Les Bannis et les Proscrits, Tome 1 : Le Feu de la Sor'cière de James CLEMENS

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Les Bannis et les Proscrits, Tome 1 :
Le Feu de la Sor’cière

de James CLEMENS
Milady,
2008, p. 536

Première Publication : 1998

Pour l’acheter : Les Bannis et les Proscrits, Tome 1

Jim Czajkowski (plus connu sous ses noms de plume James Clemens ou James Rollins), né à Chicago le 20 août 1961, est un romancier et vétérinaire américain. Il a vendu son cabinet vétérinaire à Sacramento, en Californie, pour se consacrer pleinement à l’écriture. James est un spéléologue amateur et un plongeur certifié. Ces milieux l’ont par ailleurs fortement inspiré pour ses romans, où l’action se déroule fréquemment sous l’eau.

♣ ♣ ♣

Par une nuit fatale, dans le merveilleux pays d’Alasea frappé par une malédiction, trois mages firent un ultime acte de résistance, sacrifiant tout dans l’espoir de préserver le bien.
Cinq cents ans plus tard, au jour anniversaire de cette nuit sinistre, une petite fille hérite d’un pouvoir perdu depuis longtemps. Mais avant qu’elle puisse comprendre son terrible don, le Seigneur Noir lance ses monstres ailés pour la capturer et lui rapporter la magie embryonnaire qu’elle détient. Fuyant les hordes des ténèbres. Elena est précipitée vers une issue terrible… et vers la compagnie d’alliés inattendus. Formant avec eux une bande de parias et de hors-la-loi, elle va tenter de combattre les forces implacables du mal et de secourir un empire autrefois glorieux…

Les Bannis et les Proscrits est une saga dont j’entends parler depuis des mois et que j’ai envie de découvrir depuis au moins aussi longtemps. Le hasard a décidé que je reçoive ce premier tome il y a quelques semaines, grâce à un échange sur le site Troczone. Le hasard (encore lui !) a voulu qu’une lecture commune sur le dit tome soit organisée sur Livraddict, au moins un titre qui n’aura pas traîné des mois (voire des années !) dans ma PAL !
Il faut croire que le hasard fait décidément bien les choses, car cette lecture a été une excellente découverte. Si mon emploi du temps me l’avait permis, je l’aurais lu en un jour ou deux, mais j’ai du faire traîner en longueur… ce qui est sûr, c’est que je n’ai pas envie de faire traîner pour lire la suite que j’espère trouver très rapidement !

Elena, jeune adolescente rousse de 13 ans, passe la plupart de ses journées en compagnie de son frère aîné – Joach, 14 ans – à ramasser les pommes du verger qui constitue la principale source de revenus des habitants du coin. Alors qu’elle s’apitoie sur son âge et son physique trop « masculin », une douleur fulgurante dans le ventre la fait chuter de son échelle. Le sang entre ses jambes n’est pas la seule nouveauté de son récent état de femme : sa main droite est entièrement rouge et rayonne de puissance. Elle cache ce second élément à sa famille, se rendant bien compte de son étrangeté.
Ce même soir, elle aperçoit deux hommes dans la cour de la ferme familiale ; elle le sait au fond d’elle, ces deux étrangers sont là pour elle et leur présence a un rapport avec sa main. Tentant de la protéger, ses parents se font tuer par les deux inconnus ; Elena, bouleversée, déclenche un incendie… comme par magie ! Le feu ravage le verger. Les habitants, conditionnés par les deux étrangers, se lancent à la poursuite d’Elena et de Joach, bien décidés à supprimer ces deux « enfants du démon ».
Le frère et la sœur reçoivent alors l’aide inespérée d’Er’ril – un guerrier manchot vieux de plusieurs siècles -, de Nee’lahn – une nyphai, créature des bois, unique survivante de son espèce -, et de Kral – géant montagnard. Elena est sauvée, mais son frère est enlevé par un des deux assassins de leurs parents. La petite troupe des survivants doit se rendre chez Boln, l’oncle de l’adolescente, qui a de nombreuses réponses à leur apporter…

