, au gré de récits qui ont tous la lune comme déclencheur de situations insolites : que ses rayons éclairent l’aigle blessé, la princesse désespérée, les souris affamées, le boxeur conquérant, le vieux chat jaloux, l’ourson espiègle ou les deux enfants perdus en forêt, elle les pousse à faire de petites bêtises ou de grandes choses !

Depuis quelques jours, je voyais de plus en plus souvent ce petit recueil dans la blogosphère.. Le titre m’intriguait. Le hasard faisant toujours bien les choses, j’ai eu la bonne surprise de le voir proposé par Les Agents Littéraires et j’ai « postulé ». J’aime beaucoup les contes pour enfants, mais c’est vraiment la référence à la lune qui me tentait (il faut dire que ce symbole fait partie de ma vie quotidienne et que je lui ai même dédié une petite partie de mon mémoire de master !).
Même si j’ai été légèrement décontenancée par les sept histoires proposées par Elisabeth Delaigle, n’y trouvant pas ce à quoi je m’attendais, j’ai finalement été très agréablement surprise et ne regrette absolument pas ! Tous les contes n’ont pas su retenir mon attention avec la même force mais chacun possède un petit quelque chose qui le rend unique et intéressant. Pour les enfants évidemment, mais aussi pour les adultes toujours attachés aux belles histoires racontées pendant leurs jeunes années.

Pour développer ce que je disais juste au dessus, je pense que j’attendais autre chose de ce recueil. En choisissant la référence à la lune, cet astre nocturne mystérieux et un poil « magique », je pensais trouver quelque chose de plus « mystique », de plus… comment dire… étrange, « fantastique ». En fait, il s’agit vraiment d’un recueil où la lune joue un rôle positif.
Soit présente dans le décor pour servir l’intrigue soit vraiment actrice et élément clef dans l’évolution des personnages, elle est bienfaitrice, pas du tout mystérieuse ou inquiétante. Souvent source de confusion pour les héros qui la prennent tour à tour pour un fromage ou un poisson, elle est prétexte à des situations d’apprentissage amusantes.
Ne pensez pas que je suis déçue par cette utilisation de la lune, bien au contraire ! J’ai été surprise mais dans le bon sens et je ne regrette absolument pas cette aventure !

Les sept petits contes, plus ou moins longs (de 7 à 18 pages) me paraissent parfaitement adaptés aux plus jeunes et me font un peu penser à mon ancien livre des Histoires du soir. Un conte chaque soir avant d’aller se coucher et vous voilà partis pour une semaine en compagnie d’enfants, d’animaux et de Madame la Lune !
Je vous livre pour chaque histoire, mes impressions en quelques mots.

