Contes de la fée verte de Poppy Z. BRITE

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Contes de la fée verte

de Poppy Z. BRITE
Folio SF,

2011, p. 265

Première Publication : 1994

Pour l’acheter : Contes de la fée verte

Poppy Z. Brite, né Melissa Ann Brite le 25 mai 1967 à La Nouvelle-Orléans, est un auteur américain. Aujourd’hui, en tant que transgenre, il se fait appeler Billy Martin et préfère que l’on s’adresse à lui en usant de pronoms masculins.

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Que se passe-t-il lorsque deux frères siamois séparés à la naissance n’ont qu’un seul souhait : redevenir un ? Quand chaque apparition d’un chanteur de rock s’accompagne d’un drame ? Quand un entrepreneur de pompes funèbres du quartier de Chinatown vous charge de surveiller un cadavre ? Et quand vous vous perdez dans Calcutta livrée aux morts-vivants ?

Poppy Z. Brite est une auteure dont j’entends parler depuis un moment grâce à une amie qui aime beaucoup ce qu’elle fait. Jusque là, je n’avais jamais eu l’occasion de découvrir l’univers de cette référence dans le domaine de « la littérature underground et gothique » ; j’ai donc profité d’un partenariat avec Folio, proposé par Livraddict, pour combler ce manque.
Je ne sais pas si le format « nouvelle » est la meilleure façon de commencer avec Poppy Z. Brite et si c’est vraiment représentatif de son style, mais je pense tout de même avoir eu un bon aperçu de l’univers que peut nous proposer l’auteure. Sur les douze « contes » que contient ce recueil, quatre m’ont beaucoup plu mais je pense être complètement passée à côté de deux autres, même si je leur reconnais quelques éléments positifs. Les six autres nouvelles m’ont semblé « moyennes » même si ce terme ne colle définitivement pas à une auteure hors du commun comme Poppy Z. Brite…
Avant d’entrer dans les détails, je remercie Livraddict et Folio pour la découverte, et je vous propose quelques phrases pour « résumer » chaque nouvelle, pour que vous ayez une idée un peu plus concrète des sujets abordés…

La première nouvelle baptisée « Anges » met en scène Steve et Ghost qui rencontrent, lors d’un de leur périple, deux frères siamois séparés prêts à tout pour être à nouveau réunis.
Dans « Conte géorgien », l’auteure nous présente quatre amis qui vivent dans une église, chacun ayant ses particularités…
Deux jeunes hommes trouvent le temps longs et inventent des jeux pour le moins « particuliers » pour vaincre leur ennui dans « Sa bouche aura le goût de la fée verte ».
Alors qu’il quitte la bibliothèque tard le soir, un petit garçon se fait agresser ; des années plus tard, sa voix d’or semble être maudite et… la suite dans « Musique en option pour voix et piano ».
Alors que Robert et le narrateur se promènent dans le quartier chinois, le croque-mort du coin les embauche pour veiller sur le cadavre d’une femme dans « Xénophobie ».
La sixième nouvelle, justement appelée « La Sixième sentinelle », change un peu des précédentes puisqu’elle met en scène Rosalie, une jeune femme au passé trouble, cohabitant avec un fantôme.
Deux nouveaux personnages masculins sont à l’honneur dans « Disparu » ; l’un d’eux vit au dessus de la boutique d’une sorcière qui conserve un cadavre dans un cercueil en verre.
« Traces de pas dans l’eau » présente la rencontre de Dru, adolescent aux dons mystérieux, et Ninive qui cherche à retrouver son jumeau.
Avec le neuvième conte, « Prise de tête à New York », on retrouve les deux héros du premier, Ghost et Steve, qui ont bien du mal à trouver leur chemin dans la grande ville qu’est New York.
Le narrateur de « Calcutta, seigneur des nerfs », nous présente sa ville natale et son adoration pour la déesse Kali.
Avec « Paternité », Poppy Z. Brite s’attarde sur un thème inédit jusque là : être père.
Et enfin, « Cendres du souvenir, poussière du désir » met en scène un couple en déroute ; la jeune femme couchant avec le meilleur ami de son fiancé, celui-ci étant de plus en plus consumé par la jalousie…

