Un Monde sans Dieux, Tome 1 : Un Hiver de sang de Brian RUCKLEY

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Un Monde sans Dieux,

Tome 1 : Un Hiver de sang
de Brian RUCKLEY
Editions Eclipse,
2010, p. 606

Première Publication : 2006

Pour l’acheter : Un Monde sans Dieux, Tome 1

Brian Ruckley est né et a grandi à Édimbourg. Il y a également fait ses études avant de voyager de par le monde. Son premier travail l’a rappelé en Angleterre, à Londres et il a ensuite enchaîné les boulots, principalement dans le domaine des œuvres de bienfaisance. L’écriture est une marotte depuis l’enfance et même s’il a publié quelques nouvelles dans les années 90, ce n’est qu’en 2003 qu’il décide de s’y consacrer pleinement.

♣ ♣ ♣

Dans un monde abandonne des dieux, une paix fragile règne entre les grandes lignées.
Mais quand un ennemi ancestral surgit du passe pour reprendre sa place légitime, les clameurs de la guerre et les fracas des armes viennent briser le silence de l’hiver…

Depuis quelques temps, j’avais très envie de découvrir la maison d’édition Eclipse qui fait beaucoup parler d’elle (en bien !) sur Livraddict. C’est donc logiquement que j’ai postulé pour un partenariat, il y a quelques semaines. Ce premier tome de la trilogie de Brian Ruckley n’était pas mon premier choix mais je ne regrette pas de l’avoir tout de même sélectionné, me fiant à mon instinct de lectrice. L’illustration de couverture et le résumé laissaient présager de la fantasy sombre et mature ; et c’est le cas !
Si au début, l’épaisseur du livre me faisait peur (plus de 600 pages quand même !) et si j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver entre toutes les lignées présentées ; je peux maintenant dire que j’ai beaucoup apprécié cette lecture qui s’est révélée être exactement ce que j’attendais !

Alors que la fête du Solstice d’Hiver bat son plein au château de Kolglas et que le maître des lieux – Kennet nan Lannis-Haig – a repris du poil de la bête pour l’occasion, les Inkallims (l’élite des guerriers de la lignée de La Route noire) et les Harfangs (une tribu Kyrinin belliqueuse) passent à l’attaque et massacrent tous les habitants.
Anyara, la fille aînée de Kennet, parvient à s’enfuir grâce à Inurian, le conseiller Na’kyrim de son père ; mais tous les deux sont vite faits prisonniers. De son côté, Orisian – le fils cadet de Kennet -, blessé, est recueilli, ainsi que Rothe, son fidèle écuyer, par les Kyrinins du Renard, clan plutôt pacifique. Grâce aux soins de l’une d’entre eux – Ess’yr – Orisian se remet vite sur pied. La Kyrinin et son frère, le guerrier Varryn, sont désignés pour accompagner les deux Huanins, Orisian etRothe, jusqu’à ce qu’ils soient en sécurité. Sur le chemin semé d’embûches, ils retrouvent Anyara et Inurian, poursuivis par la Route Noire et Aeglyss, un Na’kyrimproche de la folie.
Pour les six compagnons de route, c’est le début d’une fuite éperdue dans un monde en guerre…

Avouez-le, en lisant Huanins, Kyrinins, Inkallims,… vous vous demandez où vous êtes tombés. Oui, et vous avez raison ! Après avoir parcouru quelques pages, je ne comprenais absolument rien ! Mais en insistant un peu, tout s’est finalement mis en place dans ma tête et tout est devenu presque « simple ». Et ce qui semblait compliqué au départ s’est révélé être le gros point fort de ce premier tome : la découverte des différentes races et de la « mythologie » générale mise en place par Brian Ruckley.
Dans son monde, plusieurs sortes d’êtres (cinq) cohabitent (ou cohabitaient, puisque certains se sont faits massacrer par d’autres), mais dans ce premier tome d’introduction, nous n’en côtoyons vraiment que deux : les Huanins et les Kyrinins (et en fait une « troisième » qui est le résultat du « croisement » des deux précédemment citées : les Na’kyrims).
Je pense qu’on peut rapprocher les Huanins des Humains. Ceux-ci vivent dans des villages, des villes, des châteaux… et ont à leur tête (tout en haut de la hiérarchie) un thane des thanes. Les Huanins sont divisés en deux : les lignées du « Vrai Sang » (qu’on pourrait grossièrement qualifier de « gentils » et dont font partie Orisian et sa sœur) et les lignées de « La Route noire » (représentant, logiquement, les « méchants », ceux qui viennent envahir et déclarent la guerre). Mais, comme vous vous en doutez surement, les gentils ne sont pas forcément que gentils ; à commencer par le haut thane, Gryvan.
Les Kyrinins sont craints par les Huanins qui racontent tout un tas de contes sur leurs voisins. Pour faire simple et pour rapprocher d’une « race » connue, je les comparerai à des elfes. En effet, ils vivent en petits clans dans des bois (les Huanins les surnomment les « Spectres des bois »), sont aussi fascinants que effrayants : grands, minces, les cheveux longs, ils se déplacent sans bruit et avec grâce et sont très proches de la nature… d’où ma comparaison avec les elfes (ah oui, ils tirent à l’arc aussi !). Chez eux aussi il y a deux clans ennemis : le Renard (plutôt pacifique) et les Harfangs (qui cherchent à tout prix à exterminer l’autre clan).
Enfin, les Na’kyrims, très peu nombreux, sont craints des deux races précédentes car n’appartiennent ni à l’une ni à l’autre. Ils possèdent des pouvoirs (tirés de la Source) plus ou moins étendus selon les individus. Inurian, le conseiller de Kennet, est considéré comme un sage par ses pairs. Aeglyss, quant à lui, a rejoint la Route noire et aide cette lignée à envahir le pays. Très instable et cherchant absolument la reconnaissance de l’une ou l’autre race ; il ne maîtrise pas son pouvoir et se révèle particulièrement dangereux…

