Je suis une légende de Richard MATHESON

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Je suis une légende
de Richard MATHESON
(Challenge ABC Imaginaire – 2/26,
Baby Challenge SF – 7/20)

Folio SF,
2010, p. 228

Première Publication : 1954

Pour l’acheter : Je suis une légende

Richard Burton Matheson est un écrivain et scénariste américain, né le 20 février 1926 à Allendale, New Jersey, États-Unis. Ses genres de prédilection sont la science-fiction et l’épouvante.
Wikipédia.

Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie.
Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil… Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme. Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

J’ai vu la dernière adaptation de cette histoire (avec Will Smith dans le rôle principal) à sa sortie au cinéma, et j’avais aimé (j’avais même été assez émue pour y aller de ma petite larmichette…). J’avais alors entendu dire que ce film n’était absolument pas fidèle, que c’était n’importe quoi et blablabla… Après avoir lu – et dévoré – le texte d’origine de Richard Matheson, je confirme, ce n’est pas fidèle. C’est grandement modernisé et « Hollywoodisé »… mais je garde tout de même un bon souvenir de ce visionnage. Il faudrait maintenant que je revoie cette adaptation de 2007, avec la « vraie » histoire en tête.
Ceci étant dit, j’ai carrément adoré ma lecture ! J’ai réussi à mettre de côté les souvenirs que j’avais de l’adaptation pour me plonger entièrement dans l’œuvre de Richard Matheson, sans aucun parasitage… et waouh ! Pourquoi est-ce que j’hésite toujours à me lancer dans les classiques de la SF alors que c’est avec ces titres que j’ai mes plus belles émotions (Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes en est le plus bel exemple) ?! Prochaine lecture SF : du Bradbury !

Si vous pensez tenter cette lecture et y trouver beaucoup d’actions, des batailles avec des morts-vivants et du grand spectacle, je vous arrête tout de suite. Oui il y a de l’action mais Je suis une légende, c’est avant tout l’histoire d’un homme seul qui choisit de survivre coûte que coûte. Je suis une légende c’est aussi l’occasion de revenir sur le concept de la « normalité » et c’est aussi l’occasion d’introduire des vampires différents de ceux que l’on pouvait croiser jusque là.
En effet, Richard Matheson met en scène des vampires en expliquant cet état par le côté scientifique de la maladie. Une épidémie terrasse le monde en quelques mois et Robert Neville semble être le seul survivant du coin. Il enterre sa femme, sa fille, ses voisins et collègues puis se cloître dans sa maison. Il en sort la journée pour récupérer les produits de première nécessité qu’il peut trouver aux alentours, mais il lui faut toujours aller plus loin et surtout être rentré avant la tombée de la nuit car avec l’apparition de la lune se lèvent les êtres infectés… Alors que l’espoir de rencontrer un être vivant s’amenuise de semaine en semaine, Neville se lève chaque matin et suit sa petite routine. Pourquoi ? Dans quel but ? L’instinct de survie est-il plus fort que tout ? Ne serait-il pas plus simple de les laisser le prendre et le tuer ? Il menace d’abandonner plusieurs fois, se noie dans l’alcool à plusieurs reprises et puis, sous une impulsion, il sort la tête de l’eau. Il entreprend des recherches pour comprendre d’où vient l’épidémie et ce qu’il doit combattre, il fait des expériences qui mènent rarement à un résultat… et après de longs mois à douter de tout, il découvre un chien errant. Seul depuis trop longtemps, cet animal hideux et puant devient un être cher auquel il se raccroche et qu’il veut à tout prix sauver… parce que si un simple chien a réussi à s’en sortir, ça veut forcément dire que d’autres humains sont en vie et se cachent quelque part, non ?
Attention, je vais spoiler dans les lignes suivantes, au sujet du thème de la « normalité », abordé dans la dernière partie du texte : Après une autre rencontre, le héros ouvre les yeux et comprend qu’il est le dernier être humain vivant. Dès lors, la tendance est inversée, lui qui était la normalité quelques années plus tôt, devient le monstre. Car ce qui fait la normalité, c’est le nombre. (« C’est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés. ») Seul et unique survivant, il passe de l’autre côté de la barrière et se rend compte que c’est lui qui fait peur aux autres, c’est lui l’être anormal.

richardmathesonJe suis une légende a été publié pour la première fois en 1954 et Richard Matheson place les éléments de son histoire au milieu des années 70. Bien sûr, aujourd’hui en 2012, ça remonte un peu (c’est sans doute pourquoi l’adaptation de 2007 a pris le parti de moderniser l’ensemble, en commençant par mettre en scène un héros Black alors que le Neville du livre est du type Viking : grand blond aux yeux bleus…), mais je n’ai pourtant pas ressenti ce côté « vieillot ». Au contraire, j’ai trouvé cette histoire très « actuelle » et très plausible. Qui nous dit que de futures expériences scientifiques n’entraîneront pas une telle épidémie ? Le côté scientifique, parlons-en. Il est par moment assez mis en avant : lorsque Neville explique ses expériences avec le sang et l’avancée de ses recherches. C’est parfois un peu barbare avec un vocabulaire assez poussé, mais ça reste compréhensible et n’empiète pas sur le reste ; ça prend juste la place qu’il faut pour apporter un intérêt à l’intrigue.

Outre l’histoire et les thèmes abordés, j’ai également beaucoup apprécié le seul et unique héros, celui qui porte toute l’intrigue sur ses épaules : Robert Neville. On apprend petit à petit ce qui lui est arrivé (grâce à ses souvenirs) et on s’attache énormément à lui. On est dans sa tête (et là, l’utilisation du « je » est particulièrement pertinente) et on ressent tout ce qu’il ressent. Il y a assez peu de dialogues (ce sont surtout des monologues), mais ça n’en reste pas moins très prenant, particulièrement riche et très fort en émotions. J’ai même versé une larme, ce que je ne fais pour ainsi dire jamais lorsque je lis (la dernière fois étant lors de la lecture des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes… quand je dis que la SF me réussit !).

Robert Neville, son combat et ses réflexions pendant trois ans, me marqueront pour un très long moment. A ceux qui ont aimé la dernière adaptation, je ne peux que conseiller la lecture du livre d’origine, encore plus fort, plus riche. Aux autres, tentez également ce texte de Richard Matheson, c’est une belle réflexion sur plusieurs points !

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