poppyzbritePas étonnant que Poppy Z. Brite soit reconnue comme étant l’une des « chefs de file de la littérature underground et gothique » quand on s’attarde deux minutes sur ses thèmes de prédilection : la mort, les couples homosexuels, le vaudou, la Nouvelle-Orléans, la musique… Vu comme ça, ça ne fait pas franchement envie, n’est-ce pas ?
Je vous l’accorde, j’étais assez sceptique avant d’ouvrir le recueil. Ayant pourtant légèrement évolué dans le milieu gothique et underground, je n’ai jamais été particulièrement attirée par tous ces « clichés ». A petite dose pourquoi pas, mais là, douze nouvelles, j’avais peur de faire une overdose, aussi courtes soient-elles.
J’appréhendais également le côté « yaoi » (terme utilisé pour les mangas, mais autrement dit : les histoires de couples homosexuels), pas que je sois homophobe, loin de là (surtout quand on connait un minimum mon entourage), mais disons que ce n’est habituellement pas ce que je recherche dans mes lectures.
Et bien, finalement, tous ces thèmes sont assez bien menés pour être intéressants, voire passionnants dans un ou deux textes ! Je me suis habituée à suivre des narrateurs et des personnages essentiellement masculins (ça manque un peu de femmes quand même…) et je me suis surprise à apprécier les relations qui les unissent (fraternelles, amoureuses,…). Comme quoi, quand c’est bien écrit…

Il est vrai que Poppy Z. Brite écrit bien. Elle fait beaucoup appel aux sens du lecteur : la vue évidemment, mais également l’odorat avec la description de beaucoup d’odeurs nauséabondes et de parfums entêtants. J’ai également apprécié les nouvelles qui se déroulaient à la Nouvelle-Orléans. La moiteur de l’atmosphère, la magie vaudou, les boutiques atypiques… On ne s’étonne plus de croiser des corps morts dans les coins de rue ! C’est très « palpable ». Un peu « dégueulasse » parfois tant on a l’impression d’avoir un cadavre en décomposition devant nous… cela dit, cela prouve le talent de l’auteure pour les descriptions, quelles qu’elles soient.
Cependant, j’ai parfois eu un peu de mal avec les tournures de phrases alambiquées, un peu comme si Poppy Z. Brite ajoutait le maximum d’adjectifs pour qualifier quelque chose. J’ai tendance à préférer les phrases nettes (attention, pas forcément courtes ou simples, mais claires) aux surenchères qui en deviennent parfois ridicules. Je ne sais pas si je me suis habituée à ce genre de phrases à rallonge ou si elles se raréfient au fil des pages, mais dans l’ensemble, j’ai apprécié le style.
En ce qui concerne le côté « formel » de ce court recueil, les nouvelles n’excèdent jamais les 25 pages. Autant j’aurais aimé que certaines soient un peu plus longues (deux ou trois ne s’étendent que sur une dizaine de pages), autant certaines m’ont paru bien longues pour ce qu’elles avaient à dire… mais tout dépend évidemment du sujet proposé.

Je retiens et vous conseille en priorité « Musique en option pour voix et piano » et « Paternité » qui, toutes les deux sur des thèmes différents, ont su m’accrocher. La première grâce au héros lié à la musique, la seconde car Poppy Z. Brite a su parfaitement décrire le sentiment de paternité ; sans doute la nouvelle qui m’a le plus émue.
Dans une moindre mesure, j’ai apprécié « La Sixième sentinelle » qui tourne autour d’une jeune fille et « Sa bouche aura le gout de la fée verte » sans trop savoir pourquoi, sans doute pour la chute.
En revanche, j’ai vite oublié « Conte géorgien » et « Traces de pas dans l’eau », toutes deux très courtes, elles ne m’ont définitivement pas convaincue !

Sans avoir adoré ce recueil (de toute façon, je n’aime pas trop le format « nouvelle », au départ), je retiens en priorité les quelques textes qui ont su sortir du lot.
Je suis heureuse d’avoir enfin découvert Poppy Z. Brite, et même si je ne m’en fais pas une priorité, je serais curieuse de la retrouver, mais dans un format plus long cette fois-ci…

 

3 pensées sur “Contes de la fée verte de Poppy Z. BRITE

  • Ping :Auteurs (A - L) - Bazar de la Littérature

  • 6 août 2014 à 10 h 58 min
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    Bonjour ! Si vous souhaitez lire un roman de Poppy Z. Brite (et que vous aimez les vampires :)) il y a Ames perdues qui est très bien. Des vampires revisités à la sauce Poppy ! (autant dire que ça peut être trash mais sa lecture vous laissera pas indifférent(e)s, c’est sûr 🙂

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  • 1 août 2014 à 10 h 40 min
    Permalink

    Je n’ai jamais lu de livre de cet auteur et pourtant j’en ai pas mal entendu parler. Je ne commencerai peut-être pas par ses nouvelles, même si ce recueil a l’air plutôt sympa dans l’ensemble.

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