couvertureanglaise winterbirthJe me relis et je constate que je donne un impression de « simplicité », de copier/coller (avec la reprise d’êtres ressemblants aux elfes de Tolkien, par exemple), mais non, ce n’est pas du tout le cas ! Brian Buckley a su insuffler des personnalités complexes et travaillées à tous ses personnages ; ce ne sont pas de simples coquilles vides posées dans le décor.
Ess’yr et Varryn, les deux Kyrinins du Renard, évoluent au fil des pages pendant la fuite et, malgré leur froideur apparente, je les ai trouvés très attachantsOrisian, jeune homme (environ 16/17 ans) encore un peu gauche au début, a lui aussi une évolution intéressante. Il ressemble un peu à tous les héros de fantasy pour le moment, mais j’attends de voir ce qu’il nous réserve pour la suite.
Anyara me laisse une impression un peu plus mitigée. J’ai parfois beaucoup aimé la suivre, d’autres fois beaucoup moins… j’attends la suite pour me prononcer. Inurian, Rothe, Yvane,… autant de personnages « secondaires » du côté des gentils, qui ne sont pas laissés de côté par l’auteur ; on apprend à les connaître et à les aimer. D’ailleurs, la mort prématurée de l’un d’entre eux m’a touchée et pourtant, elle arrive vite dans le livre… comme quoi, je m’étais déjà beaucoup attachée à lui !
Du côté des méchants, je les ai trouvés également réussis, même si j’attends un peu plus de « nuances » dans les tomes suivants.  Dans ce camp, Aeglyss me semble être le personnage le plus réussi. Il incarne parfaitement le méchant pour lequel on a de la compassion. Seul, à la recherche de quelqu’un sur qui s’appuyer, il nous fait de la peine malgré ses actes… Encore incertain, on se demande s’il parviendra à maitriser son grand pouvoir et surtout, ce qu’il en fera !
D’autres personnages croisent la route des héros ou sont quelque part tirant les ficelles mais ils sont trop nombreux pour que je m’attarde sur chacun d’entre eux. Malgré leur nombre, ils sont si bien appréhendés par Brian Ruckley qu’on a l’impression de les connaître alors que certains apparaissent très peu

L’intrigue en elle-même n’a, pour le moment, pas grand-chose d’originale mais promet, j’en suis sûre, deux autres tomes très « denses ». « Dense », c’est bien le mot. En effet, je pense qu’il ne faut pas mettre ce titre entre toutes les mains, mais plutôt le conseiller aux lecteurs aguerris, habitués à une fantasy complexe et travaillée. Les lecteurs débutants pourraient vite être découragés par l’affluence des personnages, des races, des lieux,… et s’y perdre !
De même, la lecture, bien que fluide la plupart du temps, n’est pas des plus abordables. Comme il s’agit d’un tome d’introduction, de « présentation », certains passages descriptifs peuvent sembler longs. J’avoue que parfois, notamment lorsque je suivais l’histoire du point de vue de la Route noire, j’ai trouvé quelques passages ennuyeux. Heureusement, les passages du point de vue d’Orisian et compagnie sont plus nombreux, et suivre leur fuite précipitée m’a beaucoup plu !

A noter qu’une carte du monde créé par Brian Ruckley est glissée au tout début de l’ouvrage, et c’est bien utile ! Bien pratiques également les quelques pages dédiées à la chronologie et aux différents personnages (présentés par lignées) dans les dernières pages du livre. Au début, on s’y réfère beaucoup pour repérer qui est qui par rapport à qui (surtout qu’on peut facilement confondre les noms entre eux) mais au fil des pages on en a moins besoin.
Cela dit, ces trois éléments (carte, chronologie et lignées des personnages) me semblent indispensables pour avoir toutes les clefs de compréhension ; merci donc à l’auteur et aux éditions Eclipse d’avoir pensé à notre petit confort de lecteurs !

C’est finalement un récit sombre et violent, mettant en scène des races qui s’entretuent, se lient à d’autres par amitié ou intérêt et complotent. J’avais peur que ce titre soit trop « masculin » et guerrier pour moi (le titre « Un hiver de sang » et l’illustration de couverture annoncent la couleur) mais, grâce à la richesse des personnages, j’ai passé un excellent moment !

4 pensées sur “Un Monde sans Dieux, Tome 1 : Un Hiver de sang de Brian RUCKLEY

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