Avant de débuter cette lecture, je ne savais même pas de quoi il retournait, n’ayant même pas lu la quatrième de couverture (oui oui, j’achète/reçois des livres en me fiant à mon instinct) ; alors, quand j’ai compris que l’héroïne principale était une adolescente de 13 ans, j’ai eu peur de ce qui allait suivre… En général, je préfère suivre les aventures de héros (jeunes) adultes ou plus proche de la fin de l’adolescence que du début, car je ne me sens pas tellement concernée par les états d’âme d’une gamine de 13 ans qui aurait plutôt tendance à sérieusement m’agacer… Mais là, heureuse surprise, Elena est plutôt attachante. Bon, elle a tendance à pleurnicher, mais vu ce qui lui arrive, on lui pardonne. On sent en elle une future femme forte et j’espère découvrir celle-ci dans les tomes suivants.
Deuxième heureuse surprise : Elena est certes, la figure principale, mais elle est entourée de nombreux personnages qui n’ont rien de simples figurants. Chacun d’entre eux a une personnalité développée et un rôle important… et tous ont su me plaire d’une façon ou d’une autre. J’ai senti des prémisses d’histoires, de relations, et j’ai hâte de les retrouver dans les tomes suivants. Citons-les pour que vous découvriez leur nombre et leur diversité : Er’ril le guerrier d’un demi-siècle, Nee’lahn la nyphai, Kral le montagnard, Tol’chuk le demi og’re, Mogweed et son frère Fardale – les deux si’lura (aussi surnommés métamorphes) coincés dans leur apparence actuelle (respectivement un humain et un loup) – et Méric, l’el’phe accompagné de son faucon de lune. D’ailleurs, ce dernier, bien que sans doute le personnage le moins développé, est paradoxalement (ou pas) celui qui a le plus retenu mon attention (un el’phe peu commode aux longs cheveux argentés, il n’en faut pas beaucoup plus…). N’oublions pas la famille d’Elena et les deux grands méchants. Tous ont un potentiel énorme, et c’est sans doute un des points les plus positifs de ce premier tome !

Nyphai, el’phe, og’re, si’lura, skal’tum,… vous pouvez constater que les « races » sont nombreuses dans l’univers de James Clemens. Même s’il n’y a rien de très original là-dedans (vous pouvez reconnaître facilement, je pense : nymphe, elfe, ogre, sylphe ?,…), je trouve que l’auteur maîtrise l’ensemble et je suis certaine qu’il nous réserve quelques surprises par la suite.
Dans ce premier tome, on aperçoit déjà quelques rivalités entre certaines races – nyphai/el’phe, par exemple (d’ailleurs, j’imagine bien un rapprochement futur entre ces deux-là ?) – et on attrape au vol, quelques indications sur les différentes régions du « monde » et leur population respective.
Malheureusement, la carte qui accompagne habituellement les livres de fantasy n’est pas présente ici, et je dois avouer qu’elle m’a manqué. Elle n’est pas indispensable à la compréhension, c’est vrai ; mais elle pourrait apporter un complément très appréciable.

En ce qui concerne l’intrigue, autant le dire, elle est, elle aussi, assez classique. Cependant, elle est assez bien menée pour que la lecture fonctionne très bien et on arrive au bout sans avoir subi de temps morts. La fuite des premières pages est parfois un peu longuette, mais la rencontre des différents personnages pimente un peu l’ensemble.
J’ai surtout apprécié les scènes dans les ruines, dans la dernière partie du texte. Les personnages, chacun en petit groupe, se rencontrent dans cet espace exigu et mal éclairé, se séparent puis se retrouvent (on a l’impression que ces grottes souterraines s’étendent sur des kilomètres…) et enfin, tout le monde est réuni autour d’Elena, la jeune sor’cière. La plupart des personnages sont là pour la protéger, certains sont des traîtres, d’autres sont clairement des ennemis…
Finalement, ce premier tome n’est « qu’une » introduction à la saga. Il pose les bases de l’univers de James Clemens, mais nous présente surtout les différentes figures et les fait se rencontrer. Il y a de l’action, mais j’ai envie de dire que ce n’est pas l’élément de l’intrigue à retenir… encore une fois, l’intérêt tourne plutôt autour des personnages…

La plus grande originalité de ce début de saga vient, à mon goût, de la forme qu’utilise James Clemens. L’auteur parvient brillamment à mettre en scène de nombreux personnages sans qu’on les confonde et en nous les rendant attachants… mais comment ?! Il alterne les points de vue, suivant successivement les différentes figures. On passe ainsi un peu de temps avec chaque personnage, apprenant à le connaître et à l’apprécier. C’est vraiment très bien joué !
Et pour que tout se mette en place, James Clemens a séparé ce premier tome en 5 parties. Les 4 premières mettent alternativement en scène deux groupes de personnages : d’un côté Elena, sa famille, Er’ril, Nee’lahn et Kral ; et de l’autre, Tol’chuk, Mogweed et Fardale (ce qui peut surprendre lorsqu’on passe de la première à la deuxième partie : on s’attend à découvrir la suite des aventures d’Elena and Co’, mais en fait, on fait la connaissance du deuxième groupe de personnages pour une centaine de pages !). Et, comme dit plus haut, la cinquiète et dernière partie rassemble tout ce petit monde.
Ce découpage apporte un rythme à la lecture et permet d’éviter l’ennui… surtout que l’auteur sait se débrouiller pour terminer une partie sur une interrogation ; il faut alors lire la partie intermédiaire pour enfin avoir une réponse à la question. Le suspense est parfois insoutenable… bravo Monsieur Clemens !

Ce premier tome se termine sur une période de transition. Le groupe se repose et panse ses blessures avant le retour des beaux jours et le départ pour la « vraie » quête… affaire à suivre, j’espère rapidement !
Notez que l’illustration de couverture, signée Anne-Claire Payet et représentant Elena, est vraiment magnifique ! J’espère que les suivantes le sont tout autant !

 

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