¤ Le Buveur de lune. L’auteure nous entraîne du côté d’une tribu indienne d’Amérique du Nord. Un petit garçon recueille un petit aiglon blessé, poussé hors du nid. L’enfant prend soin de l’animal et une belle amitié s’instaure jusqu’à… La lune est ici à la fois décor et à la fois élément de « croyance » censé fortifier l’oiseau s’il vole dans son halo. La relation enfant/animal est un topos du conte que j’aime beaucoup. C’est en effet une jolie façon de parler d’apprentissage de la vie en faisant un parallèle entre les deux êtres vivants…
¤ La Fileuse de lune. Voilà sans doute le conte le plus long et mon préféré de ce recueil. Assez « traditionnel », il met en scène une princesse touchée par la malédiction d’un vieille sorcière méchante. La jeune fille ne parviendra à déjouer le sortilège qu’en trouvant l’amour du prince charmant. Les princes, les princesses, les malédictions et les histoires de cheveux (style Raiponce), ça me parle. La lune est ici, qui plus est, assez proche du rôle que j’aime lui voir confié : témoin de choses étranges, un peu magiques…
¤ Les Croqueuses de lune. Troisième conte du recueil, deuxième sur mon podium. Voilà la première histoire depuis le début, à mettre des animaux – des souris – à la place des héros. Les grignoteuses vivent dans une grande maison et chapardent tout ce qu’elles peuvent pour se nourrir jusqu’au jour où les propriétaires déménagent… A la lecture, Méloë a pensé à Gusgus et ses amis dans Cendrillon et je pense que la référence est voulue. Amusant et touchant !
¤ Le Boxeur de lune. Retour du côté des humains avec ce quatrième conte qui met en avant un jeune immigré sans argent qui se découvre une passion et un talent pour la boxe. La lune sera l’élément qui changera sa vie… Joli, mais l’implication de la lune est un peu légère à mon goût et c’est beaucoup moins féérique (ou « Disneyien ») que les précédents.
¤ La Voleuse de lune. Les chats sont à l’honneur dans ce conte, le plus court du recueil. Un vieux matou ronchon doit s’accommoder d’une nouvelle jeune demoiselle… mails il n’est pas vraiment décidé à l’accueillir à bras ouverts et pour la piéger, la met au défi d’aller voler la lune. L’histoire est mignonne mais comme la précédente, elle ne m’a pas fait autant rêver que les premières.
¤ Les Chasseurs de lune. Cette sixième histoire est celle qui m’a le moins marquée, donc peut-être, finalement, celle qui m’a le moins plu. Pour le petit pitch : deux jeunes jumeaux promettent à leur grande amie de chasser la lune. Ils partent heureux, bras dessus bras dessous mais bientôt se rendent compte qu’ils sont perdus, au milieu de la forêt. Une fois retrouvés, leur aventure leur vaut les moqueries des adultes mais ils entrent ensuite petit à petit dans la légende…
¤ Le Pêcheur de lune. Dernier conte du recueil et retour du côté des animaux, avec les ours cette fois. Pour le coup, j’ai vraiment eu l’impression de lire une des histoires de mon enfance avec petit ours brun apprend à pêcher… Après le fromage, la lune est cette fois prise pour un gros poisson rond. C’est amusant et très attendrissant.

BUVEURDELUNEchristianemoreauSi La Fileuse de lune reste mon grand favori, dans l’ensemble, j’ai tout de même préféré les contes qui mettent en scène les animaux ou la relation entre hommes et bêtes (comme dans Le Buveur de lune) plutôt que ceux réservés aux seuls humains.
En revanche, j’ai aimé l’humour et/ou la poésie présents dans chacun d’entre eux. Je trouve qu’Elisabeth Delaigle offre de belles histoires, aussi bien dans le fond que dans la forme. C’est joliment conté, bien imagé… le tout sur peu de pages et en utilisant un vocabulaire adapté à tous (peut-être trouve-t-on un ou deux mots un peu plus compliqués méritant une explication des parents, mais ça ne m’a pas semblé trop fréquent).
Notons les dessins en noir et blanc (on dirait presque qu’ils ont été faits à la plume), un dans chaque conte, illustrant une scène précise. Evidemment, je n’aurais pas été contre quelques illustrations supplémentaires mais je trouve que les textes se suffisent à eux-mêmes.

Même si les contes se sont révélés différents de ce que j’imaginais, leurs intrigues diversifiées, leur poésie et leur humour ont su me séduire et me convaincre totalement ! Un recueil adorable que je conseille ! Je n’ai pas de jeunes enfants dans mon entourage pour le moment pour tester ce recueil offert par Elisabeth Delaigle mais nul doute que j’en ferai profiter mes enfants, quand enfants il y aura.

Un extrait (La Fileuse de lune, p. 33) :

« La seconde nuit de pleine lune, fut terrible ! Les cheveux poussaient si vite qu’il devint impossible de faire des nattes ou des chignons, trop lourds pour la tête de la Princesse qui souffrait le martyre.
C’est alors qu’elle eut l’idée d’aller chercher une quenouille et de les filer au fur et à mesure qu’ils poussaient. Dans ses doigts experts, comme par magie, la chevelure d’or se transforma en fils aussi fins et légers que la soie qu’on transforma en d’énormes pelotes… »

Merci aux Agents Littéraires et aux éditions Persée !

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